Déclaration de la Mission du FMI en Mauritanie

Communiqué de presse n° 12/360
Le 24 septembre 2012

Une mission des services du Fonds Monétaire International, dirigée par M. Amine Mati, a séjourné à Nouakchott du 10 au 24 septembre 2012 dans le cadre de la cinquième revue de l’accord triennal 2010-2012 soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC)1. A la fin de son séjour, la mission a rendu publique la déclaration suivante:

« Les résultats macroéconomiques enregistrés lors de la première moitié de 2012 ont été satisfaisants. Après une année 2011 marquée par une sécheresse aigue, le rebond de la production agricole et le dynamisme du secteur des bâtiments et travaux publics devraient contribuer à une reprise vigoureuse de la croissance économique. Ainsi, la croissance du PIB réel pour l’année 2012 se situerait à 6,2%, et ce, malgré la baisse importante de la production minière et le ralentissement de la demande en provenance de l’Europe. L’inflation demeure maîtrisée à 6% (en glissement annuel), grâce en partie au maintien des prix de certains produits administrés. Cependant, cette performance macroéconomique, acquise en dépit d’une conjoncture nationale et mondiale difficile, doit être davantage renforcée et soutenue pour pouvoir réduire de manière significative les taux de chômage et de pauvreté qui demeurent très élevés.»

« La marge de manœuvre budgétaire et externe a atteint des niveaux sans précédents permettant ainsi de renforcer la résilience de l’économie mauritanienne face aux chocs exogènes. En effet, le solde budgétaire global est en voie d’enregistrer un résultat positif pour la première fois depuis 2006. Cette performance, meilleure que prévue, est due à un effort accru de recouvrement, à des recettes minières importantes, et à une augmentation considérable de l’appui externe (y compris en dons). De même, en dépit d’une forte dégradation du solde courant de la balance des paiements, liée en majeure partie à des fortes importations dans le secteur minier financés par des investissements directs étrangers, les réserves de change seront davantage renflouées et enregistreront d’ici la fin de l’année, un niveau record d’environ US$ 750 millions, soit l’équivalent de 5,3 mois d’importations.»

« La mission a félicité les autorités pour la mise en œuvre de politiques macroéconomiques appropriées et cohérentes qui ont permis d’atteindre avec des marges confortables les critères de réalisation et les repères structurels du programme à fin juin 2012. Elle a exhorté les autorités à relever les défis importants qui se posent avec cette nouvelle aisance financière, à savoir préserver ces acquis et redoubler d’efforts pour réaliser une croissance plus inclusive qui puisse atténuer le chômage et réduire sensiblement la pauvreté. Dans ce sens, elle a également encouragé les autorités à accélérer les efforts mis en œuvre pour pouvoir atteindre l’objectif indicatif des dépenses pro pauvres à fin 2012. »

«La mission a été réconfortée par les prémisses d’une meilleure pluviométrie cette année qui vont permettre aux autorités d’alléger considérablement les composantes du programme EMEL qui a permis d’atténuer les effets de la sécheresse. La mission a noté avec satisfaction les efforts entrepris pour éliminer les subventions sur les produits énergétiques mal ciblés. Elle a encouragé les autorités à continuer de graduellement les remplacer, ainsi que les programmes d’urgence, par un système de protection sociale mieux orienté vers les populations les plus vulnérables. Une première démarche dans cette direction a été mise en œuvre par l’initiation du programme de transferts en espèces au niveau de la capitale et dans certaines zones rurales.»

« La mission s’est entendue avec les autorités pour allouer de façon optimale une partie des ressources fiscales vers la diversification de la base productive de l’économie, en particulier l’augmentation des investissements agricoles ayant un fort potentiel de création d’emplois. Elle les invite néanmoins à s’assurer que ces nouvelles dépenses restent en ligne avec les priorités établies par le CLSP, soient conformes à la capacité d’absorption, et respectent les nouvelles procédures de passation de marché.»

« La mission a également invité les autorités à améliorer davantage le climat des affaires, à travers notamment l’opérationnalisation du guichet unique. Elle a par ailleurs réaffirmé l’importance de mettre en place très court terme un nouvel instrument de gestion de la politique monétaire et d’accélérer davantage le rythme de mise en œuvre des réformes structurelles dans les domaines du secteur financier, des entreprises publiques, et des finances publiques. La mission a noté avec satisfaction le début d’apurement des arriérés, la réforme visant à rendre l’impôt des traitements et salaires plus progressif, et une augmentation des salaires pour l’année 2013 qui reste conforme avec l’objectif de maitrise de la masse salariale.» 

«  Par ailleurs, les objectifs fixés pour 2013 serviront à consolider la stabilité macroéconomique dans une conjoncture mondiale qui restera difficile. Ces objectifs visent à atteindre un taux de croissance du PIB réel supérieur à 6%, maintenir le taux d’inflation stable, poursuivre une politique budgétaire ancrée sur les développements des industries non extractives, et garder les réserves de change à des niveaux adéquats. Les prochaines réflexions axées sur la création d’un fonds minier transparent ainsi que l’opérationnalisation de la stratégie de la dette à moyen-terme permettront également de pérenniser ces acquis.» 

« Suite à la réalisation satisfaisante des objectifs du programme, les services du FMI recommanderont à la direction de soumettre à l’examen du Conseil d’administration la conclusion de la cinquième revue de l’accord triennal au titre de la FEC, prévu pour Novembre 2012.»

« La mission a été reçue par son excellence M. le Président de la République, et a eu des échanges fructueux avec plusieurs hauts responsables économiques et financiers, des parlementaires, des représentants de la communauté diplomatique, du milieu bancaire, du secteur privé, des syndicats, des bailleurs de Fonds, et de la société civile. La mission saisit cette occasion pour adresser ses remerciements aux autorités mauritaniennes ainsi qu’aux divers interlocuteurs, pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé, la qualité des entretiens et les bonnes conditions dans lesquelles ses travaux se sont déroulés. »

1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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