Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2013 au titre de l’article IV avec Djibouti

Communiqué de presse n° 13/289
July 31, 2013

Le 19 juillet 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec Djibouti1.

Djibouti a mené à terme en mai 2012 le programme appuyé par l’accord conclu au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour 2008-12, période durant laquelle le pays a maintenu la stabilité économique et la confiance des investisseurs. Le programme s’est centré sur le maintien de la discipline budgétaire et la couverture de la caisse d’émission, l’amélioration de la supervision bancaire et la mise en œuvre de réformes structurelles.

En matière de développement, les principaux défis à relever restent la lutte contre une pauvreté généralisée, la réduction du chômage et la diversification de l’économie. La majorité de la population a peu profité de la récente croissance économique. Elle vit à 42 % dans l’extrême pauvreté et 48 % de la population active est sans emploi.

Évolution récente et perspectives macroéconomiques

L’activité économique s’est intensifiée, alimentée par d’importants flux d’ l’investissement direct étranger (IDE). La croissance du PIB est passée de 4,5 % en 2011 à 4,8 % en 2012 sous l'effet de l’activité portuaire, du commerce de transit avec l'Éthiopie, des activités de transbordement et du BTP. L’inflation a été ramenée à 3,7 % en 2012 grâce à la stabilisation des prix internationaux des denrées alimentaires et à une baisse des tarifs de l'électricité pour les ménages à faible consommation. Le déficit courant est descendu à 12,3 % du PIB et les réserves internationales de la banque centrale se sont légèrement accrues, ce qui a permis de maintenir le taux de couverture de la caisse d'émission bien au-delà du plancher légal de 100 %.

Les déficits budgétaires persistants suscitent des préoccupations quant à la viabilité des finances publiques et soulignent la nécessité d’une réforme en la matière. Le déficit de 2,7 % du PIB enregistré en 2012 était dû à de faibles recettes fiscales, principalement imputables à un mauvais recouvrement des recettes et à des retards dans le paiement des dividendes des entreprises publiques. Cependant, au premier trimestre de 2013, la collecte de l'impôt s'est intensifiée, rétablissant les recettes intérieures à leur niveau d'avant 2012. Durant ce trimestre, l'État a reçu 185 millions de dollars (13 % du PIB) de la cession de sa participation de 23,5 % dans la société holding des ports de Djibouti.

Les perspectives macroéconomiques à moyen terme restent favorables, encore qu’elles soient sujettes à des risques considérables. Les projections pour 2013-16 tablent sur une croissance du PIB réel d'environ 6 % du PIB, un taux d'inflation de 2,5 % et un déficit courant de 13,5 % du PIB. Les principaux risques sont attribuables aux chocs des cours internationaux du pétrole et des matières premières, à l'instabilité politique intérieure et aux développements défavorables de la situation économique et politique dans les pays voisins.

Il importe de mener à bien les réformes des finances publiques afin d’accroître les recettes en élargissant l’assiette fiscale et en renforçant l’administration fiscale. Il faut en outre poursuivre les efforts de maîtrise des dépenses non essentielles afin d’assurer la viabilité des finances publiques. La banque centrale a réalisé des progrès dans le renforcement de la supervision bancaire. Les travaux à venir doivent veiller à développer les circuits du marché financier et à renforcer la règlementation de résolution des crises.

Des réformes structurelles sont nécessaires pour promouvoir une croissance inclusive susceptible de créer des emplois et de réduire la pauvreté, et pour diversifier l'économie. Afin d’améliorer la compétitivité et le climat des affaires, Djibouti devrait s’efforcer de réduire les coûts des facteurs de production, dont l’électricité, d’accroître l’approvisionnement en eau et d’assurer des formations techniques pour la main d’œuvre.

Comme Djibouti continue de présenter un risque élevé de surendettement, le pays devrait éviter de contracter des emprunts non concessionnels, compte tenu notamment des ambitieux projets d’investissement des autorités.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs notent que Djibouti affiche une croissance économique vigoureuse, mais que la pauvreté et le chômage généralisés présentent des défis considérables pour le pays. En outre, le risque de surendettement reste élevé. Pour favoriser une croissance inclusive et diversifier l'économie, les administrateurs insistent sur la nécessité, de poursuivre avec détermination les politiques macroéconomiques prudentes et les réformes, et de remédier d’urgence aux importants goulets d’étranglement structurels.

Les administrateurs soulignent l'importance d'assurer la viabilité des finances publiques en consolidant les progrès accomplis récemment dans ce domaine. L'action des pouvoirs publics devrait être axée sur une meilleure mobilisation des recettes et l'amélioration de la gestion des finances publiques. Les administrateurs engagent les autorités à s'efforcer d'élargir la base d'imposition, à améliorer l'administration fiscale et à limiter les dépenses non essentielles, y compris les salaires. La priorité devrait aussi être accordée à la réforme du mécanisme de fixation des prix des carburants, avec en particulier le remplacement des subventions aux carburants par des dispositifs de protection sociale bien ciblés, ainsi qu’au réexamen du système d’exonérations fiscales en vue d’en assurer la transparence et le contrôle. Il importera aussi de veiller à ce que soient réglées en temps voulu les dettes croisées entre l'État et les entreprises publiques et à éviter l'accumulation de nouveaux arriérés.

Pour assurer la viabilité de la dette, les administrateurs conseillent aux autorités d'éviter de contracter des emprunts à des conditions non concessionnelles. Pour la période à venir, ils jugent utile d'élaborer un programme d'investissements publics à la fois clair et transparent, en particulier pour les grands projets d'infrastructure, financé par le produit des privatisations. Une meilleure coordination et la rationalisation des investissements publics contribueront à ce que les ressources relativement rares soient utilisées de façon efficiente.

Les administrateurs conviennent que le régime de change fixe, dans le cadre du système actuel de caisse d'émission, fonctionne bien pour Djibouti et qu'il devrait être maintenu sans changement de parité. Notant que le secteur bancaire est relativement solide, les administrateurs encouragent la banque centrale à renforcer davantage ses capacités de surveillance pour promouvoir la stabilité financière et le développement du secteur financier. La priorité devrait être donnée à l'amélioration de la réglementation macroprudentielle et de l'analyse du risque de crédit, ainsi qu'au renforcement des structures en place pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Les administrateurs insistent sur l'importance des réformes structurelles pour renforcer la compétitivité et parvenir à une croissance inclusive et diversifiée. Les efforts de réforme devraient viser à l'amélioration du climat des affaires, en particulier par la simplification de la réglementation pour les entreprises, à réduire le coût de l'électricité, à libéraliser les télécommunications et à assurer l'acquisition par la main-d’œuvre des qualifications recherchées par les entreprises.

Les administrateurs prennent note, dans un esprit positif, de l'intérêt continu des autorités pour un accord subséquent avec le FMI à l’appui des réformes nécessaires. Ils soulignent toutefois qu'un programme de ce type devra s'appuyer sur une solide détermination confirmée par la mise en œuvre d'actions préalables.


Djibouti : principaux indicateurs économiques et financiers, 2010-13
 
         
        Est.
  2010 2011 2012 2013
 
         

Production et prix

       

PIB réel

3,5 4,5 4,8 5,0

IPC (moyenne)

4,0 5,1 3,7 2,5

Administrations publiques

       

Total des recettes et des dons

35,5 34,5 34,5 35,0

Total des dépenses

36,0 35,2 37,2 38,1

Solde (sur la base des engagements)

-0,5 -0,7 -2,7 -3,1

Solde (sur la base des engagements, hors dépenses liées aux privatisations)

-0,5 -0,7 -2,7 1,2

Solde (en base caisse)

-1,3 -2,7 -3,3 -4,1

Indicateurs monétaires

       

Avoirs extérieurs nets

5,1 -10,5 13,6 25,3

Avoirs intérieurs nets

38,4 12,5 18,3 -27,3

Masse monétaire au sens large

12,2 -4,5 15,1 8,6

Secteur extérieur

       

Solde extérieur courant (en pourcentage du PIB)

-5,4 -14,1 -12,3 -13,1

Réserves officielles brutes (en mois d’importations) 1/

4,1 3,8 3,4 4,9
 

Sources : autorités de Djibouti; estimations et projections des services du FMI.

1/ En mois d’importations de l’année suivante.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse: http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.



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