Selon le FMI, l’Afrique subsaharienne va maintenir son rythme de croissance économique

Communiqué de presse n° 13/415
Le 31 octobre 2013

La croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait s’accélérer en 2014, malgré les vents contraires qui soufflent dans le monde et qui ont fait modérément baisser les résultats de la région en 2013, a déclaré aujourd’hui le Fonds monétaire international (FMI), en notant que la légère dégradation des perspectives pour 2013 tenait à la fois à une conjoncture externe moins favorable et à divers facteurs d’ordre intérieur. Dans l’édition d’octobre 2013 du rapport sur les Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, intitulé Maintenir le rythme, le FMI note que la forte la demande d’investissement continue de soutenir la croissance dans la plus grande partie de la région, et que la production devrait progresser de 5 % en 2013 et de 6 % en 2014.

«Il est encourageant de constater que les économies d’Afrique subsaharienne ont en général conservé un rythme de croissance soutenu malgré les tensions qui caractérisent la conjoncture extérieure, notamment un certain ralentissement de l’activité dans les pays émergents», a déclaré Mme Antoinette Sayeh, Directrice du Département Afrique du FMI. «Ces résultats sont attribuables à la poursuite de politiques macroéconomiques bien conçues ainsi qu’au dynamisme de la demande intérieure, en particulier l’investissement dans les infrastructures et les capacités de production», a-t-elle ajouté.

Les risques qui pèsent sur les perspectives de la région sont principalement d’ordre extérieur. «Un nouveau ralentissement de l’activité dans les pays émergents — notamment chez certains des nouveaux partenaires économiques de l’Afrique subsaharienne — ou dans les pays avancés pourrait mettre à mal les perspectives de croissance de la région, essentiellement par le biais d’une baisse des prix des produits de base, a expliqué Mme Sayeh. Cependant, selon un scénario de baisse des prix que nous avons élaboré, une diminution temporaire importante — mais plausible — des prix internationaux des produits de base ne remettrait pas en cause la croissance au niveau régional, mais le taux de croissance et la balance des paiements courants pourraient s’en ressentir sensiblement dans certains pays riches en ressources naturelles.»

Les principaux aléas d’origine intérieure sont liés à des chocs climatiques ou des événements politiques. «Ils présentent des risques importants pour certains pays, voire pour leur environnement immédiat, mais ne menacent pas la région dans son ensemble», a déclaré Mme Sayeh.

D’après le rapport, le creusement des déficits extérieurs courants en Afrique subsaharienne depuis 2008 est attribuable en général à l’augmentation des taux d’investissement, même si, dans certains pays, il tient aussi à une diminution de l’épargne. Lorsque les conditions financières se sont détendues au lendemain de la crise mondiale, les déficits extérieurs courants ont fortement augmenté, le plus souvent sous l’effet d’une hausse des investissements dans les activités orientées sur l’exportation et dans les infrastructures. Dans la plupart des pays, ces déficits ont été financés essentiellement par l’investissement direct étranger, sans alourdir l’endettement extérieur. Cela a permis d’atténuer les risques de financement dont s’accompagnent généralement les déficits extérieurs, encore que d’autres risques persistent, notamment ceux qui ont trait au rendement de ces investissements. À moyen terme, lorsque les investissements arriveront à maturité et que les capacités d’exportation auront augmenté, les déficits extérieurs courants devraient diminuer.

Cependant, le rapport note que dans plusieurs pays les réserves sont basses; dans certains d’entre eux, le creusement du déficit extérieur courant a engendré une forte accumulation de dette. Le rapport contient plusieurs recommandations, en soulignant notamment la nécessité de mobiliser davantage de recettes, de surveiller plus étroitement le niveau de la dette publique et de procéder à des ajustements dans les pays où la dette s’accumule rapidement. Il est aussi recommandé que les pays laissent leur monnaie s’ajuster lorsque cela est possible en cas de baisse des prix des produits de base et de renversement des flux de capitaux.

Le rapport sur les Perspectives économiques régionales comprend aussi deux chapitres de référence consacrés respectivement aux moteurs de la croissance dans les pays pauvres en ressources naturelles et à la gestion des flux de capitaux volatils dans les pays pionniers.

«L’idée répandue selon laquelle la forte croissance économique de l’Afrique subsaharienne depuis le milieu des années 90 est simplement le résultat du niveau relativement élevé des prix mondiaux des produits de base, en particulier des ressources naturelles non renouvelables telles que le pétrole et les minéraux, est fondée sur une vision incomplète de la réalité», a déclaré Mme Sayeh. Le chapitre consacré à cette question montre que plusieurs pays à faible revenu pauvres en ressources naturelles ont réussi à enregistrer des taux de croissance élevés pendant une période relativement longue grâce à l’amélioration de leur politique macroéconomique, conjuguée à des réformes structurelles et des flux soutenus de financements extérieurs.

Il ressort du chapitre sur les flux de capitaux que, ces trois dernières années, les flux de portefeuille étrangers en direction des pays pionniers d’Afrique subsaharienne ont considérablement augmenté. La plupart de ces pays ont été relativement épargnés par les turbulences qui ont agité récemment les marchés financiers mondiaux. «Cela dit, il faut se garder de tout triomphalisme, a affirmé Mme Sayeh. Les marchés pionniers de la région doivent renforcer le cadre des politiques publiques pour garantir que l’accès aux marchés de capitaux ait un effet bénéfique, chaque pays devant choisir le dosage approprié de politiques en fonction de sa situation particulière.»



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