Le FMI publie une nouvelle étude sur la transformation économique dans les pays arabes en transition

Communiqué de presse No. 14/163
le 11 avril 2014

Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique aujourd’hui une étude intitulée «Vers de nouveaux horizons : la transformation économique sur fond de transition politique dans le monde arabe», qui met en relief l’urgence de procéder à des réformes économiques ambitieuses pour stabiliser l’économie et promouvoir une croissance créatrice d’emplois dans la région. Cette étude, qui porte sur l’Égypte, la Jordanie, le Maroc, le Yémen, la Tunisie et la Libye, conclut que les perspectives économiques à court terme de ces pays restent difficiles et que, au cours des prochains mois, la priorité devra être le maintien de la stabilité économique.

«Les pays arabes en transition ont préservé leur stabilité économique en dépit d’un environnement économique et sociopolitique difficile. Cependant, la croissance économique est encore trop faible et le nombre d’emplois créés très insuffisant pour répondre aux aspirations des gens qui sont descendus dans la rue il y a plus de trois ans, notamment pour bénéficier d’un meilleur accès aux débouchés économiques. La priorité est aujourd’hui de lancer des réformes ambitieuses pour rehausser la croissance économique et faire baisser les taux de chômage actuellement très élevés de ces pays, en particulier parmi les jeunes», a déclaré Christine Lagarde, la Directrice générale du FMI.

En l’absence de réformes économiques et financières de grande ampleur, indique cette étude, la reprise ne suffira pas à réduire de façon significative les taux de chômage élevés de la région, en particulier parmi les femmes et les jeunes. Les auteurs, à savoir une équipe du FMI dirigée par Harald Finger et Daniela Gressani, recommandent aux pays arabes en transition de concentrer leurs efforts sur trois priorités : la création d’emplois plus nombreux à court terme, la réduction des facteurs de vulnérabilité pour préserver la stabilité économique, et le lancement de réformes pour assurer dans les années à venir une croissance économique plus vigoureuse dont les bienfaits soient mieux partagés. Selon les auteurs, la politique budgétaire devrait viser à réorienter les ressources de manière à accroître l’investissement public tout en protégeant les populations vulnérables au moyen d’aides sociales bien ciblées. La politique budgétaire doit aussi rester ancrée à des cadres d’action de nature à préserver et renforcer la stabilité économique.

En outre, il ressort de cette étude qu’un programme de réformes économiques ambitieux sera indispensable pour faire décoller l’activité du secteur privé et promouvoir une économie plus dynamique, compétitive, tirée par l’innovation et profitant à tous. Une intégration commerciale plus poussée peut être très bénéfique. En effet, en plus des avantages directs considérables que peut procurer le développement des exportations, l’intégration commerciale peut jouer un rôle de catalyse pour des réformes dans d’autres domaines qui aideront les pays à être plus compétitifs. La simplification des réglementations lourdes et complexes régissant les sociétés pourrait libérer la création d’entreprises et l’investissement privé, et réduire la taille du secteur informel ainsi que la corruption. Il serait aussi très avantageux d’améliorer l’accès aux financements, surtout pour les petites et moyennes entreprises, domaine dans lequel les pays arabes en transition sont distancés par toutes les autres régions du monde. Des réformes dans les domaines du marché du travail et de l’éducation peuvent encourager l’embauche et la participation sur le marché du travail formel. Enfin, les pays doivent se doter de dispositifs de protection sociale efficaces et judicieusement financés pour protéger les populations pauvres et vulnérables.

«Le programme d’action pour l’emploi et la croissance dans les pays arabes en transition doit être mis en œuvre dans un environnement sociopolitique complexe et évolutif. Les pays doivent définir soigneusement leurs priorités et étaler leurs réformes dans le temps dans le contexte d’une économie politique en évolution nécessitant la formation d’un large consensus et l’adhésion des parties prenantes qui jusque-là étaient exclues», a déclaré aujourd’hui Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, lors d’une conférence de presse à Washington.

Les auteurs estiment qu’un soutien accru de la part de la communauté internationale sera aussi essentiel, sous forme d’une augmentation des financements, d’un meilleur accès aux marchés des pays avancés pour les exportations des pays arabes en transition et, plus généralement, de conseils et d’aide au renforcement des capacités.

Cette étude sera une contribution importante à la conférence régionale organisée par le FMI, avec le gouvernement de Jordanie et le Fonds arabe pour le développement économique et social, qui se tiendra dans la capitale jordanienne Amman les 11 et 12 mai. Participeront à cette conférence, intitulée «Construire l’avenir : emploi, croissance et équité dans le monde arabe», des ministres et des gouverneurs de banque centrale de la région, ainsi que la Directrice générale, Mme Lagarde. Cette manifestation sera l’occasion d’un débat entre hauts responsables économiques et représentants du secteur privé, de la société civile et du monde universitaire sur les principaux éléments d’une vision économique pour les pays arabes en transition.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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