Déclaration à l'issue d'une mission des services du FMI aux Comores

Communiqué de presse 12/386 Le 9 octobre 2012

Une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné en l'Union des Comores du 22 septembre au 6 octobre 2012 pour mener les entretiens relatifs aux consultations de 2012 au titre de l'article IV des statuts du Fonds et à la quatrième revue des résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC)1, ainsi que pour finaliser les préparatifs en vue d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). La mission a rencontré SE Dr. Ikililou Dhoinine, Président de l'Union, ainsi que le Vice-Président et Ministre des finances, le Gouverneur de la Banque centrale des Comores, Mme la Commissaire générale au plan, et des représentants du secteur privé, de la société civile et des donateurs.

À l'issue de la mission, M. Mbuyamu Matungulu, chef de mission du FMI pour l'Union des Comores, a publié la déclaration suivante aujourd'hui à Moroni :

« L'évolution macroéconomique a été globalement favorable en 2012. La croissance du PIB réel devrait encore s'accélérer pour atteindre 2,5 %, portée principalement par la construction et les travaux publics, ainsi que la production vivrière. L'économie continue de profiter d'une aide soutenue des donateurs, de l'investissement direct étranger et d'envois de fonds résilients de la Diaspora. En dépit de l'aggravation des tensions sur les prix au milieu de l’année à la suite des inondations qui ont détruit une partie de la récolte agricole, l'inflation en fin d'année devrait être limitée à 5 % grâce à la stabilité relative des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires. Malgré une détérioration modérée des termes de l'échange, le déficit des transactions courantes extérieures devrait diminuer notablement pour atteindre 6,9 % du PIB en 2012, contre 9 % du PIB en 2011, du fait d'une forte augmentation des transferts publics, y compris dans le cadre du programme de citoyenneté économique. En conséquence, les réserves de change brutes augmenteraient pour probablement atteindre l'équivalent de 7,2 mois d'importations.

« Le rééquilibrage du budget se poursuit : les autorités devraient dépasser l'objectif fixé pour la mobilisation des recettes publiques en 2012 et la masse salariale devrait être mieux maîtrisée à la suite du recensement de la fonction publique effectué en 2011. En excluant les recettes exceptionnelles au titre de la citoyenneté économique, qui sont estimées à 3,1 % du PIB, le déficit budgétaire primaire devrait tomber à 0,9 % du PIB en 2012, contre un objectif de 1,1 % du PIB dans le programme et 1,4 % du PIB en 2011.

« La mise en œuvre du programme de réformes structurelles a été satisfaisante dans l'ensemble. Tous les repères structurels pour la période prenant fin en septembre ont été respectés, sauf un. En particulier, le parlement a approuvé la loi portant création de la nouvelle Administration Générale des Imports et des Domaines, et les autorités ont nettoyé les listes de la solde en suivant les conclusions du recensement de 2011. En outre, avec l'assistance technique de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, les autorités ont achevé une étude de faisabilité sur la mise en place d'un système informatisé intégré de gestion des finances publiques. Cependant, la mise en œuvre des cadres organiques de la Fonction Publique récemment approuvés par le parlement a été repoussée au début de 2013, les autorités s'employant à résoudre divers problèmes techniques y afférents.

« Avec l'assistance technique de la Banque mondiale et de la SFI, les autorités ont actualisé leurs stratégies de réforme des services d’utilité publique. Conformément à ces stratégies, les autorités ont lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la mise en place d’une expertise extérieure efficace dans la gestion de la Société nationale d'électricité (MA-MWE), et ont approuvé un plan social pour Comores Telecom, ce qui ouvre la voie au lancement longtemps attendu d'un appel à manifestation d’intérêt auprès d'investisseurs potentiels. Dans le secteur financier, les autorités parachèveront bientôt la restructuration de la Banque de développement des Comores en véritable banque commerciale privée. Pour ce qui est de la réforme de la Société nationale des postes et des services financiers (SNPSF), il s'agit principalement d'établir une stratégie visant à séparer les fonctions postale et bancaire, cette dernière devant être cédée à un partenaire étranger important.

« Du fait des réformes en cours dans la gestion des finances publiques, ainsi que dans le secteur financier et dans les services d’utilité publique, les perspectives macroéconomiques à moyen terme sont favorables. Sur le front budgétaire, les réformes contribuent à consolider la viabilité des finances publiques et à se donner les moyens d'accroître les dépenses dans les infrastructures et d'autres dépenses de lutte contre la pauvreté; un renforcement de l'efficience des services d’utilité publique améliorerait le climat des affaires et de l'investissement, ce qui placerait l'économie sur la voie d'une croissance vigoureuse et soutenue. Les autorités ont fait part de leur détermination à accélérer ces réformes : elles ont pour objectifs en 2013 d'impliquer effectivement le secteur privé dans la gestion de Comores Telecom et d'apporter des changements importants à la gestion de MA-MWE et de la Société comorienne des hydrocarbures (SCH).

« Si le programme de réformes continue d'être appliqué rigoureusement, la croissance du PIB réel pourrait s'accélérer à 3½ % en 2013 et le déficit budgétaire primaire pourrait être limité à 0,9 % du PIB, les recettes publiques avoisinant 15 % du PIB. Parmi les risques pesant sur les perspectives figurent une nouvelle détérioration de la conjoncture économique mondiale et des retards dans la mise en œuvre des réformes macroéconomiques et structurelles qui ont été arrêtées.

« En collaboration avec les services de la Banque mondiale, la mission a examiné les progrès accomplis en ce qui concerne les conditions à remplir pour atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE. Il s'agit de mesures visant à favoriser la stabilité macroéconomique, à améliorer la gestion des finances publiques et la gouvernance, à améliorer la santé et l'éducation, à soutenir la croissance et à améliorer la gestion de la dette. Les progrès seront globalement satisfaisants lorsque l’appel à manifestation d’intérêt auprès d'investisseurs potentiels de Comores Telecom sera lancé dans les semaines à venir. Ce qui faciliterait l’accès du pays au point d'achèvement de l'initiative PPTE, lui permettant de bénéficier de l'intégralité de l'allégement de dette de la part de ses créanciers.

« La mission est parvenue à un accord global ad referendum avec les autorités sur un programme économique pour 2013 qui pourrait conduire à l'achèvement de la quatrième revue de l'accord au titre de la facilité élargie du crédit et permettrait aux Comores d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE. Cet accord sera examiné par la direction du FMI, avant d'être soumis à l’appréciation du Conseil d'administration du Fonds.

« La mission remercie les autorités comoriennes de leur hospitalité, ainsi que de l'esprit d'ouverture et de franchise qui a marqué les entretiens. »

1 La facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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