La flambée des prix de l’énergie risque de durer jusqu’à l’an prochain
IMF Blog, October 21, 2021
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- La flambée des prix de l’énergie risque de durer jusqu’à l’an prochain
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- Authors: Andrea Pescatori, Martin Stuermer, Nico Valckx
- Published: October 21, 2021
Contexte et évolution récente des prix
- Les cours au comptant du gaz naturel ont plus que quadruplé pour atteindre des niveaux records en Europe et en Asie.
- Les cours du Brent ont récemment atteint "plus de 85 dollars le baril", leur niveau le plus élevé depuis sept ans.
- Le charbon enregistre une forte demande et a vu ses prix monter "vers leur niveau le plus élevé depuis 2001".
- Les poussées de prix du gaz naturel sont décrites comme persistantes, d’ampleur mondiale et "uniques" par rapport aux phénomènes saisonniers et localisés habituels.
Facteurs d’offre et de demande à l’origine du choc
- Effondrement initial de la demande au début de la pandémie qui a entraîné une baisse drastique des investissements dans le secteur de l’énergie.
- Rebond rapide de la consommation de gaz naturel, stimulée par la production industrielle (environ 20 % de la consommation finale).
- Approvisionnement lent à réagir aux signaux de prix en raison de:
- pénuries de main-d’œuvre;
- accumulation de retards liés à l’entretien des installations;
- allongement des délais pour les nouveaux projets;
- faible intérêt des investisseurs pour les acteurs des combustibles fossiles.
- Production de gaz naturel en baisse par rapport aux niveaux d’avant la crise: États-Unis, Pays-Bas, Norvège; Russie a diminué ses expéditions vers l’Europe.
- Conditions météorologiques exacerbant la demande: hiver rude et été chaud dans l’hémisphère Nord (chauffage, climatisation).
- Baisse de la production d’énergie renouvelable due à des sécheresses aux États-Unis et au Brésil (hydroélectricité) et à une production éolienne inférieure à la moyenne en Europe du Nord.
Problèmes spécifiques au charbon
- Le charbon compense des pénuries de gaz mais subit lui aussi des perturbations d’approvisionnement (facteurs logistiques et météorologiques entre l’Australie et l’Afrique du Sud).
- Baisse de la production en Chine liée aux objectifs d’émissions favorisant renouvelables et gaz.
- Stocks de charbon en Chine tombés "à des niveaux records", augmentant le risque de pénuries pour les centrales électriques cet hiver.
- Stocks de gaz naturel en Europe "au-dessous de leurs niveaux moyens à l’approche de l’hiver", accentuant le risque de nouvelles hausses de prix.
Impacts sur l’inflation et la croissance mondiale
- Le charbon et le gaz naturel pèsent moins sur les prix à la consommation que le pétrole en raison de réglementations et de rigidités tarifaires des factures de gaz et d’électricité des ménages.
- Secteur industriel touché: hausse des prix du gaz problématique pour les entreprises utilisant ce combustible pour fabriquer des produits chimiques ou des engrais.
- Interaction avec d’autres facteurs: perturbations des chaînes d’approvisionnement, hausse des prix des denrées alimentaires, raffermissement de la demande.
- Si les prix de l’énergie restent à leurs niveaux actuels:
- la valeur de la production mondiale de combustibles fossiles passerait de 4,1 % du PIB (d’après les prévisions de juillet) à 4,7 % pour cette année;
- l’an prochain, cette part pourrait atteindre 4,8 %, par rapport aux 3,75 % projetés en juillet.
- Hypothèse: si la hausse des coûts du pétrole, du gaz et du charbon tient pour moitié à un approvisionnement restreint, cela représenterait:
- une baisse de la croissance économique mondiale de l’ordre de 0,3 point de pourcentage cette année;
- et d’environ 0,5 point de pourcentage l’an prochain.
Scénario de retournement attendu
- Estimation: les prix du gaz naturel devraient revenir à la normale "d’ici au deuxième trimestre", lorsque la fin de l’hiver en Europe et en Asie atténuera les tensions saisonnières.
- Les prix du charbon et du pétrole brut devraient également baisser selon les mêmes estimations et indicateurs des marchés à terme.
- L’incertitude reste élevée: "de petits chocs sur la demande pourraient déclencher de nouvelles flambées des prix."
Recommandations de politique publique et monétaire
- Banques centrales:
- Faire abstraction des pressions sur les prix provoquées par des chocs temporaires sur l’approvisionnement;
- Se tenir prêtes à agir plus vite, "notamment celles aux cadres monétaires plus fragiles", si des risques de désancrage des anticipations d’inflation se concrétisent.
- Pouvoirs publics:
- Prendre des mesures destinées à éviter les coupures d’électricité, car certains acteurs du secteur pourront réduire leur production si elle devient non rentable.
- Prévenir les pannes d’électricité, en particulier en Chine, pour limiter la détérioration de l’activité dans la chimie, la sidérurgie et l’industrie manufacturière, et éviter d’aggraver les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
- Atténuer les répercussions du choc sur les ménages vulnérables par des aides en faveur des ménages à faible revenu, compte tenu du caractère dégressif de l’augmentation des factures d’eau, d’électricité et de gaz.
Source: La flambée des prix de l’énergie risque de durer jusqu’à l’an prochain (FMI).