Comment l’Afrique peut relever les nouveaux défis de la politique monétaire
IMF Blog, April 4, 2022
Source details
- Canonical URL
- Comment l’Afrique peut relever les nouveaux défis de la politique monétaire
Other formats
Bibliographic details
- Authors: Tobias Adrian, Gaston Gelos, David Hofman
- Published: April 4, 2022
Contexte et enjeux
- Publication : le 4 avril 2022
- Auteurs : Tobias Adrian, Gaston Gelos, David Hofman
- Constat principal : Les pays d’Afrique subsaharienne font face à des défis monétaires importants après la pandémie, avec une production attendue cette année inférieure à sa tendance d’avant la crise.
- Autres pressions contemporaines :
- Hausse de l’inflation dans plusieurs pays de la région.
- Domination de la politique budgétaire dans certains cas liée à l’endettement public élevé.
- Risque de sorties de capitaux à mesure que les principales banques centrales des pays avancés mettront fin aux mesures de relance et relèveront les taux d’intérêt.
- Répercussions du conflit en Ukraine, notamment la forte hausse des prix énergétiques et alimentaires, susceptibles d’aggraver les difficultés.
Considérations sur la politique de change
- Recommandation générale : Les pays avec un régime de change dirigé ou flottant ont généralement intérêt à laisser les monnaies s’ajuster tout en axant leur politique monétaire sur des objectifs intérieurs.
- Facteurs limitant les avantages d’un taux de change entièrement flexible dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne :
- Fixation des prix dans la monnaie dominante (avec des prix à l’exportation rigides en dollar des États-Unis) réduisant les avantages du rééquilibrage externe lié aux taux de change flexibles.
- Marchés peu développés / peu liquides amplifiant les fluctuations et provoquant une volatilité excessive ; preuve par les vastes écarts entre les cours acheteurs et les cours vendeurs.
- Passifs importants libellés en monnaie étrangère entraînant des déséquilibres de bilan : une dépréciation du taux de change peut compromettre la santé financière des entreprises et des ménages.
- Manque de crédibilité des banques centrales : les fluctuations du taux de change peuvent avoir davantage d’effet sur l’inflation.
- Répercussion du taux de change plus forte dans les pays à faible revenu, qui sont souvent très dépendants des importations de produits alimentaires et énergétiques.
- Conséquence : Ces facteurs peuvent faire évoluer la production et l’inflation dans des directions opposées après un choc, aggravant les arbitrages pour les décideurs.
Mesures recommandées à moyen et long terme
- Réduire les facteurs de vulnérabilité au fil du temps :
- Diminuer les asymétries de bilan.
- Développer les marchés monétaires et des changes.
- Limiter la transmission du taux de change en renforçant la crédibilité de la politique monétaire.
- Rôle du FMI : Fournir une assistance technique dans nombre de ces domaines.
Outils à court terme et arbitrages
- Outils additionnels possibles lorsque les vulnérabilités restent élevées et que les réserves sont adéquates :
- Interventions sur le marché des changes.
- Politiques macroprudentielles.
- Mesures de flux de capitaux.
- Effets potentiels selon les simulations du cadre stratégique intégré du FMI :
- Face à un fort durcissement des conditions financières mondiales ou à un autre choc financier exogène négatif, un pays vulnérable peut améliorer ses résultats économiques immédiats en recourant à des interventions sur le marché des changes pour réduire la dépréciation du taux de change.
- Résultats attendus : limitation des effets inflationnistes, réduction des conséquences négatives sur le bilan, augmentation de la production et baisse de l’inflation par rapport au scénario sans cet instrument.
- Coûts et risques à prendre en compte :
- Diminution des incitations à développer le marché et pour le secteur privé à bien gérer les risques.
- Difficulté de communication et de justification de l’utilisation simultanée de multiples outils dans un cadre complexe.
- Exposition accrue des banques centrales à des pressions politiques.
- Risques pour la transparence et la crédibilité des banques centrales, en particulier si les cadres stratégiques ne sont pas bien établis.
- Recommandation transversale : Peser soigneusement les avantages à court terme de l’utilisation conjointe de plusieurs outils avec leurs coûts potentiels à long terme.
Informations sur les auteurs et le cadre
- Tobias Adrian : conseiller financier et directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI ; antécédents professionnels et universitaires précisés.
- Gaston Gelos : sous-directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI ; dirige la division des politiques monétaires et macroprudentielles.
- David Hofman : chef adjoint de la division des politiques monétaires et macroprudentielles ; a participé à l’élaboration du cadre stratégique intégré du FMI.
- Contexte institutionnel : IMFBlog est un espace d’échange ; le FMI est une organisation composée de 191 pays membres.
Source : Article « Comment l’Afrique peut relever les nouveaux défis de la politique monétaire », le 4 avril 2022, Tobias Adrian, Gaston Gelos et David Hofman.