Le Conseil d'administration du FMI conclut les consultations
de 2007 au titre de l'article IV avec la République Centrafricaine

Note d'information du public (NIP) n° 07/128 (F)
le 12 octobre 2007

LesNotes d'information du public (NIP) font partie des efforts déployés par le FMI pour assurer la transparence de ses opinions et analyses concernant les évolutions et politiques économiques. Avec l'accord du (ou des) pays concerné(s), les NIP sont diffusées après l'examen par le Conseil d'administration des consultations au titre de l'article IV avec les pays membres, de sa surveillance des évolutions au niveau régional, du suivi post-programme et des évaluations a posteriori des pays membres ayant des engagements de programme à plus long terme. Des NIP sont aussi diffusées après l'examen par le Conseil de questions de politique générale, sauf s'il en décide autrement dans un cas précis.

Le 28 septembre 2007, le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l'article IV avec la République Centrafricaine (RCA)1.

Informations générales

Durant ces dernières décennies, les tensions politiques et les conflits armés ont porté atteinte à la stabilité intérieure de la RCA, entraînant un ralentissement de la croissance et une détérioration des niveaux de vie. L'économie a été frappée par des chocs exogènes, sécheresses et instabilité régionale notamment, et par un déclin persistant des termes de l'échange qui a provoqué une diminution en volume du commerce extérieur. Un coup d'État en 2003, suivi par des élections en 2005, a marqué la fin du conflit généralisé et le début d'un redressement économique et institutionnel.

Cependant, une récente amélioration de la situation politique et sociale et des politiques économiques a jeté les bases solides d'une reprise. Dans ce contexte, le réengagement de la communauté financière internationale a aidé à obtenir une assistance technique visant à renforcer les capacités, mais l'aide extérieure est imprévisible et insuffisante.

Pour sa part, le FMI a fourni une assistance au titre de l'aide d'urgence post-conflit (EPCA) en juillet 2004 et en janvier 2006 et a approuvé un accord triennal au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) en décembre 2006. En mars 2007, le Conseil d'administration a par ailleurs estimé que la RCA était admissible à un allégement de dette au titre de l'Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Une fois qu'elle aura atteint le point d'achèvement PPTE, la RCA pourra bénéficier de l'initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM).

Le taux de croissance du PIB réel a été de 4,1 % en 2006, contre 1,3 % en 2004 au sortir du conflit. La consommation et l'investissement privés ont repris, au même titre que les exportations de diamants et de bois, et, pour la première fois depuis de nombreuses années, l'agriculture a apporté une contribution modeste à la croissance. Bien qu'elle ait été relativement élevée en 2006, l'inflation a récemment marqué un repli (1,6 % en glissement annuel à la fin juin 2007), grâce à la modération des prix des denrées alimentaires. Sous l'effet de la forte croissance des exportations et de l'augmentation des transferts officiels liée au récent apurement des arriérés extérieurs, le déficit extérieur courant a considérablement diminué, passant d'environ 6½ % du PIB en 2005 à 2,7 % l'an dernier.

La position budgétaire s'est améliorée ces dernières années du fait d'une maîtrise rigoureuse des dépenses et des efforts déployés par les autorités pour mobiliser davantage de recettes intérieures. Sur le front des dépenses, un renforcement de la gestion des dépenses publiques et une diminution de la masse salariale de la fonction publique ont permis d'augmenter les dépenses prioritaires visant à promouvoir la croissance et à réduire la pauvreté. Dans l'intervalle, une réforme de l'administration fiscale et douanière et certaines nouvelles mesures fiscales ont contribué à une hausse du ratio de recettes fiscales qui, toutefois, reste bas par rapport à celui d'autres pays à faible revenu. Sous l'effet de ces facteurs, le solde budgétaire global (hors dons) est revenu de 8½ % environ du PIB en 2005 à 4,7 % en 2006; par ailleurs, il devrait, selon les projections, continuer de se consolider au cours du présent exercice.

Les réformes structurelles progressent. Parallèlement aux efforts visant à améliorer la gestion des dépenses publiques et la mobilisation des recettes, les autorités ont pris des mesures pour renforcer la gouvernance et la transparence, s'attaquer à la criminalité commerciale et financière et développer le secteur privé en modifiant la réglementation des secteurs forestier et minier et en appliquant le cadre juridique préconisé par Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les administrateurs ont félicité les autorités pour leurs récents efforts en vue de consolider la paix et la sécurité et de poursuivre la stabilisation macroéconomique et les réformes structurelles. Malgré une situation difficile, les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FRPC ont en général été satisfaisants, ce qui montre que les autorités sont déterminées à passer d'une économie post-conflit à un redressement durable. Ces efforts commencent à porter leurs fruits : la reprise s'est consolidée et la base de la croissance élargie. Cependant, des problèmes de taille demeurent, y compris une pauvreté généralisée, une vulnérabilité aux chocs et des contraintes de sécurité et de capacités. Les administrateurs ont fait valoir que, dans l'avenir, les autorités devaient surtout s'employer à accélérer la croissance et à rendre l'économie plus robuste, le secteur privé jouant par ailleurs un rôle de plus en plus important.

Les administrateurs ont constaté avec satisfaction que la croissance du PIB réel a récemment atteint son taux le plus élevé en une décennie et que l'inflation a ralenti, ce qui est de bon augure pour la lutte des autorités contre la pauvreté. Ils ont noté que les problèmes de coordination des bailleurs de fonds, qui ont été à l'origine de retards dans les décaissements d'aide, sont en cours d'examen et ils ont salué le réengagement de la communauté internationale en République Centrafricaine. Ils ont insisté sur l'importance de continuer d'obtenir une aide financière à des conditions très concessionnelles, parallèlement à une assistance technique permettant de renforcer les capacités, afin de soutenir la ferme résolution des autorités d'atteindre leurs objectifs.

Les administrateurs sont tombés d'accord sur la nécessité de poursuivre la consolidation des finances publiques afin de réduire le surendettement intérieur et d'accélérer les efforts visant à mobiliser davantage de recettes intérieures, compte tenu en particulier du volume très faible des recettes fiscales. Bien que le niveau des services sociaux prévu au budget soit réduit au minimum, une gestion prudente des finances publiques s'impose pour régler les arriérés de paiements intérieurs et ne pas en accumuler d'autres, car ce problème a fortement alimenté le mécontentement social par le passé. Les administrateurs sont conscients des efforts que déploient les autorités pour réformer l'administration fiscale et douanière, mais ils les ont encouragées à élargir la base d'imposition, en éliminant les exemptions, en fiscalisant davantage le secteur informel et en renforçant la fiscalité des secteurs minier et forestier. Il sera crucial d'améliorer la gestion des ressources naturelles, ainsi que la transparence en ce qui concerne les recettes tirées de ces ressources.

Les administrateurs ont pris note de ce que les autorités souhaitent recourir au marché financier régional pour améliorer la viabilité de la dette en refinançant la dette bancaire intérieure à des conditions plus favorables. Tout en reconnaissant les avantages potentiels d'une opération de refinancement de cette nature, ils ont pour la plupart mis les autorités en garde contre l'émission d'obligations à des conditions commerciales pour financer une augmentation des dépenses, compte tenu des efforts qu'elles déploient pour parvenir à la viabilité de la dette.

Les administrateurs ont donné leur aval au programme de réformes structurelles des autorités, qui devrait renforcer la viabilité extérieure du pays et accélérer la croissance grâce au développement du secteur privé. Dans ce contexte, ils ont insisté sur l'importance de réduire le coût de la pratique des affaires, ainsi que de renforcer la gouvernance et de lutter contre la corruption, et de mettre à jour la législation dans des secteurs clés comme ceux de la forêt et des mines afin d'attirer les investissements.

En outre, les administrateurs ont souligné la nécessité d'accélérer les réformes structurelles afin d'améliorer la compétitivité internationale du pays, ce qui est capital compte tenu du régime de change fixe de la CEMAC. Dans ce contexte, ils ont accueilli avec satisfaction l'intention des autorités d'intensifier l'intégration régionale, de concert avec leurs partenaires de la CEMAC, par l'intermédiaire de la libre circulation des personnes et des biens, de l'élimination des obstacles non tarifaires au commerce et de la modernisation des infrastructures de la région. Les administrateurs ont par ailleurs encouragé les pays a continué de s'intégrer à l'économie mondiale au moyen d'une plus grande libéralisation des échanges, tout en s'employant à diversifier son économie.

Les administrateurs ont estimé d'un commun accord que la République Centrafricaine avait rempli les conditions requises pour atteindre le point de décision de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), devenant ainsi admissible à un allégement de dette au titre de cette initiative. Ils ont salué les progrès accomplis dans les discussions entre les autorités et les créanciers bilatéraux ou commerciaux, y compris ceux du Club de Paris, et invité instamment tous les créanciers à participer pleinement aux efforts d'allégement de la dette. Ils ont fait observer que la République Centrafricaine pouvait atteindre le point d'achèvement flottant après une année au moins d'exécution de sa stratégie de lutte contre la pauvreté (dont la version définitive doit bientôt être mise au point), des résultats constamment satisfaisants dans le cadre de l'accord FRPC et la réalisation des autres déclencheurs relatifs au point d'achèvement PPTE. Les administrateurs ont souscrit au contenu et à la portée des déclencheurs et exhorté les autorités à les réaliser dès que possible.


République Centrafricaine—Indicateurs économiques, 2004-07
 
  2004 2005 2006 2007 (Proj.)
 
 

(Variation annuelle en %, sauf indication contraire)

Revenu national et prix

       

PIB en prix constants du marché

1.3 2.2 4.1 4.0

PIB aux prix courants

-0.6 4.7 8.0 6.6

Déflateur du PIB

-1.9 2.4 3.8 2.5

Prix à la consommation

-2.2 2.9 6.7 3.0

Opérations financières de l'État

       

Recettes totales et dons

23.1 12.2 87.2 -20.2

Dépenses totales

9.2 28.9 -8.8 0.8

Monnaie et crédit

       

Avoirs intérieurs nets

12.0 10.4 6.0 3.0

Crédit intérieur

13.6 9.8 7.5 1.9

Monnaie au sens large

14.2 16.5 -4.2 9.2

Secteur extérieur

       

Exportations, f.à.b. (dollars EU)

-0.5 1.5 22.8 18.3

Importations, f.à.b. (dollars EU)

17.0 8.9 18.3 7.1

Termes de l'échange

-7.7 2.8 0.4 -0.5

Taux de change effectif nominal

1.7 -0.2 0.2 ...

Taux de change effectif réel

-0.9 0.7 4.1 ...
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Épargne nationale brute

4.4 2.3 6.2 4.9

Épargne intérieure brute

0.1 0.2 1.1 2.2

Consommation

99.9 99.8 98.9 97.8

Investissement brut

6.1 8.8 8.8 9.1

Transferts courants et revenu des facteurs (net)

4.3 2.1 5.1 2.7

Solde extérieur courant

-1.7 -6.5 -2.7 -4.1

Balance globale des paiements

-2.8 -1.1 3.0 -0.3

Réserves extérieures officielles brutes

       

(en millions de dollars EU, fin de période)

148.4 147.1 129.9 135.1

(en mois d'importations, f.à.b.)

11.2 10.6 7.3 7.4

Opérations financières de l'administration centrale

       

Recettes totales et dons

11.4 12.2 21.1 15.8

Dépenses totales

-13.5 -16.7 -14.1 -13.3

Solde global (base engagements)

       

Hors dons

-5.5 -8.5 -4.7 -2.7

Dons compris

-2.2 -4.5 7.0 2.5

Valeur actualisée nette de la dette extérieure contractée ou garantie par l'État

... ... 350.0 294.7

Dette publique intérieure

... ... 22.6 19.3

PIB nominal (milliards de francs CFA)

690.6 723.0 781.0 832.5

Taux de change (moyen - FCFA pour 1 dollar EU)

528.3 527.5 522.9 ...
 

Sources : autorités centrafricaines; estimations et projections des services du FMI.

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des renseignements économiques et financiers et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.



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