Conclusion de la mission du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse n° 14/129
26 mars 2014

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Mme Laure Redifer, a séjourné à Ouagadougou du 14 au 26 mars en vue d’y mener avec les autorités Burkinabè des discussions sur la première revue de leur programme économique et financier soutenu par le FMI dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et une revue de surveillance devant être menée tous les deux ans. La mission a rencontré M. Luc-Adolphe Tiao, Premier Ministre, M. Lucien Bembamba, Ministre de l'Économie et des Finances, M. Salif Kaboré, Ministre des Mines, Mme Chlotilde Ki-Nikiéma, Ministre du Budget, M. Charles Ki-Zerbo, Directeur national de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest ; ainsi que d'autres hauts responsables, des députés, des représentants du secteur privé et de la société civile et les partenaires au développement.

Au terme de la mission, Mme Redifer a publié la déclaration suivante à Ouagadougou :

«Le Burkina Faso a enregistré plusieurs années de croissance en hausse et plus stable malgré les nombreux chocs, grâce à des réformes économiques et structurelles fortes. En dépit de légères révisions à la baisse , la croissance sur la période 2013-2014 demeure forte. Les estimations pour l'année 2013 ont été révisées à 6,6 %, sur la base d'une croissance stable de la production céréalière, eu égard à une pluviométrie irrégulière. La croissance prévisionnelle pour l'année 2014 est de 6,7 % et pourrait être plus forte au regard de la forte demande intérieure et d’une bonne pluviométrie. Des projections plus prudentes tiennent cependant compte des perspectives des cours internationaux modérés de l'or et du coton, qui devraient également entraîner une détérioration accrue des soldes extérieurs. Cette détérioration sera plus accentuée en l'absence d'exportations plus importantes de produits de rente (coton et sésame) et de nouvelles ressources minérales (zinc). Au mois de décembre, l'inflation était de 0,5 %, influencée principalement par des prix de produits alimentaires plus faibles qu’à la même période de l’année précédente. Elle devrait demeurer en deçà de 2 % en 2014.

«La collecte des recettes en 2013 a été quelque peu inférieure aux prévisions. Ce facteur, auquel s'ajoute celui des retards de décaissement de l'appui budgétaire attendu, a nécessité un financement intérieur complémentaire pour maintenir le niveau des dépenses prévues, y compris les dépenses sociales additionnelles effectuées dans la seconde moitié de l'année et représentant 1 % du PIB. En raison des moins-values fiscales et des transferts additionnels aux entreprises publiques, deux cibles du programme soutenu par le FMI n’ont pas été atteintes à fin décembre 2013, bien que les autres cibles quantitatives aient été atteintes et que toutes les réformes structurelles prévues pour fin janvier 2014 soient réalisées.

«Pour l'exercice 2014, les fortes augmentations de dépenses liées à la masse salariale et aux mesures sociales additionnelles s'élèvent au total à environ 2 % du PIB. Pour financer ces dépenses et maintenir le déficit budgétaire à environ 3 % du PIB, les autorités sont en train d'identifier des mesures compensatoires au niveau des dépenses dans d'autres secteurs non-prioritaires. En outre, elles envisagent d'autres mesures pour garantir la soutenabilité de la masse salariale et la viabilité du budget à moyen terme, et conserver des ressources suffisantes aux fins des investissements précieux dans les ressources humaines et dans les infrastructures prioritaires.

«La mission a particulièrement exhorté les autorités à renforcer le suivi des transferts destinés à soutenir le fonctionnement des entreprises publiques confrontées à des prix à la consommation fixes. Ces subventions non-ciblées constituent une part croissante des ressources budgétaires disponibles qui pourraient être mieux orientées vers les dépenses sociales et l'investissement visant à créer des emplois et de la croissance.

«Pendant ses discussions avec les autorités Burkinabès, la mission a fait part de ses préoccupations quant à la non-adoption du nouveau Code minier par le Parlement à la fin de l'année. Elle a fortement insisté pour que le nouveau code minier garantisse une mobilisation optimale des ressources budgétaires pour le financement des investissements structurants afin d’assurer aux générations actuelle et future le bénéfice de l’exploitation des ressources non-renouvelables.

«La mission a eu des discussions fructueuses avec les autorités. Les discussions se poursuivront dans les semaines à venir pour finaliser le cadre de politique pour l'année 2014, qui constituera la base pour l'achèvement de la première revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit et finaliser la surveillance au Titre de l’Article IV des statuts du FMI. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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