Washington, DC:
Aujourd’hui, le conseil d’administration du FMI a achevé la deuxième revue
de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) approuvé le 21
janvier 2022 en faveur de la République du Congo (voir le
communiqué de presse n° 22/11
), pour un montant de 324,0 millions de DTS. L’achèvement de cette revue
permet le décaissement immédiat de 64,80 millions de DTS (environ 87
millions de dollars). Ce financement du FMI aidera les autorités à
poursuivre la mise en œuvre de leurs politiques de développement, à
préserver la stabilité macroéconomique et à renforcer la reprise
économique, dans un contexte d’inflation alimentaire élevée et
d’incertitude au niveau mondial.
Les réformes structurelles initiées par les autorités progressent, en
particulier dans les domaines de la passation des marchés, de la gestion
des finances publiques et de la dette, et eu égard à la publication d’un
décret en matière de conflits d’intérêts. Cependant, quatre critères de
réalisation sur cinq liés à la situation budgétaire et à la dette n’ont pas
été atteints, certains de manière considérable, mais des mesures
correctives ont été prises pour y remédier.
La reprise économique devrait se renforcer en 2023, soutenue par une
amélioration de la production pétrolière et des dépenses publiques de
développement. À moyen terme, le rôle du secteur privé non pétrolier
devrait croître, parallèlement aux niveaux d’emploi et de revenu.
L’inflation alimentaire devrait ralentir pour se rapprocher des objectifs
de la CEMAC, à mesure que les prix mondiaux des denrées alimentaires
baissent. Les principaux risques pesant sur ces perspectives proviennent de
la baisse des prix et de la production de pétrole et de la faible mise en
œuvre des réformes.
La politique budgétaire mettra l’accent sur la réduction des fragilités,
tout en préservant la viabilité de la dette. La baisse des subventions aux
carburants, qui va de pair avec une déréglementation progressive des prix
des carburants, dégagera des ressources financières qui permettront
d’accélérer les dépenses de développement et le paiement des arriérés
intérieurs, tout en accordant des aides sociales ciblées en faveur des plus
vulnérables. En parallèle, l’assainissement des finances publiques sera
soutenu par la mobilisation des recettes, y compris la réduction des
exonérations octroyées aux entreprises publiques du secteur pétrolier.
Sur la base des avancées récentes, une mise en œuvre soutenue des réformes
structurelles est nécessaire. Une meilleure gestion des finances publiques,
en particulier des investissements et des marchés publics, facilitera des
dépenses de développement plus importantes, plus efficaces et de meilleure
qualité. Accompagnées d’une meilleure gestion de la dette, ces réformes
permettront également de mettre un terme à l’accumulation d’arriérés de
paiement envers des créanciers intérieurs et extérieurs. Des reformes plus
larges en matière de gouvernance, englobant la lutte contre la corruption
et promouvant la transparence, seront également essentielles pour améliorer
le climat des affaires.
Les politiques menées dans le cadre de ce programme appuyé par la FEC
continueront de contribuer à réduire les fragilités du pays et à placer la
République du Congo sur la voie d’une croissance plus forte, plus
résiliente et plus inclusive. Ce programme contribuera aussi à l’effort
régional visant à préserver la stabilité extérieure de la Communauté
économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
À l’issue de la réunion du conseil d’administration, M. Bo Li, directeur
général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante :
« La reprise économique de la République du Congo s’est renforcée, en dépit
des risques substantiels qui subsistent dans un contexte mondial incertain
et les retombées de la guerre que la Russie en Ukraine, qui ont aggravé
l’insécurité alimentaire déjà élevée du Congo. L’activité économique est
soutenue par les cours mondiaux du pétrole toujours élevés et par
l’augmentation de la production pétrolière, ainsi que par les dépenses
publiques consacrées aux infrastructures et à l’aide sociale, le paiement
des arriérés intérieurs et la mise en œuvre progressive des réformes.
L’inflation devrait ralentir, reflétant l’évolution des prix internationaux
des produits alimentaires et le durcissement de la politique monétaire
régionale. Parmi les principaux risques pesant sur ces perspectives
figurent l’intensification des retombées de la guerre en Ukraine, les chocs
climatiques, la baisse de la production et des prix du pétrole, et une
faible mise en œuvre des réformes.
« Des progrès satisfaisants ont été accomplis dans la mise en œuvre des
réformes structurelles, mais la performance quantitative du programme s’est
affaiblie. Les critères de réalisation à fin juin relatifs au solde
primaire hors pétrole et au financement intérieur net n’ont pas été
respectés, en raison de l’augmentation des subventions aux carburants qui
n’a pas été compensée par le paiement des dividendes liés au pétrole. Le
critère de réalisation relatif au plafond zéro sur de nouvelle dette
extérieure non concessionnelle a également été largement dépassé car, dans
le cadre du processus de régularisation des arriérés, la dette en monnaie
locale a été convertie en dollars américains. Cependant, des mesures
correctives rigoureuses, notamment pour réduire les subventions aux
carburants, ont été prises récemment. La bonne mise en œuvre du programme
durant la période à venir reste cruciale pour assurer la résilience
économique et soutenir les objectifs sociaux et de développement du pays.
« Les autorités restent déterminées à poursuivre une croissance plus forte,
plus résiliente et plus inclusive, tout en préservant la stabilité
macroéconomique et la viabilité de la dette. À cette fin, les autorités
devront consolider la position budgétaire hors pétrole tout en augmentant
les dépenses de développement. Les principales mesures devraient porter sur
l’élargissement de l’assiette fiscale, le recouvrement des arriérés
d’impôts et la réduction des subventions aux carburants, conformément à la
déréglementation progressive des prix des carburants, associée à
l’augmentation des aides sociales destinées aux populations vulnérables. Le
renforcement de la gestion des finances publiques et de la dette sera
essentiel pour accroître l’efficacité des dépenses publiques, notamment
pour combler les importantes lacunes en matière d’infrastructures et
assurer la viabilité de la dette.
« L’indispensable diversification économique, fondée sur l’investissement
privé, dépendra de l’approfondissement des réformes structurelles, en
particulier l’opérationnalisation du nouveau dispositif de lutte contre la
corruption, le renforcement de la gouvernance et de la transparence, la
résolution des lacunes du cadre de LBC/FT, l’amélioration de l’inclusion
financière et l’accélération des réformes des entreprises publiques et du
secteur de l’énergie. »