Le Conseil d'administration du FMI approuve un accord triennal portant sur 120,97 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit et un décaissement de 17,28 millions de dollars en faveur du Niger

Communiqué de presse n° 12/90
le 16 mars 2012

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un nouvel accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) en faveur du Niger, d'un montant équivalent à 78,96 millions de DTS (environ 120,97 millions de dollars EU). La décision du Conseil donnera lieu à un décaissement immédiat équivalent à 11,28 millions de DTS (environ 17,28 millions de dollars EU).

Le programme des autorités est axé sur les objectifs suivants : préserver la stabilité macroéconomique tout en améliorant la résistance du pays à des chocs éventuels ; rationaliser la gestion des finances publiques et de la dette ; mettre en place un cadre juridique et de contrôle transparent pour les secteurs minier et pétrolier ; et appuyer le développement des secteurs privé et financier.

À l'issue des travaux du Conseil, M. Naoyuki Shinohara, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

«Le nouveau programme des autorités appuyé par la FEC vise à relever les défis du développement, à préserver la stabilité macroéconomique et à accroître la résistance à des chocs éventuels. Les mesures inscrites au programme consisteront essentiellement à rationaliser la gestion des finances publiques et de la dette, à établir un cadre juridique et de contrôle transparent pour le secteur des ressources naturelles et à appuyer le développement des secteurs privé et financier.

Le budget de 2012 correspond bien au programme des autorités en matière de croissance et de réduction de la pauvreté. La politique budgétaire à moyen terme est orientée, à juste titre, vers la création de l’espace nécessaire pour accroître les dépenses de développement tout en préservant la viabilité de la dette. L'accroissement des ressources provenant de l'exploitation pétrolière et du renforcement des recettes intérieures devraient permettre de financer en priorité les investissements programmés. Il importera aussi de redoubler d'efforts pour mobiliser des dons et des financements concessionnels en vue de financer les gros investissements relatifs aux infrastructures et à d'autres projets. Les emprunts non concessionnels ne devraient être contractés que pour des projets bien évalués et à haut rendement.

Une forte accumulation de réserves publiques à la banque centrale donnera aux autorités une certaine marge de manœuvre dans l'exécution du budget et augmentera la résistance du Niger à d’éventuels chocs exogènes.

D'importantes réformes structurelles sont en cours. Les mesures visant à renforcer l'exécution du budget, à réduire le nombre d'exonérations fiscales et à moderniser l'administration fiscale et douanière permettront de préserver la stabilité des finances publiques. En même temps, les actions destinées à renforcer et développer le secteur financier et à assainir le climat des affaires permettront de promouvoir l’expansion du secteur privé et de diversifier l'économie », a ajouté M. Shinohara.

Évolution économique récente

Le Niger sort d'une longue période de troubles sociaux et de régime militaire. Un gouvernement démocratiquement élu a accédé au pouvoir en avril 2011. En s'inspirant de la stratégie de réduction de la pauvreté, le gouvernement a adopté un ambitieux programme de développement. Au cours de ces dernières années, l'activité économique a pâti des fortes fluctuations de la production agricole. Après une année de graves pénuries alimentaires, la croissance économique a vite repris à la fin de 2010 grâce à une excellente récolte et à l'expansion des services liés à l'agriculture.

Le cadrage de la politique à moyen terme des autorités table sur des perspectives de croissance favorables axées principalement sur les secteurs pétrolier et minier. Grâce au lancement d'un nouveau projet pétrolier, le PIB réel devrait afficher une croissance de 13,4 % en 2012. Les investissements réalisés dans une nouvelle mine d'uranium à grande échelle et le développement du secteur pétrolier devraient étayer l'activité économique au-delà de 2012.

Divers risques pèsent toutefois sur les perspectives à moyen terme du Niger. Le pays est vulnérable aux chocs exogènes, notamment aux crises alimentaires récurrentes causées par les aléas climatiques et aux fluctuations des cours des produits de base. Cette vulnérabilité du Niger est aggravée en outre par la montée de l’insécurité dans la région.

Objectifs du programme

Le nouveau programme triennal des autorités s'appuie sur la stratégie de développement à moyen terme du gouvernement et tire les enseignements de l'évaluation ex post examinée par le Conseil d'administration du FMI le 2 décembre 2011. Il est axé sur :

  • la création d'un espace budgétaire pour accroître les dépenses de développement tout en préservant la viabilité de la dette extérieure;
  • la reconstitution des dépôts de l'État à la banque centrale pour faciliter l'exécution du budget et rendre le pays plus résistant aux chocs exogènes;
  • le renforcement des finances publiques et de la gestion de la dette;
  • la mise en place d'un cadre juridique et de supervision solide et transparent pour le secteur des ressources naturelles;
  • l'amélioration du climat des affaires, notamment des réformes visant à préserver la stabilité du secteur financier et à élargir l'accès aux services financiers.

La politique budgétaire à moyen terme visera à maintenir la viabilité de la dette tout en dégageant assez de ressources pour accroître les dépenses de développement. En même temps, elle a pour objectif de renforcer les encaisses de l’État de manière à accroître la résilience du budget face aux chocs imprévus. Compte tenu de ces objectifs et des projections actuelles concernant l'aide des bailleurs de fonds extérieurs, les autorités ont l'intention de maintenir le déficit budgétaire de base en dessous de 1,5 % du PIB pendant la durée du programme.

Les autorités sont déterminées à renforcer encore en 2012 le contrôle par les pouvoirs publics du secteur des ressources naturelles au moyen du Comité interministériel pour l'évaluation des ressources naturelles, qui garantira une coordination et une circulation appropriée de l'information entre les représentants de l'État au sein de chaque société d'exploitation des ressources naturelles. En outre, le gouvernement a l'intention de réaliser une étude sur sa stratégie et sa politique globales dans les secteurs pétrolier et minier, notamment en ce qui concerne la maximisation des ressources que l'État peut tirer de l’exploitation pétrolière et la structure de la surveillance de ce secteur par les pouvoirs publics. Cette étude doit être terminée d'ici fin décembre 2012. À moyen terme, l'un des principaux objectifs sera d'aligner le Code des investissements sur les meilleures pratiques. En collaboration avec la Banque mondiale, les autorités envisagent d'entreprendre une révision complète de ce code en 2012.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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