Le FMI conclut les consultations de 2006 au titre de l'article IV avec le Niger

Note d'information au public (NIP) Nº 07/01
Le 5 janvier 2007

Les notes d'information au public (NIP) s'inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l'évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l'issue de l'examen par le Conseil d'administration des rapports sur les consultations au titre de l'article IV avec les pays, la surveillance de l'évolution économique à l'échelle régionale, le suivi post-programme et les évaluations a posteriori des programmes mis en œuvre par les pays membres qui font intervenir un engagement à plus long terme. Les NIP sont aussi diffusées à l'issue de l'examen des questions de politique générale par le Conseil d'administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 20 décembre 2006, les consultations au titre de l'article IV avec le Niger1.

Informations générales

Les autorités nigériennes ont tenu, depuis 2000, leur ferme engagement à mettre en œuvre des politiques et des réformes prudentes. Le calendrier de politiques et de réformes a pris appui sur la stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) adoptée en 2002, qui repose sur les quatre axes suivants : améliorer la stabilité macroéconomique; accroître l'investissement public, en privilégiant l'infrastructure d'irrigation; approfondir la formation du capital humain; affermir la gouvernance économique. Plusieurs réformes ont été engagées depuis 2000 afin d'améliorer la gestion des dépenses publiques, d'accroître les recettes intérieures et de renforcer les réformes portant sur l'offre de l'économie.

Toutefois, la croissance du PIB réel durant les cinq dernières années n'a pas été suffisante pour améliorer le revenu par habitant et les indicateurs sociaux demeurent faibles. À cet égard, le Niger reste l'un des pays les plus pauvres du monde et est loin d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). La croissance économique a pâti de la faible productivité. L'inadéquation de l'infrastructure d'irrigation et l'usage limité d'intrants modernes en particulier, ont nui aux résultats de l'agriculture, de même que la diversification économique a été entravée par les goulots d'étranglement liés aux infrastructures.

En 2004-05, l'économie nigérienne a subi une grave sécheresse qui a eu un coût socioéconomique important. À la fin 2004, la sécheresse avait considérablement réduit la production agricole, déclenché une crise alimentaire et a eu pour effet d'entraîner une hausse de l'inflation au premier semestre 2005. Le déficit extérieur courant est resté stable en raison de la forte augmentation de l'aide humanitaire. La situation s'est toutefois améliorée à la fin de l'année 2005, grâce à une récolte abondante qui a porté la croissance du PIB réel pour toute l'année à environ 7 %, et a atténué les tensions inflationnistes.

Les résultats macroéconomiques de 2006 ont été globalement satisfaisants. La croissance du PIB réel devrait ralentir et s'établir à 3½ %. La croissance du secteur agricole a été faible, la production céréalière restant proche du niveau record de la fin 2005 tandis que de bons résultats étaient enregistrés dans le secteur minier et dans les services. En glissement annuel, l'inflation moyenne relevée en septembre 2006 est tombée à 1¼ % et devrait diminuer encore pour être proche de zéro vers la fin 2006 en raison de la baisse des prix des produits alimentaires. En 2006, le déficit extérieur courant (dons inclus) est resté proche de son niveau de 2005, la diminution des importations alimentaires ayant été compensée par le renchérissement des importations de carburant. Le poids de la dette extérieure du Niger a été encore réduit par la mise en œuvre du dispositif de l'IADM, aboutissant à un allègement total de 638 millions de DTS accordé par le FMI, l'IDA et le Fonds africain de développement. Cette réduction a permis de ramener le ratio de la valeur actualisée nette (VAN) de la dette aux exportations de 136 % en 2005 à 46 % en 2006.

La mise en œuvre des politiques macroéconomique observée jusqu'à présent pour 2006 a été satisfaisante. Au cours du premier semestre 2006, le déficit du solde budgétaire de base a été nettement plus faible que prévu au programme, en raison du surcroît de recettes et de la baisse des dépenses par rapport aux niveaux programmés. Les améliorations de l'administration fiscale et douanière (surtout liées au renforcement du contrôle de l'évaluation en douane des importations et des opérations de transit, ainsi que de l'audit des grandes et moyennes entreprises) ont renforcé le recouvrement des recettes. La bonne récolte et l'intensité de l'aide extérieure ont favorisé la reconstitution significative des réserves céréalières. Pour l'ensemble de l'année, le déficit budgétaire et le financement intérieur devraient être inférieurs aux niveaux initialement prévus. La Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest a mené une politique monétaire prudente.

Les autorités poursuivent la mise en œuvre des réformes visant à renforcer les recettes, à améliorer la gestion des dépenses publiques et à accroître la réaction de l'offre de l'économie. Elles ont élaboré et amorcé la mise en œuvre d'un plan d'action axé sur le renforcement de l'administration fiscale et douanière. En matière de gestion des dépenses publiques, les autorités ont progressé dans l'informatisation des opérations des directions du Trésor et du budget, achevé une évaluation complète des systèmes de gestion financière publique du Niger et adopté des plans de dépenses à moyen terme pour les secteurs clés. Les autres réformes cruciales ont notamment porté sur l'adoption d'un nouveau code minier, des mesures visant à simplifier la réglementation applicable aux entreprises et la suppression des droits d'importation (produits manufacturés, produits animaliers et végétaux) sur les produits originaires des États membres de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'ouest.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs félicitent les autorités nigériennes pour la performance dans la mise en œuvre de politiques macroéconomiques et de réformes prudentes observée dans le cadre de deux programmes successifs appuyés par la FRPC, malgré la vulnérabilité de l'économie aux chocs économiques. Les réformes mises en œuvre ont permis d'accroître le recouvrement des recettes publiques, d'améliorer la gestion des dépenses et de doter le Niger d'une économie plus souple et orientée vers le marché vaux règles du marché. Les perspectives pour 2007 sont relativement favorables, permettant de prévoir une croissance plus forte et la poursuite de la baisse de l'inflation. Des défis majeurs subsistent néanmoins pour stimuler les taux de croissance économique et les porter aux niveaux requis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ceci exigera une augmentation de l'investissement dans le capital humain et l'infrastructure, privilégiant l'agriculture, l'irrigation et le transport dans les zones rurales, ainsi que la rationalisation du cadre réglementaire afin de promouvoir le développement du secteur privé. L'amélioration des prestations des services sociaux et le renforcement de la gouvernance seront aussi cruciales.

Les administrateurs accueillent avec satisfaction la décision des autorités d'adopter prochainement une version révisée de la stratégie de réduction de la pauvreté pour 2007-09, exposant les politiques et réformes destinées à promouvoir la croissance économique et à combattre la pauvreté. Le prochain DSRP et le cadre de dépenses à moyen terme dont il sera assorti devraient entraîner une augmentation significative des besoins de financement par rapport aux niveaux envisagés actuellement. À cet égard, les administrateurs encouragent les autorités à travailler en étroite collaboration avec leurs partenaires au développement pour mobiliser l'assistance financière nécessaire, surtout sous forme de dons. La gestion de la dette devrait être renforcée, eu égard aux risques qui pèsent sur la viabilité de la dette, encore que ces risques restent modérés.

Les administrateurs saluent l'orientation budgétaire prudente adoptée en 2006 et qui devrait donner lieu à un déficit moins élevé que prévu initialement du fait, pour partie, des réformes en cours en matière de recouvrement des impôts et de gestion des dépenses. Se félicitant de l'orientation des dépenses en faveur des programmes prioritaires envisagée dans le budget 2007 ils soulignent l'importance d'une exécution prompte et effective de ces programmes. Les dépenses qui figurent en tête des priorités devront être épaulées par l'aide des bailleurs ainsi que par le renforcement des recettes intérieures fondé sur la poursuite des réformes des administrations fiscale et douanière, notamment par des régimes d'imposition simplifiés et le contrôle strict des exonérations. L'application intégrale du système flexible de fixation des prix des produits pétroliers aidera à réorienter les ressources vers les besoins de développement. Les administrateurs attendent avec intérêt la mise en œuvre rapide d'un plan d'action visant à apurer les arriérés intérieurs.

Les administrateurs insistent sur la nécessité de renforcer la gestion des dépenses publiques. Ils se félicitent de la préparation de cadre de dépenses à moyen terme pour les secteurs clés, de l'informatisation des opérations du budget et du Trésor, ainsi que de l'établissement d'une liste unifiée des programmes prioritaires. Il s'agira de redoubler d'efforts pour simplifier les procédures budgétaires, renforcer la comptabilisation des opérations du Trésor ainsi que les contrôles en amont et en aval.

Les administrateurs engagent les autorités à accélérer les réformes visant à accroître la productivité agricole, à diversifier la base économique et à améliorer le climat des affaires. Les efforts doivent se poursuivre afin de réduire les contraintes réglementaires qui pèsent sur l'investissement, d'achever la restructuration de la societé d'électricité et entreprendre la réforme du régime foncier du cadre judiciaire. Les réformes du secteur financier devraient avoir pour objectif d'accroître la compétitivité, d'approfondir l'intermédiation financière et de favoriser l'investissement privé. Dans cette optique, les administrateurs préconisent l'accélération de la restructuration des institutions de microcrédit en difficulté et le renforcement de l'agence de régulation y afférente pour élargir l'accès au crédit. Ils attendent avec intérêt la recapitalisation de la filiale financiére restructurée du réseau de la poste et la privatisation de la banque de l'habitat.

Les administrateurs saluent la détermination des autorités à poursuivre une stratégie prudente de gestion de la dette extérieure après l'allègement de dette obtenu dans le cadre de l'IADM, à utiliser les ressources dégagées par cette initiative de la manière la plus efficace possible pour atteindre les OMD. Ils engagent les autorités à continuer de faire preuve de bonne volonté dans les négociations avec leurs créanciers restant non membres du Club de Paris en vue de parvenir à des accords d'allègement de dette à des conditions comparables à celles que le Niger a déjà obtenu.


Niger - Principaux indicateurs économiques

  2003 2004 2005 2006
Est.

  (variation annuelle en pourcentage)

PIB et prix

       

PIB à prix constants

4,4 -0,6 6,8 3,4

Prix à la consommation (moyenne annuelle)

-1,8 0,4 7,8 0,3
  (Pourcentage du PIB)

Finances publiques

       

Recettes totales

10,0 11,2 10,5 11,3

Dépenses totales

17,5 20,4 18,1 19,1

Solde budgétaire global

(base engagements, dons exclus)

-7,5 -9,2 -7,5 -7,8
         

Secteur extérieur

       

Exportations de biens et services

15,9 18,4 18,2 17,3

Importations de biens et services

25,6 29,4 31,5 29,6

Déficit extérieur courant (dons inclus)

-6,0 -7,0 -7,4 -7,5

Sources : autorités nigériennes et estimations des services du FMI.

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, en général tous les ans, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Cette note d'information au public fait la synthèse de l'examen du rapport des services du FMI par le Conseil d'administration lors de sa réunion du 12 décembre 2006.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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