Le Moyen-Orient continue d’afficher des résultats économiques divergents

Communiqué de presse n° 12/423
11 novembre 2012

Selon le dernier bilan du FMI, les perspectives économiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont contrastées. La plupart des pays exportateurs de pétrole de la région enregistrent une vigoureuse croissance, tandis que les pays importateurs sont confrontés à des perspectives moroses.

Les perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale (http://www.imf.org/external/pubs/ft/reo/2012/mcd/eng/mreo1112.htm), publiées par le FMI le 11 novembre à Dubaï, tablent pour 2012 sur un taux de croissance de 5,1 % pour l’ensemble de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, contre 3,3 % en 2011.

Grâce à la montée de la production et des cours, les pays exportateurs de pétrole de la région —Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Iraq, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen — devraient connaître un taux de croissance de 6,6 % en 2012, puis un taux plus modéré en 2013.

Aux prises avec un environnement extérieur difficile, les pays importateurs de pétrole de la région —Afghanistan, Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Soudan et Tunisie — enregistreront, quant à eux, un taux de croissance tout juste supérieur à 2 % en 2012. Dans les pays arabes en transition, la persistance des perturbations intérieures freine également la croissance.

«Le défi le plus redoutable pour les gouvernements des pays arabes en transition consiste à gérer les attentes grandissantes d’une population de plus en plus impatiente de voir se matérialiser le dividende de la transition, alors même que la stabilité macroéconomique à court terme est menacée et que les marges de manœuvre sont restreintes», a déclaré Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale, lors d’une conférence de presse à Dubaï.

Dynamisme économique des exportateurs de pétrole

Les pays exportateurs de pétrole de la région devraient afficher une solide croissance en 2012, principalement en raison de la reprise plus rapide que prévue en Libye au sortir du conflit. Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, la croissance reste robuste grâce aux politiques budgétaires expansionnistes et aux conditions monétaires accommodantes, mais elle devrait baisser de 7½ % en 2011 à 3¾ % en 2013, à mesure que la production de pétrole se stabilisera.

Le prix du baril de pétrole devrait rester supérieur à 100 dollars en 2012–13. De ce fait, l’excédent courant combiné des pays exportateurs devrait se maintenir proche du niveau historique d’environ 400 milliards de dollars en 2012. Cela a aidé les gouvernements à répondre aux revendications sociales grandissantes en augmentant les dépenses salariales, lesquelles sont montées en flèche dans la plupart des pays exportateurs de pétrole durant ces dernières années.

Beaucoup d’exportateurs de pétrole ont certes accumulé des réserves pour parer à la volatilité des prix à court terme, mais ils doivent se prémunir contre le risque persistant d’un repli des cours que pourrait causer un ralentissement encore plus prononcé de l’activité économique mondiale. Par exemple, une baisse de 10 % des cours du brut réduirait l’excédent courant combiné des pays exportateurs de quelque 150 milliards de dollars. L’augmentation des dépenses a accentué la vulnérabilité à une chute des cours imputable à une détérioration de l’économie mondiale.

«Durant la période à venir, les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient devront principalement s’employer à mettre à profit leur position favorable actuelle pour accroître leur résilience face à un repli des cours et diversifier leur économie afin de promouvoir la création d’emplois dans le secteur privé» a ajouté M. Ahmed. «La politique budgétaire pourrait progressivement renforcer l’épargne nationale, et les pays pourraient modérer la progression des dépenses publiques, notamment celles qui sont rigides à la baisse, comme celles liées à l’embauche dans la fonction publique» a-t-il précisé.

Importateurs de pétrole : des tensions persistantes

Comme en 2011, la croissance reste morose dans les pays importateurs de pétrole de la région. Une reprise économique modérée s’annonce en 2013, mais elle reste sujette à de considérables risques baissiers. Pour les pays arabes en transition, les transitions politiques à l’œuvre pèsent aussi sur la croissance. Compte tenu des incertitudes liées aux politiques à moyen terme dans beaucoup de pays, les investisseurs continuent de temporiser.

Par ailleurs, les prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques restent orientés à la hausse, et l’activité des partenaires commerciaux s’est détériorée, notamment en Europe, région avec laquelle beaucoup de pays importateurs de pétrole entretiennent de solides liens économiques. En outre, les arrivées de touristes ne connaissent qu’une lente reprise après l’effondrement enregistré en 2011, et les investissements directs étrangers restent timides.

L’économie des pays importateurs de pétrole continue donc de ralentir en 2012, avec un taux de croissance de quelque 2 %. En 2013 elle devrait connaître une légère reprise à environ 3¼ %, taux nettement inférieur à ce qui est nécessaire pour résorber un chômage chronique et en hausse.

Stabilisation et croissance

Face aux revendications sociales et au renchérissement des produits énergétiques et alimentaires, les pays arabes en transition ont sensiblement augmenté les subventions. En outre, les recettes publiques ont diminué, d’où une détérioration des soldes budgétaires.

En moyenne la dette publique dépasse 70 % du PIB, et les budgets sont donc très vulnérables. Des dérapages budgétaires importants, une croissance plus lente que prévue ou une poussée des taux d’intérêt pourraient compromettre la viabilité de la dette. Par ailleurs, les déficits courants, déjà considérables, se sont creusés, et compte tenu par ailleurs de la faiblesse des entrées de capitaux, il s’est produit un net tassement des réserves internationales officielles.

Il est urgent d’accélérer la croissance pour promouvoir la création d’emplois et présenter à la population des résultats tangibles. Il importe à cette fin que les gouvernements des pays arabes en transition s’attellent à des politiques propres à rétablir la stabilité macroéconomique et à des réformes structurelles destinées à améliorer la compétitivité.

«Face à l’intensification des tensions budgétaires, il devient de plus en plus urgent d’agir sur le front de la stabilisation macroéconomique. Mais il importe tout autant que les mesures de stabilisation et la conception des réformes structurelles aient le moins de retombées négatives possibles sur les populations pauvres et vulnérables», a souligné M. Ahmed. Il a ajouté que ce travail relève clairement des pays eux-mêmes et qu’ils auront besoin de l’accompagnement de la communauté internationale sous la forme de concours financiers, d’un soutien technique et d’un meilleur accès aux marchés d’exportation.


Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP) : Principaux indicateurs économiques, 2000–13
(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
 
Moyenne Projections
2000–06 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013

 

               

MOANAP1

PIB réel (croissance annuelle)

5.4 5.8 4.4 2.6 4.8 3.3 5.1 3.6

Solde des transactions courantes

9.2 13.1 13.7 2.0 7.0 13.2 11.2 9.7

Solde budgétaire global

3.1 6.2 6.6 -3.0 -0.4 1.5 1.5 0.4

Inflation annuelle (croissance annuelle)

5.9 9.9 14.3 7.3 7.3 10.3 10.9 9.5
 

Exportateurs de pétrole MOANAP

PIB réel (croissance annuelle)

5.8 5.3 4.0 1.7 5.3 3.9 6.6 3.8

Solde des transactions courantes

13.4 18.6 19.7 4.8 11.0 18.7 16.4 14.2

Solde budgétaire global

7.4 12.4 13.3 -1.8 2.5 5.9 6.1 4.4

Inflation annuelle (croissance annuelle)

6.7 11.5 15.0 5.7 6.6 10.4 11.5 9.7
 

dont : Conseil de coopération du Golfe

PIB réel (croissance annuelle)

5.7 5.3 6.3 -0.2 5.5 7.5 5.5 3.7

Solde des transactions courantes

15.4 19.9 22.7 7.5 14.4 24.1 23.6 21.1

Solde budgétaire global

11.5 17.9 24.8 -0.7 4.5 12.7 14.6 11.2

Inflation annuelle (croissance annuelle)

1.6 6.6 11.0 3.0 3.2 3.6 3.5 3.6
 

Importateurs de pétrole MOANAP

PIB réel (croissance annuelle)

4.9 6.8 5.3 4.2 4.0 2.0 2.1 3.3

Solde des transactions courantes

-0.8 -2.5 -4.1 -4.8 -3.1 -3.5 -5.2 -4.4

Solde budgétaire global

-4.5 -5.2 -5.6 -5.0 -5.6 -7.0 -7.8 -7.4

Inflation annuelle (croissance annuelle)

4.5 7.1 13.0 10.2 8.5 9.9 9.7 9.2

 

               

MOAN1

PIB réel (croissance annuelle)

5.5 5.7 4.5 2.6 5.0 3.3 5.3 3.6

Solde des transactions courantes

10.0 14.5 15.3 2.6 7.7 14.2 12.2 10.6

Solde budgétaire global

3.9 7.7 8.4 -2.8 0.2 2.5 2.5 1.4

Inflation annuelle (croissance annuelle)

5.9 10.2 14.6 6.2 7.0 9.8 10.9 9.5
 

Importateurs de pétrole MOAN

PIB réel (croissance annuelle)

4.7 6.7 6.1 4.9 4.3 1.4 1.2 3.3

Solde des transactions courantes

-1.3 -1.8 -2.8 -4.6 -3.6 -5.2 -6.9 -5.8

Solde budgétaire global

-5.3 -5.1 -4.8 -5.2 -5.6 -7.5 -8.7 -7.7

Inflation annuelle (croissance annuelle)

4.2 6.7 13.6 7.3 8.0 7.9 9.0 8.8

Pour mémoire

Pays arabes en transition (hors Libye)

PIB réel (croissance annuelle)

4.6 6.0 6.3 4.5 4.7 1.2 2.0 3.6

Solde des transactions courantes

1.1 -1.1 -2.5 -3.9 -3.3 -4.9 -5.4 -4.6

Solde budgétaire global

-5.2 -5.5 -5.2 -5.7 -6.0 -8.0 -9.1 -8.0

Inflation annuelle (croissance annuelle)

4.7 7.1 14.0 7.7 8.4 7.9 7.8 8.6
 

Sources : FMI, Perspectives économiques régionales du Moyen-Orient et de l'Asie centrale.

1Les données pour 2011-13 excluent la République arabe syrienne.

MOANAP : 1) Exportateurs de pétrole : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Iraq, Koweït, Libye, Oman, Qatar

et Yémen; 2) Importateurs de pétrole : Afghanistan, Djibouti, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Pakistan, Soudan, Syrie et Tunisie;

3) Pays arabes en transition : Égypte, Jordanie, Libye, Maroc, Tunisie et Yémen.

MOAN : MOANAP à l'exclusion de l'Afghanistan et du Pakistan.

Note : les données se rapportent à l'exercice budgétaire pour les pays suivants : Afghanistan et Iran (21 mars/20 mars), Qatar (avril/mars), et Égypte et Pakistan (juillet/juin).



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