Le Conseil d'administration du FMI conclut les consultations de 2007 au titre de l'article IV avec le Maroc

Note d'information au public (NIP) n°07/98
Le 9 août 2007

Les notes d'information au public (NIP) font partie des efforts déployés par le FMI pour promouvoir la transparence de ses vues et de son analyse de l'évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées, avec le consentement du ou des pays concernés, après examen par le Conseil d'administration des consultations au titre de l'article IV avec les pays membres, de la surveillance de l'évolution régionale, du suivi post-programme et des évaluations a posteriori des programmes appliqués par les pays membres nécessitant un engagement à plus long terme. Les NIP sont diffusées aussi après examen par le Conseil d'administration de questions de politique générale, sauf dans les cas particuliers où le Conseil en décide autrement.

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 3 août 2007, les consultations au titre de l'article IV avec le Maroc1.

Informations générales

Les conditions macroéconomiques restent solides. Depuis 2001, la croissance moyenne atteint 5,4% par an, soit 3,4 points de plus que dans les années 90, ce qui reflète la diversification en cours du secteur non agricole et sa résistance accrue aux chocs. En conséquence, le revenu réel par habitant est en progression et le chômage a commencé à baisser. L'impact des mauvaises campagnes agricoles se fait toutefois encore sentir sur les résultats économiques globaux, comme l'illustre le ralentissement de la croissance en 2007.

En 2007, le compte des transactions courantes devrait être excédentaire pour la septième année consécutive grâce aux recettes importantes dégagées par les envois de fonds des Marocains résidents à l'étranger et le tourisme. L'augmentation des investissements directs étrangers contribue aussi au renforcement des réserves, qui atteignaient 21 milliards de dollars fin mai 2007, soit un chiffre nettement supérieur au stock de la dette extérieure publique. En dépit des bons résultats à l'exportation enregistrés en 2006, les échanges de biens et de services demeurent déficitaires. Rien n'indique qu'il y ait désalignement du taux de change du dirham.

L'inflation a augmenté pour atteindre 3,3 % en 2006, sous l'effet conjugué d'une demande intérieure vigoureuse et d'une forte croissance de la masse monétaire; elle a ralenti dans les premiers mois de 2007 après le resserrement en deux temps de la politique monétaire opéré en 2006, ce qui laisse aussi penser que la décélération de la croissance globale pourrait atténuer les pressions de la demande intérieure. Cependant, la croissance de la masse monétaire se poursuit à un rythme soutenu, tirée par la reprise du crédit à l'économie et des entrées de capitaux extérieurs, et les prix des actifs sont en hausse. Dans ces conditions, l'orientation prudente donnée à la politique monétaire par la banque centrale reste appropriée.

La situation des finances publiques s'est renforcée. Le déficit budgétaire a été de 2,1 % du PIB en 2006 et devrait rester inférieur à 3% à moyen terme. Ces bons résultats sont imputables à la fois au très bon comportement des recettes au titre des principaux impôts, qui s'explique par l'élargissement de leur assiette et le renforcement de l'administration fiscale, ainsi qu'aux efforts déployés par les autorités pour s'attaquer aux principales sources de rigidité budgétaire, y compris la masse salariale.

Avec la diminution des créances en souffrance et l'augmentation du provisionnement, les facteurs de vulnérabilité du secteur financier se sont atténués. La progression récente du crédit au secteur privé montre que les efforts consentis par les autorités pour développer l'intermédiation financière portent leurs fruits. D'importants progrès ont aussi été accomplis dans le domaine de la supervision du secteur financier. Les banques devront en particulier respecter les normes prudentielles de Bâle II à partir de juin 2007.

Les autorités entendent continuer à publier tous les documents relatifs aux consultations de l'article IV.

Évaluation du Conseil d'administration

Les administrateurs souscrivent aux grandes lignes du rapport des services du FMI. Ils saluent les progrès économiques remarquables accomplis par le Maroc ces dernières années, qui témoignent des effets bénéfiques de réformes structurelles entreprises dans de nombreux domaines. Le PIB s'est engagé sur une trajectoire de croissance plus élevée, l'inflation a été contenue, les investissements directs étrangers ont augmenté et la pauvreté a très sensiblement diminué, de même que le chômage. Les administrateurs estiment que, dans la période à venir, il faudra que le Maroc confirme et améliore si possible ses solides performances économiques pour rapprocher son revenu par habitant de celui des pays émergents de l'OCDE et réduire davantage le chômage et la pauvreté.

Les administrateurs estiment que la politique économique menée actuellement par le Maroc est appropriée et notent que l'inflation a ralenti au cours du premier semestre de 2007. Des risques pèsent cependant sur l'évolution future de l'inflation, et la banque centrale devra rester vigilante. En particulier, la croissance rapide du crédit au secteur privé, l'augmentation des investissements directs étrangers et l'envolée des prix des actifs pourraient compenser l'effet modérateur que les mauvaises récoltes de cette année ont eu sur la demande intérieure et l'inflation. Toute résurgence des tensions inflationnistes justifierait un nouveau resserrement de la politique monétaire.

Les administrateurs félicitent les autorités de l'amélioration récente de la situation budgétaire, qui a joué un rôle essentiel pour étayer la confiance du secteur privé. Il est important que la politique budgétaire reste axée sur le rééquilibrage des finances publiques à moyen terme. Les administrateurs encouragent les autorités à persévérer dans l'application de cette stratégie, et quelques uns d'entre eux observent que le rééquilibrage des finances publiques pourrait être plus ambitieux car la conjoncture actuelle est favorable. La réduction de la masse salariale du secteur public, la réforme du système de subvention des produits pétroliers et des denrées alimentaires et l'accélération de la réforme fiscale seront cruciales pour rapprocher le ratio dette de l'État /PIB de la moyenne des pays émergents de l'OCDE.

Les administrateurs notent avec satisfaction que la stabilité du secteur financier s'est améliorée. Ils se félicitent que la banque centrale ait décidé que les établissements de crédit devront respecter les normes prudentielles de Bâle II à partir de juin 2007.

Les administrateurs estiment que la politique de change du Maroc est compatible avec la stabilité extérieure, et que rien ne semble indiquer qu'il y ait désalignement du dirham. Ils appuient la stratégie d'ouverture progressive du compte de capital adoptée par les autorités et les mesures de libéralisation des mouvements de capitaux annoncées récemment, et se félicitent que les autorités aient demandé au FMI une assistance technique dans ce domaine. Les administrateurs saluent les efforts déployés par la banque centrale pour améliorer ses capacités opérationnelles et ses moyens de prévision en vue d'adopter un dispositif de ciblage de l'inflation.

Les administrateurs se réjouissent des progrès accomplis dans la libéralisation du commerce bilatéral et régional. Il sera important de progresser encore dans la libéralisation du commerce multilatéral pour réduire au minimum les risques de détournement des courants d'échanges.

Il est prévu que les prochaines consultations au titre de l'article IV avec le Maroc se tiennent selon le cycle habituel de 12 mois.


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Tableau 1. Principaux indicateurs économiques, 2002-08 1/
(Quote-part : 588,20 millions de DTS)
(Population : 30,4 millions; 2006)
(PIB par habitant : 2.165; 2006)
(Taux de pauvreté : 15%; 2004)
(Principales exportations : textiles, phosphates; 2006)
 
          2006 2007 2008
  2002 2003 2004 2005 Prél. Proj. Proj.
 

 

         

 

 

 

 

 

 

 

     
  (Variation annuelle en pourcentage)

Production et prix

             

PIB réel

3.3 6.1 5.2 2.4 8.0 2.5 5.9

PIB réel non agricole

2.8 4.3 4.7 4.8 5.2 5.5 5.7

Prix à la consommation (fin de période)

1.4 1.8 0.5 2.1 3.2 2.5 2.0

Prix à la consommation (moyenne pour la période)

2.8 1.2 1.5 1.0 3.3 2.5 2.0
               
  (En pourcentage du PIB)

Investissement et épargne

             

Formation brute de capital

25.9 27.5 28.7 30.3 28.7 30.3 29.7

Dont : hors État

23.2 24.8 26.1 27.8 26.1 27.7 27.1
               

Épargne nationale brute

29.6 30.7 30.5 32.6 32.1 32.1 31.3

Dont : hors État

28.0 29.6 28.9 33.0 28.4 28.8 27.5
               
  (En pourcentage du PIB)

Finances publiques

             

Recettes

22.4 21.8 22.8 24.4 25.7 24.6 24.2

Dont : dons

0.3 0.1 0.3 0.5 0.4 0.4 0.3

Dépenses 2/

26.6 26.5 27.0 29.9 27.6 26.9 26.5

Solde budgétaire (base engagements et dons exclus) 3/

-4.2 -4.4 -4.1 -5.2 -2.1 -2.5 -2.4

Solde primaire (dons inclus) 3/

0.0 -0.7 -0.3 -1.4 1.6 1.1 1.1

Dette totale de l'État 4/

64.9 62.0 59.9 63.7 58.2 58.0 55.6
               
  (Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Secteur monétaire

             

Crédit au secteur privé

3.8 8.3 7.2 13.1 17.0 12.8 ...

Monnaie centrale

5.0 13.6 12.1 9.2 16.3 12.4 ...

Monnaie au sens large

6.3 8.6 7.7 14.0 17.2 12.4 ...

Vitesse de circulation de la monnaie au sens large (niveau)

1.3 1.3 1.2 1.1 1.1 1.0 ...

Taux des bons du Trésor à trois mois (moyenne pour la période, en %)

3.0 3.3 2.5 2.5 2.6 ... ...
               
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Secteur extérieur

             

Exportations de biens (en $EU, variation en %)

9.8 11.8 13.1 13.0 13.4 13.6 10.5

Importations de biens (en $EU, variation en pourcentage)

7.2 20.1 25.2 16.7 13.7 17.7 9.7

Balance commerciale des marchandises

-7.6 -8.7 -11.5 -13.5 -13.8 -15.4 -15.4

Solde des transactions courantes, transferts officiels exclus

3.4 3.0 1.5 2.0 3.0 1.4 1.3

Solde des transactions courantes, transferts officiels inclus

3.6 3.2 1.7 2.4 3.4 1.8 1.5

Investissements directs étrangers

1.1 4.6 1.5 2.6 3.6 4.0 3.9

Dette extérieure totale

35.8 30.8 27.3 25.4 23.3 22.0 20.1

Réserves brutes (en millions de $ EU)

10,009 13,716 16,298 16,080 19,977 23,616 26,118

En mois d'importations de biens et de services de l'année suivante

7.5 8.3 8.5 7.4 7.8 8.4 8.4

En pourcentage de la dette extérieure à court terme (base échéance résiduelle)

362.5 576.3 800.8 919.8 908.2 1,139.2 1,649.0
               

Pour mémoire :

             

PIB nominal (en milliards de dollars EU)

40.5 49.8 56.4 59.0 65.4 72.5 79.1

Taux de chômage (en %)

11.6 11.4 10.8 11.1 9.7 ... ...

Importations nettes de produits pétroliers (en millions $EU)

1,167.0 963.2 1,639.5 2,701.3 2,861.9 3,122.4 3,636.6

Monnaie locale pour un dollar EU (moyenne pour la période)

11.0 9.6 8.9 8.9 8.8 ... ...

Taux de change effectif réel (moyenne annuelle, variation en %)

-0.3 -1.0 -1.2 -1.8 1.2 ... ...

 

 

 

 

 

   

 

 

Sources: Autorités marocaines et estimations et projections des services du FMI.

               

1/ Reflète les données révisées des comptes nationaux.

2/ Fonds Hassan II exclu.

3/ Fonds Hassan II exclu et solde des comptes spéciaux du Trésor inclus.

4/ Exclut la position nette auprès de la banque centrale, en dehors des avances statutaires. Les projections reposent sur le solde,

Fonds Hassan II exclu. Les séries chronologiques de la dette ont été révisées à la hausse pour refléter l'inclusion de passifs de vingt ans envers la banque centrale (1% du PIB de 2006).

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.



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