Selon le FMI, les perspectives de l’Afrique subsaharienne restent favorables

Communiqué de presse n° 13/162
le 10 mai 2013

Dans l’ensemble, les perspectives à court terme de l’Afrique subsaharienne demeurent favorables : la croissance économique devrait, selon les projections, accélérer légèrement pour s’établir à 5½ % environ en 2013–14, après une année de forte croissance en 2012, a déclaré aujourd’hui le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport de mai 2013 sur les Perspectives économiques régionales consacré à l’Afrique subsaharienne et intitulé Créer une dynamique dans une économie mondiale à plusieurs vitesses, le FMI explique que ces projections favorables découlent en partie de l’amélioration progressive des perspectives de l’économie mondiale, tandis que, localement, l’investissement dans les secteurs axés sur l’exportation sera l’un des principaux moteurs de la croissance pendant la période à venir.

«Les perspectives favorables de la région sont tributaires de la mise en œuvre de politiques macroéconomiques avisées, encore que le dosage des mesures nécessaires diffère selon le pays», a déclaré Mme Antoinette Sayeh, Directrice du Département Afrique du FMI. «Compte tenu des risques qui existent, les pays en plein essor dont les amortisseurs budgétaires sont réduits devraient donner la priorité à la reconstitution de ces amortisseurs pour affronter d’éventuels chocs extérieurs tout en préservant la croissance à long terme et en répondant à leurs besoins de développement», a-t-elle ajouté.

La croissance économique de la région sera en outre soutenue par des facteurs ponctuels dans certains pays, tels qu’un rebond de l’activité au lendemain des inondations au Nigéria, le redressement de l’agriculture dans les régions touchées auparavant par la sécheresse et la normalisation progressive de l’activité économique dans les pays sortant d’un conflit, précise le rapport. L’inflation régionale devrait continuer à refluer pour tomber en dessous de 6 % d’ici fin 2014, sous l’effet de la modération attendue des prix des produits de base non pétroliers et de la poursuite d’une politique monétaire appropriée.

Mme Sayeh a expliqué que les principaux risques pesant sur ces perspectives tiennent aux incertitudes qui entourent l’économie mondiale, mais que des chocs éventuels n’influeraient probablement pas de façon très prononcée sur les résultats globaux de la région. Cependant, les pays dont les marges de manœuvre budgétaires sont réduites et dont la base d’exportation est étroite, ou encore sont exposés plus directement aux sources de risque, pourraient être plus durement touchés.

Il ressort de ce rapport que la croissance économique de l’Afrique subsaharienne est restée vigoureuse en 2012, le PIB régional ayant progressé de 5 %. La croissance a été particulièrement forte dans les pays exportateurs de pétrole et les pays à faible revenu, alors qu’elle a ralenti dans les pays à revenu intermédiaire, qui ont des liens plus étroits avec l’Europe. Les États fragiles les plus petits sont restés en deçà de la moyenne régionale et les troubles civils ont bridé la croissance dans quelques pays. L’inflation a reflué dans la plus grande partie de la région, sous l’effet de l’évolution modérée des prix mondiaux des produits de base, de l’amélioration des conditions météorologiques locales et d’une politique monétaire restrictive.

Le rapport comporte en outre trois études de référence consacrées respectivement aux marges de manœuvre budgétaires, aux émissions de plus en plus fréquentes d’obligations souveraines internationales et aux subventions énergétiques en Afrique subsaharienne.

Commentant les principales conclusions du rapport, Mme Sayeh a déclaré : «Premièrement, bien que la majorité des pays de la région ne soient pas empêchés d’emprunter par le niveau élevé de leur dette, beaucoup pourraient éprouver des difficultés à lever des fonds suffisants pour financer un gonflement des déficits en période de récession. Deuxièmement, l’accès croissant de la région aux marchés des capitaux mondiaux s’explique à la fois par les conditions de financement favorables sur les marchés internationaux et par les bonnes perspectives économiques de la région. Pour profiter au maximum du regain d’intérêt des investisseurs mondiaux, les pays devraient continuer de mener des politiques budgétaires prudentes, envisager divers moyens de financement et suivre les meilleures pratiques de manière à s’assurer les conditions de financement les plus favorables. Troisièmement, les subventions énergétiques de la région sont coûteuses et empêchent la réalisation de dépenses sur des projets sociaux et d’infrastructure dont les pays ont pourtant bien besoin. Une réforme des subventions énergétiques pourrait aider les pays à remplacer les subventions coûteuses par des dispositifs de protection sociale mieux ciblés».



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