Communiqué de la vingt-huitième réunion du Comité monétaire et financier international

Communiqué de presse n° 13/401
Le 12 octobre 2013

Présidée par M. Tharman Shanmugaratnam,
Vice-Premier Ministre et Ministre des finances de Singapour

La reprise de l’économie mondiale se poursuit. Cependant, la croissance reste modérée et des aléas négatifs persistent, avec notamment l’apparition de nouveaux risques. On observe des signes encourageants d’affermissement de l’activité dans les pays avancés, tandis que la croissance a ralenti dans beaucoup de pays émergents. La croissance est généralement restée vigoureuse dans les pays à faible revenu. Nous nous appuierons sur les progrès accomplis récemment pour mettre en œuvre des mesures plus ambitieuses et cohérentes afin d’assurer une croissance vigoureuse, durable et équilibrée, tout en réduisant la volatilité sur les marchés. À cet effet, il conviendra de bien gérer de multiples transitions, à savoir ajuster la dynamique de croissance, normaliser les conditions financières mondiales, assurer la viabilité des finances publiques, rééquilibrer la demande mondiale et stabiliser le système financier mondial. De nombreux pays devraient prendre des mesures structurelles pour rehausser la productivité, réduire le chômage et assurer une meilleure répartition des bienfaits de la croissance. Nous saluons les orientations énoncées dans le plan d’action mondial de la Directrice générale.

Pays avancés. La reprise a pris de la vitesse aux États-Unis, les mesures de relance ont conduit à un redressement au Japon, la zone euro sort de la récession et la croissance s’accélère déjà dans quelques autres pays avancés, dont le Royaume-Uni. Des politiques monétaires accommodantes ont soutenu la croissance mondiale tout en maintenant la stabilité des prix : elles demeurent appropriées, mais devraient aller de pair avec des politiques budgétaires crédibles à moyen terme, ainsi que de nouvelles réformes financières et structurelles. La transition vers la normalisation à terme de la politique monétaire dans le contexte d’une croissance plus rapide et soutenue doit être opérée en temps opportun et soigneusement calibrée, et faire l’objet d’une communication claire. Lorsque la situation du pays le permet, les plans d’ajustement budgétaire à moyen terme devraient être mis en œuvre avec souplesse en tenant compte de la situation économique à court terme pour soutenir la croissance et la création d’emplois, tout en plaçant la dette publique sur une trajectoire viable. Toutes ces mesures aideront à atténuer les risques et à bien gérer les effets de débordement, y compris ceux résultant de la volatilité accrue des flux de capitaux, ainsi qu’à assurer une croissance vigoureuse, soutenue et équilibrée. Les États-Unis doivent s’attaquer d’urgence à l’incertitude qui entoure leur situation budgétaire à court terme. La zone euro devrait s’appuyer sur les progrès accomplis vers la mise en place d’une union bancaire et continuer de réduire la fragmentation des marchés financiers. Le Japon devrait opérer un assainissement budgétaire à moyen terme, ainsi que des réformes structurelles pour revigorer la croissance.

Pays émergents et pays en développement. La croissance des pays émergents reste la source principale de la croissance mondiale, mais elle ralentit, en revenant à un niveau plus viable dans certains cas. Les paramètres économiques fondamentaux et les cadres d’action sont généralement plus solides, mais des problèmes structurels internes subsistent. La volatilité récente des flux de capitaux et des marchés financiers a créé de nouvelles difficultés dans certains pays. La politique macroéconomique, y compris la politique de change, doit être avisée. Face aux risques d’instabilité financière ou macroéconomique qui résultent du volume élevé et de la volatilité des flux de capitaux, l’ajustement nécessaire de la politique macroéconomique pourrait être facilité par des mesures prudentielles et, le cas échéant, par des mesures de gestion des flux de capitaux. Cependant, ces dernières ne doivent pas remplacer l’ajustement macroéconomique qui se justifie. L’assainissement des finances publiques reste une priorité absolue dans les pays qui affichent un déséquilibre budgétaire élevé, alors que les autres pays doivent reconstituer leur marge de manœuvre, à moins que la croissance ne ralentisse sensiblement. Il convient de continuer sans relâche à s’attaquer aux obstacles structurels et à rehausser la productivité pour réaliser une croissance vigoureuse, durable et équilibrée. Nous saluons les efforts que de nombreux petits pays en développement, surtout en Afrique, déploient pour accélérer leur croissance, accroître leur taux d’activité et transformer leur structure économique. Nous notons avec satisfaction que le FMI a renforcé sa présence aux côtés des petits pays et nous attendons avec intérêt la mise en œuvre du programme de travail en faveur de ces pays. Nous sommes conscients des problèmes que les pays arabes en transition rencontrent et nous les encourageons à exécuter les réformes nécessaires pour réaliser une croissance durable et créer des emplois. Les pays donateurs de la région ont fourni une aide considérable et nous appelons les partenaires bilatéraux et multilatéraux à accroître de manière appropriée leur contribution à l’appui des réformes. Nous encourageons le FMI à accroître l’aide financière et les conseils de politique économique qu’il fournit à ces pays, ainsi que son assistance au renforcement de leurs capacités, en fonction de leurs besoins et de leurs situations particulières.

Pays à faible revenu. La croissance est restée globalement vigoureuse dans ces pays. Le renforcement de la position des finances publiques et des réserves, notamment grâce à l’accroissement des recettes et à un meilleur ciblage des subventions, peut offrir des marges d’action qui pourraient être utilisées si les risques de détérioration se matérialisent. Pour assurer une croissance soutenue et plus solidaire, il convient de continuer d’encourager l’expansion des circuits financiers, l’investissement public productif et le développement des services, ainsi qu’une gestion avisée des ressources naturelles. Nous notons avec satisfaction que les assurances nécessaires pour garantir l’autosuffisance du mécanisme de prêts concessionnels du FMI en faveur des pays à faible revenu ont été reçues, et nous engageons les pays membres à tenir leurs promesses.

Cohérence des politiques économiques. Le FMI doit continuer de servir de plate-forme pour stimuler l’analyse et encourager le dialogue multilatéral de manière à promouvoir la cohérence des politiques économiques et la concertation pour gérer les effets de débordement, y compris ceux résultant de la normalisation à terme et opportune des politiques monétaires, atténuer les risques, ainsi que soutenir une croissance vigoureuse, durable et équilibrée, et la création d’emplois. Les déséquilibres mondiaux se sont réduits, pour des raisons tant structurelles que conjoncturelles, mais le rééquilibrage reste une priorité importante. Les politiques économiques de nombreux pays doivent jouer à l’avenir un rôle plus important pour faciliter l’ajustement. Les pays en situation de déficit doivent continuer d’accroître leur épargne nationale et leur compétitivité, tandis que les pays en excédent devront renforcer leurs sources de croissance intérieures. Nous réaffirmons notre détermination à nous abstenir de toute dévaluation compétitive et de toute forme de protectionnisme. Il convient de mettre en œuvre sans tarder et de façon cohérente des réformes financières à l’échelle mondiale, notamment pour ce qui est des établissements « trop grands pour faire faillite », des normes de fonds propres internationales, du règlement des faillites transfrontières, des marchés de dérivés et des risques systémiques liés aux banques parallèles. Il faut aussi continuer de remédier au manque de données, d’accroître la transparence des finances publiques, de combattre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et de lutter contre l’évasion et la fraude fiscales à l’échelle internationale. Nous encourageons le FMI à examiner ces questions dans le cadre de sa surveillance bilatérale et multilatérale, et à travailler en collaboration avec les autres institutions internationales.

Surveillance du FMI. Nous notons avec satisfaction les progrès accomplis dans la mise en œuvre du cadre de surveillance renforcé du FMI, avec notamment la stratégie de surveillance financière, le rapport pilote sur le secteur extérieur, le rapport de contagion, la meilleure prise en compte des liens macrofinanciers lors des consultations au titre de l’article IV, et les conseils adaptés aux pays soucieux de mieux répartir les bienfaits de la croissance et de créer des emplois. Nous attendons avec intérêt la prochaine revue triennale de la surveillance, ainsi que de nouvelles analyses des politiques monétaires et macroprudentielles et de leurs répercussions, de l’adéquation des réserves, des indicateurs de liquidité à l’échelle mondiale, des flux de capitaux et des interactions entre les faiblesses des secteurs publics et privés.

Prêts du FMI. Les financements extérieurs, y compris à titre de précaution, peuvent faciliter un ajustement ordonné. Le FMI reste prêt à offrir des concours financiers à l’appui d’ajustements et de réformes appropriés. Nous attendons beaucoup de l’instauration d’un dialogue permanent, fondé sur la souplesse et la bonne volonté, entre le FMI et les arrangements financiers régionaux, de l’examen de plusieurs instruments importants (ligne de crédit modulable, ligne de précaution et de liquidité, instrument de financement rapide), d’un suivi des programmes de crise et d’un nouvel examen de la politique de prêt du FMI en faveur de pays très endettés. Nous attendons avec intérêt l’achèvement de l’examen de la politique du FMI en matière de plafonnement de la dette, en étant conscients qu’il importe de renforcer et de promouvoir des pratiques de financement viable de la part de toutes les parties prenantes.

Gouvernance. Nous continuons d’accorder la plus haute priorité à la réforme de la gouvernance et des quotes-parts du FMI afin de rehausser la crédibilité, la légitimité et l’efficacité de l’institution. Nous engageons tous les pays membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier les réformes de 2010 sans délai. Nous restons déterminés à achever la 15e révision générale des quotes-parts d’ici janvier 2014 et nous engageons le Conseil d’administration à s’accorder sur une nouvelle formule de calcul des quotes-parts dans le cadre de cette revue. Nous réaffirmons qu’un réalignement des quotes-parts relatives devrait conduire à un accroissement des parts des pays dynamiques en rapport avec leur position relative dans l’économie mondiale, et donc probablement à un accroissement des parts des pays émergents et des pays en développement dans leur ensemble. Des mesures seront prises pour protéger la participation et la représentation des pays les plus pauvres.

Prochaine réunion du CMFI. Notre prochaine réunion se tiendra Washington les 11 et 12 avril 2014.

La liste des personnes présentes se trouve à l’adresse suivante :

http://www.imf.org/external/french/am/2013/imfc/attendees/index.htm



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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