Les services du FMI ont achevé les entretiens sur les consultations de 2013 au titre de l’article IV et la troisième revue de la LPL avec le Maroc

Communiqué de presse n° 13/529
19 décembre 2013

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Jean-François Dauphin a séjourné au Maroc du 5 au 19 décembre 2013 pour mener avec les autorités les entretiens sur les consultations de 2013 au titre de l’article IV et sur la troisième revue des résultats économiques enregistrés par le pays dans le cadre d’un accord visé par la Ligne de précaution et de liquidité (LPL). Le Conseil d’administration du FMI a approuvé en août 2012 un accord de 24 mois au titre de la LPL d’un montant équivalent à environ 6 milliards de dollars (700 % de la quote-part du Maroc). Durant son séjour, la mission a également rencontré des représentants du secteur privé et de la société civile. Les discussions ont porté sur les développements économiques récents, les perspectives pour le moyen terme, et les politiques économiques pour renforcer la résilience de l’économie et poser les fondations d’une croissance plus forte et inclusive.

Au terme de la visite, M. Dauphin, a rendu publique la déclaration suivante :

«Malgré un environnement économique mondial et régional défavorable, les performances de l’économie marocaine se sont globalement améliorées en 2013, après les difficultés rencontrées en 2012. Les effets de la crise européenne se sont fait nettement sentir dans le secteur non-agricole, mais la croissance du PIB devrait s’établir à environ 5 %, grâce à une récolte céréalière abondante. L’inflation est restée faible. Le déficit des transactions courantes s’est réduit sensiblement et les réserves sont restées stables à environ 4 mois d’importations, aidées par la bonne tenue des investissements directs étrangers. La dette reste publique soutenable et déficit budgétaire se contracte sous l’effet notamment des mesures prises dans ce sens par le gouvernement.

La croissance en 2014 pourrait s’établir à un niveau proche de 4 %, sous l’effet d’une accélération de l’activité des secteurs non agricoles et dans l’hypothèse d’une campagne agricole conforme à la moyenne. Cependant, l’économie marocaine demeure vulnérable aux conditions internationales. Bien que les perspectives mondiales s’améliorent, l’environnement économique international demeure fragile. Dans ce contexte, il est nécessaire de poursuivre les réformes engagées par les autorités pour continuer à rééquilibrer les comptes budgétaires et extérieurs, renforcer la compétitivité, assurer une croissance plus forte et riche en emplois, et améliorer la protection sociale, en particulier pour les populations les plus vulnérables.

A cet égard, l’objectif de déficit public de 4,9 % du PIB du projet de loi de finances de 2014 est approprié. Il est important que la réduction du déficit public laisse de l’espace budgétaire suffisant pour renforcer la protection sociale et investir dans l’infrastructure, l’éducation et la santé. A ce titre, nous saluons les efforts gouvernement pour commencer à réduire les exonérations fiscales, notamment dans le secteur agricole, et réduire la charge de la compensation. La réforme du système de retraites est également urgente pour assurer sa pérennité et préserver la viabilité des finances publiques. Il est aussi important de continuer à renforcer et moderniser le cadre budgétaire par le biais d’une nouvelle loi organique des lois de finances.

L’amélioration de la compétitivité est nécessaire pour consolider la position extérieure du Maroc. Déjà, les efforts consentis ces dernières années pour accroître la diversification des marchés et produits d’exportation et attirer davantage d’investissements directs étrangers commencent à porter leurs fruits. Nous estimons que plus de flexibilité du régime de change aiderait à soutenir la compétitivité, à renforcer la capacité de l’économie à amortir les chocs, et à accompagner l’internationalisation et diversification des échanges extérieurs. La poursuite des réformes visant à améliorer le climat des affaires, la transparence et le système judiciaire est nécessaire pour continuer à attirer et stimuler l’investissement privé. Il est aussi important de mener des politiques appropriées pour enrichir le contenu en emploi de la croissance.

Le secteur bancaire reste stable dans son ensemble. Nous soutenons les efforts de Bank Al-Maghrib pour renforcer son dispositif de supervision bancaire, y compris par l’adhésion progressive aux normes de Bâle III, et assurer un provisionnement adéquat des créances en souffrance qui ont légèrement augmenté cette année. Pour accroître le potentiel de croissance de l’économie, il demeure nécessaire de continuer à élargir la bancarisation et l’accès au crédit, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises.

La mission tient à remercier les autorités marocaines et tous les autres interlocuteurs qu’elle a eu l’opportunité de rencontrer pour leur excellente coopération et des discussions fructueuses ».



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