Le Conseil d'administration du FMI approuve un accord de confirmation de 1,74 milliard de dollars portant sur 24 mois en faveur de la Tunisie

Communiqué de presse n° 13/202
7 juin 2013

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un accord de confirmation de 24 mois d’un montant équivalant à 1,146 milliard de DTS (1,74 milliard de dollars) en faveur de la Tunisie pour appuyer le programme de réformes économiques du pays portant sur la période 2013-2015 et destiné à renforcer les marges de manœuvre budgétaire et extérieure et encourager une croissance plus forte et inclusive. La décision du Conseil permet de mettre à disposition pour décaissement immédiat 98,8 millions de DTS (environ 150,2 millions de dollars); les décaissements du montant restant seront échelonnés sur la durée du programme et subordonnés à huit revues. L'accord de confirmation suppose un accès normal aux ressources du FMI, pour un montant de 400 % de la quote-part de la Tunisie.

À l'issue des délibérations du Conseil d'administration sur la Tunisie, Mme Nemat Shafik, Directrice générale adjointe et Présidente par intérim, a fait la déclaration suivante :

«La Tunisie a amorcé une reprise économique modérée tout en étant aux prises avec un environnement économique international difficile et en poursuivant une transition politique. La fragilité du secteur bancaire, les revendications sociales pressantes, les vastes disparités régionales et le niveau élevé du chômage sont de redoutables défis, au même titre que le creusement des déficits budgétaire et extérieur.

«Les autorités tunisiennes ont élaboré un vaste programme économique pour relever ces défis. Le programme vise à renforcer les marges de manœuvre budgétaire et extérieure, tout en jetant les bases d’une croissance plus solide et en protégeant les plus vulnérables.

«Les autorités ont déjà pris d’importantes mesures pour réduire les facteurs de vulnérabilité, notamment en resserrant la politique monétaire, en poursuivant une politique de change plus flexible et en réduisant le coût des subventions. Les réformes budgétaires envisagées se centrent sur l’élargissement de la marge de manœuvre budgétaire pour accroître les dépenses cruciales d’investissement et sociales, en maîtrisant les salaires et en réformant les subventions, tandis que par ailleurs les dispositifs de protection sociale seront renforcés. Une vaste réforme de la politique fiscale et de l’administration fiscale contribuera à élargir l'assiette fiscale et à améliorer l'équité.

« Les autorités ont entrepris des mesures résolues pour corriger les fragilités du système bancaire. Dans ce domaine, les priorités sont l’audit des banques publiques, le renforcement de la supervision bancaire et l'alignement des normes prudentielles sur les normes internationales. Les efforts se poursuivront pour améliorer la qualité des données et mettre au point un régime spécial de résolution bancaire.

«Les autorités accéléreront les réformes structurelles pour promouvoir une croissance forte et inclusive, améliorer l’emploi et réduire les disparités régionales. Elles sont déterminées à rationaliser les incitations budgétaires et les barrières réglementaires, y compris par un nouveau code des investissements, une réforme de l’impôt sur les sociétés, et un allégement des formalités administratives.

Le programme des autorités — appuyé par un accord de confirmation de deux ans — contribuera à renforcer la confiance des investisseurs et la résilience de l’économie. En mettant pleinement en œuvre ce programme, la Tunisie sera mieux à même de réagir aux chocs futurs et de répondre aux besoins pressants de sa population».
ANNEXE

Évolution récente

Après la révolution de janvier 2011, la Tunisie s’est heurtée à des difficultés économiques et à une série de chocs extérieurs. Le PIB réel s'est contracté de 2 % en 2011, les investissements directs étrangers (IDE) et le tourisme ont baissé de plus de 30 % en glissement annuel et le chômage a atteint des niveaux record à cause d’un environnement économique difficile et sur fond de tensions régionales et intérieures. Pour autant, après avoir connu un ralentissement marqué, l'économie tunisienne a amorcée une reprise modérée en 2012. La détérioration du déficit du compte courant — causée en partie par la chute de la demande venant de l'Europe — a été financée par des concours financiers soutenus de la part des bailleurs de fonds, ainsi que par un accroissement des investissements directs étrangers et de l'accès aux marchés— facteurs qui ont contribué à augmenter les réserves de change (dont le niveau est encore inférieur à celui de 2010). La marge de manœuvre budgétaire a été réduite face à des besoins sociaux et d’investissement pressants mais la dette publique demeure à un niveau soutenable. Un secteur bancaire fragile, les vastes disparités sociales et économiques et le chômage élevé des jeunes constituent les principaux défis qui se posent. Faire face à ces défis en période de transition politique est une tâche qui reste ardue.

Synthèse du programme

Les autorités ont lancé un programme économique à moyen terme dont le principal objectif consiste à stabiliser l'économie tout en jetant les bases d'un appui à la croissance et d'une protection des plus vulnérables. Le programme comporte à la fois un dosage de mesures de politique économique solides et des réformes structurelles, conjugués à une aide financière extérieure. Ensemble, ces mesures devraient réduire les vulnérabilités résultant de la conjoncture internationale difficile et de la transition politique en cours, et établir les bases du retour de la confiance des investisseurs.

Les principaux éléments du programme appuyé par le FMI sont les suivants :

Renforcer les marges de manœuvre budgétaire et extérieure. Les principales mesures incluent : (i) une politique budgétaire appropriée génératrice d’un espace permettant de financer des coûts exceptionnels (tels que la recapitalisation bancaire) et des dépenses d'investissement, tout en évitant d'évincer le crédit au secteur privé ; (ii) une politique monétaire prudente visant à maîtriser l'inflation et (iii) une plus grande flexibilité du taux de change afin de préserver les réserves de change de manière à pouvoir faire face à d'importants chocs exogènes.

Établir les bases de la croissance en commençant par remédier aux vulnérabilités critiques du secteur bancaire; deuxièmement, en lançant une consolidation budgétaire à moyen terme qui permette une meilleure composition des dépenses — notamment à travers des investissements publics accrus — et, troisièmement, en mettant en œuvre un ambitieux programme de réformes structurelles qui permettra de reconstruire le modèle économique de la Tunisie en promouvant le développement du secteur privé, en atténuant les disparités régionales et en réduisant l'intervention omniprésente de l'État.

Protéger les groupes plus vulnérables en renforçant les mécanismes d'assistance sociale et en entreprenant une évaluation systématique de l'impact social des réformes envisagées. Ces mesures, qui s’ajoutent à l'amélioration de la composition des dépenses publiques, contribueront à réduire les disparités des revenus.


Tunisie: Principaux indicateurs économiques, 2009-14

             

Population: 10,7 millions (2012)

   

PIB par habitant : 4232 $EU (2012)

Quote-part: 286,5 millions de DTS

   

Taux de pauvreté: 12% (2010)

 

principaux marchés d’exportation : France, Italie

   

Taux d’alphabétisation : 78% (2011)

 

Principales exportations : textiles, biens électroniques et mécaniques, énergie, tourisme

 
        Prél. Proj.
  2009 2010 2011 2012 2013 2014
  (Variation en pourcentage, sauf indication contraire)
 

Production et revenu

           
  • PIB réel

3.1 2.8 -1.9 3.6 4.0 4.5
  • Déflateur du PIB

3.3 4.7 5.1 5.3 5.6 4.4
  • Épargne nationale brute (% du PIB)

22.1 21.8 16.5 17.3 17.3 19.0
  • Investissements bruts (% du PIB)

24.9 26.6 24.1 25.4 24.7 25.0

Emploi

           
  • Taux de chômage (fin de période)

13.3 13.0 18.9 16.7 ... ...

Prix

           
  • Indice des prix à la consommation (IPC), moyenne

3.5 4.4 3.5 5.6 6.0 4.7
  • Indice des prix à la consommation (IPC), fin de période

4.0 4.1 4.2 5.9 5.3 5.0

Finances de l'administration centrale (% du PIB)

           
  • Recettes (dons exclus)

23.1 23.3 24.2 23.1 23.8 24.0
  • Dépenses et prêts nets

25.8 23.9 27.7 28.5 31.1 30.3
  • Solde budgétaire (donc exclus)

-2.7 -0.6 -3.5 -5.4 -7.3 -6.4
  • Solde budgétaire structurel 1/

-2.3 -1.1 -2.9 -4.7 -5.0 -3.8
  • Total dette publique (intérieure et extérieure)

42.8 40.4 44.0 44.0 45.3 49.5

Monnaie et crédit

           
  • Monnaie au sens large (M3 du système financier)

13.0 12.1 9.1 8.4 12.6 12.0
  • Crédit à l'économie

10.3 19.6 13.4 8.7 10.8 11.7
  • Taux du marché monétaire (fin de période) 2/

4.10 4.12 3.53 3.30 ...

Secteur extérieur

           
  • Solde du compte courant (% du PIB, dons exclus)

-2.8 -4.8 -7.3 -8.1 -7.5 -6.0
  • Exportations de biens, f.à.b., (en $EU)

-24.8 14.0 8.5 -5.2 6.5 5.6
  • Importations de biens, f.à.b. (en $EU)

-21.9 15.9 7.7 1.5 5.1 3.7
  • IDE (% du PIB)

3.3 3.0 0.9 3.9 2.1 2.5
  • Réserves officielles brutes (milliards de dollars, fin de période)

10.6 9.5 7.5 8.6 9.0 10.8
  • Réserves brutes (mois d'importations) 3/

5.2 4.4 3.4 3.8 3.8 4.2
  • Dette extérieure (% du PIB)

49.4 48.3 47.8 51.6 51.1 54.5

Taux de change

           
  • TCER

-1.2 -0.5 -1.7 0.0 ... ...

Pour mémoire :

           
  • PIB aux prix courants (millions de TD)

58,883 63,397 65,370 71,332 78,334 85,465
 

Sources: autorités tunisiennes et estimations et projections des services du FMI.

 

1/ Exclut les coûts de recapitalisation bancaire et les paiements ponctuels d'arriérés au titre des subventions énergétiques.

2/ Dernières données pour l'année courante.

3/ Réserves à la fin de l’année sur importations de biens et de services de l’année suivante.



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