Communiqué de presse : Les services du FMI achèvent les entretiens de 2016 avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale sur les politiques communes des États membres

le 9 mai 2016

Les communiqués de presse de fin de mission contiennent des déclarations des équipes des services du FMI qui rendent compte de conclusions préliminaires après un séjour dans le pays. Les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du Conseil d’administration du FMI. À partir des conclusions préliminaires de cette mission, les services du FMI prépareront un rapport qui, sous réserve de l’approbation de la Direction, sera présenté au Conseil d’administration pour examen.

Communiqué de presse No. 16/204
Le 9 mai 2016

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Mario de Zamaróczy, a séjourné à Libreville et Yaoundé du 25 avril au 9 mai 2016 et a mené des entretiens avec les institutions de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sur les politiques communes des États membres.1

Au terme de la mission, M. de Zamaróczy a rendu publique la déclaration suivante :

«Après une période de croissance solide, la CEMAC a été durement frappée par le double choc de la chute des cours du pétrole et des problèmes sécuritaires. Dans une communauté où cinq pays membres sur six sont des exportateurs nets de pétrole, la chute brutale des cours du pétrole a eu des conséquences importantes. La croissance économique régionale est descendue à 1,7 % en 2015, dans un contexte de repli de l’investissement public et de stabilisation de la production pétrolière. La persistance de cours du pétrole bas contribuera à maintenir la croissance à un faible niveau, en dessous des 2 % en 2016. L’inflation régionale est restée modérée en 2015 et elle devrait rester inferieure à 3 % à moyen terme.

«Les déficits budgétaire et courant de la région se sont creusés en 2015 et devraient rester élevés en 2016. Compte tenu de la contraction d’environ un tiers de la valeur des exportations de pétrole, les déficits budgétaire et courant régionaux ont grimpé respectivement aux alentours de 7 et 9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2015. Ces deux déficits devraient se situer à 8 % du PIB en 2016, en raison de la persistance des faibles cours du pétrole et du volume important des dépenses budgétaires.

«Dans ce contexte, les discussions de politique générale se sont centrées sur la définition d’une politique monétaire commune appropriée ainsi que sur la nécessité d’une riposte adéquate des politiques nationales avec une coordination au niveau régional.

«Face à des conditions de financement de plus en plus contraignantes, les pays de la CEMAC ont fait appel au concours de la banque centrale régionale — la BEAC — pour financer leur déficit budgétaire. Cette politique monétaire accommodante a entraîné une diminution des réserves de change. Bien que le niveau des réserves reste adéquat, la marge pour une nouvelle expansion monétaire semble désormais épuisée. Pour faire face à la conjoncture difficile et préserver la stabilité macroéconomique, il est urgent d’opérer un rééquilibrage budgétaire. Celui-ci doit s’appuyer sur les critères de convergence de la CEMAC et impliquer une réorientation appropriée des priorités des programmes ambitieux d’investissement des pays membres, tout en mettant davantage l’accent sur la mobilisation des recettes intérieures.

«Afin de maintenir la viabilité de la région à moyen terme, la mission a invité les autorités nationales à ralentir le rythme d’accumulation de la dette. Elle encourage les pays membres à privilégier les emprunts concessionnels et les sources intérieures de financement dans toute la mesure du possible.

«La mission a noté que des liens régionaux plus étroits aideraient la CEMAC à surmonter les chocs négatifs. Il est donc impératif de renforcer l’intégration régionale, de développer les échanges intra-régionaux et de mieux intégrer les marchés financiers. Afin de réduire la dépendance de la région à l'égard du pétrole, des mesures structurelles seront nécessaires aussi bien aux niveaux national que régional pour créer un environnement qui permette au secteur privé de devenir le moteur de la croissance.

«Malgré les difficultés économiques, le secteur financier a fait preuve de résilience. Cependant, face aux pressions budgétaires actuelles, les engagements directs et indirects des banques à l’égard du secteur public constituent une source de risque. Un cadre microprudentiel efficace devrait prévenir la propagation des risques macrofinanciers. La mission a noté que d’importants progrès ont été réalisés dans ce domaine, en rapport avec les recommandations précédemment formulées par le FMI. Il importera de mettre en place un dispositif approprié de stabilité financière, fondé sur des indicateurs macroéconomiques et financiers solides.

«Des efforts sont en cours pour promouvoir l’inclusion financière. Ce travail devrait s’intensifier pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises et des ménages aux financements et pour mettre en place un dispositif réglementaire adéquat, propice au développement de nouveaux instruments financiers, dont la banque mobile.

«Il est prévu que le Conseil d’administration du FMI examine le rapport sur les consultations régionales de 2016 en juillet 2016. La mission tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, leur excellente coopération et l’esprit constructif qui a animé les échanges. »


1 Les pays membres de la CEMAC sont le Cameroun, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad.

DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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