Déclaration au terme d’une mission des services du FMI au Bénin

Communiqué de presse n° 14/72
Le 26 février 2014

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Cotonou du 10 au 20 février 2014 pour mener les entretiens relatifs à la sixième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 14 juin 20101. La mission a été reçue en audience par S.E. Dr. Boni Yayi, Président de la République du Bénin et elle a eu des entretiens avec M. Jonas Gbian, Ministre de l’Économie et des finances et M. Marcel de Souza, Ministre de l’Analyse économique, du développement et de la prospective. La mission a en outre rencontré des représentants du secteur privé, des organisations non gouvernementales et de la communauté des partenaires techniques et financiers. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique récente, la mise en œuvre des mesures inscrites dans le programme appuyé par la FEC et les réformes structurelles.

Au terme de la mission, Mme Christine Dieterich, chef de mission pour le Bénin, a fait la déclaration suivante :

«La situation macroéconomique du Bénin a été globalement positive en 2013. Selon les estimations de l’INSAE, la croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2013 s’est chiffrée à 5,6 %, impulsée en grande partie par une bonne récolte et l’amélioration continue de l’activité du Port autonome de Cotonou. Les retards enregistrés dans l’évacuation et l’égrenage de la production cotonnière durant la campagne 2013-14 constituent un risque. Cependant, le gouvernement a pris des mesures pour accélérer le fonctionnement de la filière. L’inflation a été modérée, se situant aux alentours de 1 %, en grande partie grâce à la faible inflation des produits alimentaires.

La prudence de la politique budgétaire continue d’être le socle qui sous-tend la stabilité macroéconomique. En dépit d’une augmentation sensible des investissements publics de l’ordre de 1½ point de PIB, le déficit budgétaire a été maintenu à un niveau gérable et la dette reste en-dessous de 30 % du PIB, contre une moyenne de près de 40 % en Afrique subsaharienne. Les réformes douanières — un des volets primordiaux de la stratégie engagée par le gouvernement pour renforcer les finances publiques — avancent à un rythme satisfaisant. En revanche, la contreperformance persistante des recettes intérieures, notamment imputable à la taille du secteur informel, aux faibles capacités de l’administration fiscale et aux nombreuses exonérations, est une source de préoccupation. Cette contreperformance accentue la dépendance du budget à l’égard des recettes douanières, elles-mêmes vulnérables aux changements de régime commercial du Nigéria.

Durant ces dernières années la situation du secteur bancaire s’est dégradée, en raison des résultats relativement faibles enregistrés par le secteur formel de l’économie. Toutefois, en dépit de la montée des créances douteuses, le crédit global s’est inscrit en hausse en 2013 par rapport aux années précédentes.

Les perspectives macroéconomiques pour 2014 sont globalement positives. Selon les prévisions du FMI, le taux de croissance du PIB réel devrait se maintenir aux alentours de 5 ½ %, impulsé par les activités portuaires et agricoles. L’inflation devrait rester nettement en dessous du critère de convergence de l’UEMOA de 3 %. La politique budgétaire, telle que formulée dans la loi de finances de 2014, est prudente et l’endettement devrait demeurer stable. Pour atténuer les risques budgétaires liés à la gestion de la campagne cotonnière par l’État, il importe d’accélérer la mise au point d’un nouveau système de gestion impliquant davantage le secteur privé.

Au-delà de 2014, le principal défi à relever consistera à préserver la dynamique positive de croissance tout en faisant reculer la pauvreté. À cette fin, il est nécessaire d’avancer sur plusieurs fronts.

Premièrement, il est vital de s’attaquer aux déficits d’infrastructure du Bénin, notamment dans les domaines de l’énergie et des transports, où les goulots d’étranglement brident la croissance. Le gouvernement a entrepris d’établir un ambitieux plan d’investissements en la matière. Il importe toutefois de veiller à ce que l’augmentation prévue des investissements ne compromette la viabilité des finances publiques et n’expose davantage le pays aux chocs exogènes. À cet égard il est essentiel d’améliorer la gestion des finances publiques.

Deuxièmement, il sera essentiel d’améliorer le climat des affaires pour contribuer à doper l’investissement privé, pour que la hausse récente de cet investissement et l’augmentation prévue des investissements publics se traduisent par une croissance économique inclusive et créatrice d’emplois, tout en préservant la viabilité des finances publiques.

La mission recommandera à la direction générale du FMI la conclusion de la sixième revue du programme. L’examen de cette revue par le Conseil d’administration du FMI pourrait avoir lieu en avril 2014. L’approbation de la revue permettrait le décaissement de la septième tranche de 10,61 millions de DTS (environ 7,8 milliards de FCFA).

La mission remercie les autorités pour leur coopération et leur accueil».


1 La FEC est le principal instrument dont dispose le FMI pour apporter un appui financier à moyen terme aux pays à faible revenu. Les financements de la FEC sont assortis, à l’heure actuelle, d’un taux d’intérêt de 0 %, avec un différé d’amortissement de 5 ans ½ et une échéance de 10 ans.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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