Déclaration à l’issue d’une mission du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse n° 13/420
Octobre 31, 2013

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) menée par Laure Redifer a séjourné à Ouagadougou du 17 au 30 octobre 2013 pour des entretiens dans le cadre de la septième revue du programme économique et financier de ce pays appuyé par le FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). La mission du FMI a également examiné et obtenu un accord ad referendum concernant un programme économique pouvant bénéficier d'un soutien dans le cadre d'un nouvel accord triennal (2014-2016). La mission a rencontré M. Lucien Marie Noël BEMBAMBA, Ministre de l'économie et des finances, M. Mahama ZOUNGRANA, Ministre de l'agriculture, d'autres hauts responsables de l’État, ainsi que des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers. La mission a effectué une visite à l’ouest du pays (Dédougou, Bobo Dioulasso et Banfora), où elle a pu échanger, entre autres, avec les acteurs du secteur coton (producteurs, sociétés cotonnières, Association Interprofession du Coton de Burkina Faso, Union Nationale des Producteurs de coton au Burkina Faso). A cette occasion elle a visité l’usine de filature de coton de FILSAT et la salle de classement des semences de la SOFITEX.

Ce matin à Ouagadougou, Mme Redifer a publié la déclaration suivante :

« Le Burkina Faso continue d’enregistrer une forte performance économique. Selon les projections de croissance, le PIB devrait se stabiliser autour de 7 pour cent en 2014 et à moyen terme et l'inflation devrait demeurer faible à 2 pour cent. L'accélération du taux d'exécution des investissements publics, une bonne pluviométrie et des conditions plus favorables en matière d’exportation pourraient entraîner une croissance encore plus forte. Cependant, les projections relatives à l'activité économique en 2013 ont été légèrement revues à la baisse à 6,8%. Cette révision à la baisse s’explique par plusieurs facteurs, notamment la baisse des cours mondiaux de l'or et du coton, la sous-exécution des dépenses d'investissement public et l’évolution économique régionale. La réduction des projections de croissance aurait été plus importante sans les mesures prises par l'État pour améliorer la résilience et la productivité du secteur agricole, particulièrement dans la filière à forte intensité de main-d'œuvre qu’est le coton qui revêt une importance capitale pour assurer une croissance partagée. L'inflation a chuté en raison d'une forte baisse des prix des denrées alimentaires par rapport à la plus grande partie de 2012 ; elle devrait atteindre une moyenne de 2% pour l’année. Les soldes extérieurs devraient se détériorer légèrement en 2013 à cause des conditions commerciales défavorables.

«Le recouvrement des recettes au cours du premier semestre de 2013 a été généralement conforme aux attentes, malgré la baisse des recettes tirées de la production d'or et la renonciation par l'État à sa part de la Taxe sur les produits pétroliers (TPP). Cette mesure de renonciation prise en mai visait à contribuer à améliorer le recouvrement des coûts par la société publique d'importation des hydrocarbures (SONABHY). L'exécution du budget au premier semestre de l'année à été inférieure aux prévisions, surtout au titre des dépenses d'investissement. Les dépenses devraient s'accélérer au deuxième semestre, bien qu'une exécution totale des montants inscrits au budget annuel puisse s'avérer difficile. Les nouvelles mesures prises par les autorités pour éliminer les goulots d'étranglement devraient accélérer les dépenses d'investissement à partir de 2014. Sur le moyen terme, le déficit budgétaire global devrait s’établir à 3 pour cent environ. En ce qui concerne le secteur externe, le déficit des transactions courantes devrait continuer à se détériorer en raison d'une lente amélioration des termes de l’échange et des importations nécessaires pour soutenir l'ambitieux programme d'investissement de l'État.

«Les objectifs quantitatifs de la septième et dernière revue du programme actuellement appuyé par le FMI ont été largement atteints et tous les repères structurels ont été réalisés. La situation financière de la SONABHY s'est considérablement améliorée grâce au dégrèvement fiscal, à la hausse du prix de détail du gaz butane survenue en mai et aux subventions de l'État. Cependant, en raison de l’augmentation des coûts de production, la situation financière de la société nationale d'électricité (SONABEL) s’est dégradée. En même temps, la nécessité d’assurer un approvisionnement suffisant en énergie au cours des années à venir suscite un regain d'inquiétudes, rendant encore plus difficile la concrétisation de la volonté des autorités d’accroître considérablement l'accès des zones rurales au réseau électrique d'ici à 2015.

«La mission et les autorités ont conclu un accord ad referendum sur les politiques économiques et financières générales pouvant faire partie d'un nouveau programme triennal. Après une nette amélioration des performances du gouvernement en matière de recettes au cours des dernières années, les engagements au titre d’un nouveau programme éventuel mettraient plus fortement l'accent sur les réformes de la gestion des finances publiques en vue d'améliorer la qualité et le taux d'exécution des dépenses publiques. En particulier, cela devrait permettre de répondre aux besoins d'investissement dans les domaines des infrastructures, de l'éducation et de la formation et des dépenses sociales. Comme l’indique la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) du gouvernement, il s'agit là d'investissements clés nécessaires pour favoriser la création d'emplois et une répartition plus équitable des retombées de la forte croissance réalisée par le Burkina Faso au cours de ces dernières années. Le nouveau programme mettra également l'accent sur une gestion efficace des recettes minières et sur la mise en place de mesures d’accompagnement pour accroître la couverture et l’approvisionnement énergétiques, tout en assurant au secteur de l'énergie une assise financière durable.

 

«La mission tient à remercier les autorités pour les discussions fructueuses et ouvertes ainsi que pour leur chaleureuse hospitalité. Il est provisoirement prévu que le Conseil d'administration du FMI se réunisse en décembre pour examiner la 7e revue du programme actuel au titre de la Facilité élargie de crédit et la demande des autorités relative à un nouveau programme appuyé par le FMI. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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