Déclaration à l’issue d’une mission des services du FMI en Haïti

Communiqué de presse n° 12/482
Le 11 décembre 2012

Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) dirigée par M. Boileau Loko a séjourné à Port-au-Prince du 27 novembre au 7 décembre 2012 pour conduire les entretiens relatifs aux consultations au titre de l’Article IV pour 2012 et à la cinquième revue du programme soutenu par un arrangement de la Facilité Elargie de Crédit (FEC).1 La mission a rencontré le Premier Ministre, Laurent Lamothe, la Ministre de l'Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Wilson Laleau, le Ministre de l’Agriculture, Thomas Jacques, la Ministre déléguée aux droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté extrême, Marie Carmèle Rose Anne Auguste, le Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti Charles Castel, le Président de la Commission des Finances du Sénat Jocelerme Privert, de hauts responsables de l’administration publique, les représentants du secteur bancaire et des partenaires au développement. Madame Ketleen Florestal, Conseillère au Bureau de l’Administrateur du FMI a également participé aux discussions. Celle-ci tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, leur étroite collaboration et le climat de franchise qui a prévalu tout au long des entretiens. À l’issue de son séjour, la mission a publié la déclaration suivante :

«La mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est globalement satisfaisante. Les données préliminaires indiquent que le taux de croissance du PIB devrait se situer autour de 2,5%, nettement en dessous des prévisions (4,5%). Ce résultat s’explique d’une part par la sècheresse du printemps et le passage de l’ouragan Isaac qui ont causé une baisse des récoltes agricoles, et d’autre part par la faible capacité d’absorption qui a ralenti l’exécution des dépenses publiques. De façon contrastée, l’inflation s’est accélérée depuis fin juin pour atteindre 6,8 % en octobre, en raison notamment de la hausse des prix des produits alimentaires. La position budgétaire s'est détériorée du fait d’une mobilisation plus faible que prévue des recettes et des appuis budgétaires ainsi que du niveau légèrement plus élevé des dépenses courantes. Le crédit à l'économie continue à croître rapidement et les réserves internationales brutes ont atteint presque l'équivalent de six mois d'importations à fin novembre 2012.

Le gouvernement haïtien et la mission se sont entendus ad referendum sur les grandes lignes d’un programme de réformes macroéconomiques et structurelles couvrant le reste de l’exercice budgétaire 2012–13. Le programme des autorités continuera à préserver la stabilité macroéconomique, soutenir la reprise et réduire davantage la pauvreté.

Avec une accélération de la reconstruction et dans un contexte de stabilité politique et de sécurité, la croissance économique réelle pour 2013 pourrait se situer entre 6-7%. La liberation de ressources additionnelles pour le financement des dépenses d’ investissement et de lutte contre la pauvreté et d’investissement dépend de la poursuite vigoureuse des efforts en cours pour augmenter les recettes internes de l’Etat, particulièrement dans un contexte de réduction de l’aide extérieure, et d’ une rationalisation des dépenses publiques en limitant notamment les subventions à la compagnie nationale d’électricité (EDH). Une combinaison judicieuse des politiques budgétaire, monétaire et de change devrait contribuer à maintenir l'inflation autour de 5% et conserver une position extérieure solide. »

Sur le plan des réformes structurelles, le programme visera essentiellement à: (i) accroitre les recettes internes notamment à travers le renforcement des administrations fiscale et douaniere ; (ii) améliorer la gestion des finances publiques et la gouvernance économique; (iii) renforcer les capacités institutionnelles pour accroître le taux d’exécution et l’efficience des investissements publics; (iv) renforcer la gestion des liquidités et les opérations monétaires; et (v) accélérer les réformes visant à améliorer le climat des affaires. Le succès de ce programme est lié à la poursuite d’une bonne coordination entre le gouvernement et la communauté des bailleurs de fonds. »

Les services du FMI recommanderont à la direction générale du FMI de soumettre à l’examen du Conseil d’administration le rapport relatif à la cinquième revue de l’accord au titre de la FEC, prévu pour février 2013. »


1 La Facilité Elargie de Crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des niveaux d'accès plus élevés aux financements, des modalités de concours plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance finale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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