Déclaration d’une mission des services du FMI en Guinée

Communiqué de presse n° 13/58
le 25 février 2013

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Conakry du 7 au 22 février 2013 pour mener les discussions sur la deuxième revue du programme appuyé par un accord du FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 24 février 20121 (voir Communiqué de presse No. 12/57) pour un montant de 128,52 millions de DTS (soit environ 194,99 millions de dollars). La mission a été reçue en audience par S.E. le Président de la République, Prof. Alpha Condé et la Présidente du Conseil National de Transition, Mme Rabiatou Serah Diallo. La mission a en outre eu des séances de travail avec le Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, M. Kerfalla Yansané, le Ministre délégué au Budget, M. Mohammed Diaré, le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée, M. Lounceny Nabé, et d’autres membres du gouvernement et hauts responsables. La mission a également rencontré des représentants de la société civile, des syndicats, des organisations patronales et de la communauté des bailleurs de fonds. Les entretiens ont été centrés sur l’évolution récente de l’économie et les perspectives de croissance, l’exécution des politiques dans le cadre de la FEC, ainsi que les politiques et réformes structurelles pour 2013.

Au terme de la visite, M. Harry Snoek, Chef de Division adjoint du Département Afrique du FMI, a rendu publique la déclaration suivante :

«Les autorités guinéennes et les services du FMI ont conclu un accord ad referendum sur un ensemble de politiques qui, sous réserve de l’approbation de la Direction générale de l’institution et de son Conseil d’administration en avril prochain, pourrait ouvrir la voie au deuxième décaissement de 18,36 millions de DTS (soit environ 27,85 millions de dollars) prévu par l’accord au titre de la FEC.

«En 2012, l’économie guinéenne a continué de croitre à un bon rythme, bien qu’inférieur aux prévisions, en raison de difficultés dans le secteur minier. L’inflation a poursuivi sa tendance baissière en 2012 pour se situer juste en dessous de 13 % (en glissement annuel) en décembre. Ce bon résultat s’explique par la vigueur des politiques budgétaire et monétaire. Les recettes publiques ont augmenté plus que prévu grâce à un meilleur recouvrement et en dépit du manque à gagner considérable sur la fiscalité pétrolière. Les dépenses ont été tout à fait conformes aux objectifs budgétaires. Le financement bancaire du budget a été inférieur aux prévisions du programme et les liquidités excédentaires au sein de l’économie ont diminué. À une exception près, les critères de réalisation quantitatifs prévus par l’accord FEC pour fin décembre ont été observés.

«Les autorités continuent de faire des progrès dans la mise en œuvre de leur ambitieux programme de réformes structurelles, bien que des retards aient été enregistrés. Ces réformes sont nécessaires pour renforcer la gestion des finances publiques et du secteur minier, accroître les recettes publiques, augmenter l’offre d’électricité, mettre en valeur les abondantes ressources agricoles de la Guinée et améliorer le climat des affaires. La mission salue l’adoption de la nouvelle loi organique relative aux lois de finances et du décret portant Règlement Général de Gestion Budgétaire et de la Comptabilité Publique qui ont bénéficié de l’assistance technique du FMI et d’autres bailleurs de fonds. Les retards dans la finalisation des amendements au nouveau code minier et dans l’adoption des textes d’application y afférents s’expliquent en partie par les consultations très intenses menées avec les parties prenantes. Cette importante réforme devrait être achevée le plus rapidement possible. La mission souhaite saisir l’occasion pour féliciter les autorités de la récente publication de tous les contrats miniers sur le site internet du Comité technique de revue des titres et conventions miniers.

«La mission recommande aux autorités de mettre rapidement en œuvre la réforme projetée du code des investissements, en commençant par l’adoption de la Lettre de politique d’investissement privé, qui énonce les bases des autres mesures envisagées en 2013, pour faire en sorte que la Guinée attire davantage d’investisseurs.

«Les perspectives pour 2013 sont bonnes, bien que la croissance réelle pourrait être légèrement inférieure à la projection initiale de 5 % en raison du ralentissement des investissements dans le secteur minier. Les autorités visent toujours une baisse continue de l’inflation, en dessous de 10 % d’ici la fin 2013. Cependant, la nette augmentation des traitements des agents de la fonction publique convenue en décembre 2012 présente certains risques pour ces objectifs. En outre, il faudra rapidement renforcer la gouvernance et la situation financière de l’entreprise électrique EDG pour maitriser les subventions.

«Le gouvernement entend poursuivre son programme de réformes, en insistant sur les priorités que sont la gestion des finances publiques et l’administration fiscale, l’achèvement du travail législatif relatif au secteur minier, la revue des titres et conventions miniers, les réformes des secteur électrique et agricole et l’amélioration du climat des affaires. Le gouvernement entend en outre accélérer la réforme de la fonction publique, en s’appuyant sur le recensement biométrique qui vient de commencer et sur le plan d’action du Haut Commissariat à la réforme de l’État. La mission encourage les autorités, les syndicats et les organisations patronales à définir un cadre de consultation à moyen terme applicable aux négociations salariales, en tenant compte du souci de stabilité macroéconomique et de viabilité budgétaire.

«L’équipe du FMI remercie les autorités de leur hospitalité et de l’esprit constructif qui a animé les discussions».


1 La FEC est le principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu. Le taux d'intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d'amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de 10 ans.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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