Washington. Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a
approuvé aujourd’hui en faveur du Togo un accord de 42 mois au titre de la
facilité élargie de crédit
, pour un montant de 293,60 millions de DTS ou environ 390 millions de
dollars (200 % de la quote-part du pays), avec un décaissement immédiat de
51,380 millions de DTS (68,3 millions de dollars environ).
Après une série de chocs survenus ces dernières années, le Togo continue de
rencontrer des difficultés : accès restreint aux financements à la suite du
resserrement de la politique monétaire des pays avancés, problèmes
d’insécurité à la frontière nord, et insécurité alimentaire persistante et
aggravée par le changement climatique. Les déficits budgétaires et la
dette ont augmenté, ce qui a eu pour effet d’annuler la baisse de
l’endettement obtenue au cours de la période de l’accord FEC de 2017–20, de
réduire l’espace budgétaire et les réserves permettant d’absorber les
chocs, et de contribuer aux facteurs de vulnérabilité au niveau régional.
Le solide programme de réformes des autorités a pour objectif de préserver
la stabilité macroéconomique et d’accélérer la réduction de la pauvreté i)
en rendant la croissance plus inclusive tout en améliorant la viabilité de
la dette, et ii) par des réformes structurelles visant à soutenir la
croissance et limiter les risques liés aux finances publiques et au secteur
financier. Les principales politiques prévues sont le renforcement des
dépenses et de la protection sociales, le rééquilibrage des finances
publiques pour stimuler la croissance (notamment grâce à un fort
accroissement des recettes budgétaires), la mise en œuvre de réformes
structurelles visant à favoriser la croissance en améliorant
l’environnement des affaires, et l’exécution d’une réforme du secteur
bancaire passant notamment par la recapitalisation de la dernière banque
publique existante.
À l’issue de la réunion du conseil d’administration, M. Okamura,
directeur général adjoint et président par intérim, a fait la
déclaration suivante :
« Après une série de chocs survenus ces dernières années (pandémie de
COVID-19, attaques terroristes et flambées des cours mondiaux des denrées
alimentaires et des combustibles), le Togo continue de rencontrer des
difficultés,
dont un accès restreint aux financements
à la suite du resserrement de la politique monétaire des pays avancés, des
problèmes d’insécurité persistants à la frontière nord, et une insécurité
alimentaire durable et aggravée par le changement climatique. Pour faire
face à ces difficultés, les autorités ont demandé à bénéficier d’un accord
de 42 mois au titre de la facilité élargie de crédit. Le programme
contribuera à accélérer la réduction de la pauvreté, à préserver la
stabilité macroéconomique et à mobiliser davantage de financements
extérieurs, ce qui profitera non seulement au Togo mais aussi à la région
de l’UEMOA dans son ensemble.
« Les autorités entendent rendre la croissance plus inclusive en renforçant
les dépenses et la protection sociales, ainsi qu’en améliorant les
conditions de vie des populations du nord du pays, complétant ainsi la
riposte militaire au terrorisme par une réponse civile. Dans ce contexte,
il importera de remplacer les subventions généralisées aux carburants par
des mesures de protection plus ciblées et moins coûteuses en faveur des
plus vulnérables, notamment par le biais de transferts monétaires.
« Les autorités doivent poursuivre sur la voie d’un rééquilibrage des
finances publiques porteur de croissance, afin de se ménager l’espace
budgétaire nécessaire aux dépenses de développement dont le Togo a besoin,
tout en renforçant la viabilité de sa dette. Dans ce contexte, il convient
de saluer la manière impressionnante dont les autorités ont entamé le
rééquilibrage des finances publiques 2023. Il y a aussi lieu de se
féliciter que les autorités aient l’intention d’augmenter les recettes
fiscales de 0,5 % du PIB par an. Pour que ces initiatives réussissent, il
sera indispensable d’élargir l’assiette de l’impôt en réduisant les
dépenses fiscales.
« Les autorités doivent continuer d’améliorer le climat des affaires, ce
qui est essentiel pour favoriser la croissance, et de réformer la dernière
banque publique existante afin de réduire les risques pour la stabilité du
secteur financier. La mise à disposition de ressources budgétaires pour la
recapitalisation de la banque, qui a permis de ramener à zéro le niveau des
fonds propres réglementaires, est un premier pas bienvenu. »
Annexe
Les déficits budgétaires et la dette ont augmenté, ce qui a eu pour effet
d’annuler la baisse de l’endettement obtenue au cours de la période de
l’accord FEC de 2017–20, de réduire l’espace budgétaire et les réserves
permettant d’absorber les chocs, et de contribuer aux facteurs de
vulnérabilité au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
(UEMOA). Deux banques sous-capitalisées, l’une publique et l’autre
récemment privatisée, font peser des risques sur la stabilité du secteur
financier et sur les finances publiques. Les autorités sollicitent un
soutien financier de 200 % de la quote-part du Togo (293,60 millions de
DTS) dans le cadre d’un accord FEC d’une durée de 42 mois.
Résumé du programme
Le programme appuyé par le FMI a pour objectif de préserver la stabilité
macroéconomique et d’accélérer la réduction de la pauvreté i) en rendant la
croissance plus inclusive tout en améliorant la viabilité de la dette, et
ii) par des réformes structurelles visant à soutenir la croissance et
limiter les risques pour les finances publiques et le secteur financier.
Parmi les principales politiques prévues, notons le renforcement des
dépenses et de la protection sociales, le rééquilibrage d’ampleur des
finances publiques (notamment grâce à un fort accroissement des recettes
budgétaires), et l’exécution d’une réforme du secteur bancaire passant
notamment par la recapitalisation de la dernière banque publique existante.
En apportant des financements concessionnels à des fins budgétaires et en
favorisant la mobilisation d’autres bailleurs de fonds, le programme
contribuera à faciliter les décisions des autorités, actuellement
contraintes d’arbitrer entre l’augmentation des dépenses sociales et le
renforcement de la viabilité de la dette. Le programme contribuera également
à préserver la stabilité macroéconomique et extérieure au sein de l’UEMOA.
Rendre la croissance plus inclusive. Les autorités rendront
la croissance plus inclusive en renforçant les dépenses sociales et en
mettant en œuvre un programme d’investissement visant à améliorer les
conditions de vie dans la région des Savanes et dans les régions voisines,
ce qui complétera la riposte militaire à la menace terroriste par une
réponse civile.
Un cadre budgétaire à moyen terme. Les autorités
renforceront la viabilité de la dette en procédant à un rééquilibrage
d’ampleur des finances publiques, compatible avec l’existence d’un double
ancrage budgétaire. Le premier élément d’ancrage consiste à réduire le
risque global de surendettement d’un niveau élevé à un niveau modéré (VA de
la dette publique inférieure à 55 % du PIB) d’ici à fin 2026, la dernière
année pleine avant la clôture du programme à la mi-2027. Le deuxième
élément consiste à réduire le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici 2025,
pour éviter de mettre à trop rude épreuve la capacité du marché régional à
apporter des financements, conformément au cadre de convergence régional
(actuellement suspendu). Afin de se ménager des marges de manœuvre pour les
dépenses prioritaires, les autorités sont déterminées à procéder à une
augmentation ambitieuse des recettes publiques, de 0,5 % du PIB chaque
année.
Réformes structurelles. Pour favoriser la croissance et
limiter les risques pour les dépenses publiques et le secteur financier, les
autorités s’attacheront à renforcer la gestion des finances publiques, à
améliorer le climat des affaires, et à mener à bien la réforme de la
dernière banque publique existante, qui n’a pas été mise en œuvre lors des
précédents programmes.
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Togo: Selected Economic Indicators
<tbody>
<tr>
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2022
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2023
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2024
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2025
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Estimates
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Projections
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National Income and Prices
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(percentage change)
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Real GDP
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5.8
|
5.4
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5.3
|
5.3
|
|
Real GDP per capita
|
|
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3.3
|
2.9
|
|
2.8
|
2.8
|
|
Consumer price index
(average)
|
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|
7.6
|
5.1
|
|
2.7
|
2.0
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|
Money and Credit
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|
(percentage change)
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|
Credit to nongovernment sector
|
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10.7
|
2.6
|
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9.2
|
6.8
|
|
Broad money (M2)
|
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|
14.9
|
8.2
|
|
8.8
|
8.6
|
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|
Central Government Finance
|
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|
(percent of GDP)
|
|
Revenue
|
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|
15.1
|
15.5
|
|
16.3
|
16.9
|
|
Tax revenue
|
|
|
13.9
|
14.4
|
|
14.9
|
15.4
|
|
Total expenditure and net lending
|
|
|
26.0
|
24.9
|
|
23.3
|
21.4
|
|
Overall balance
(cash basis, incl.
grants)
|
|
|
-8.3
|
-6.6
|
|
-6.4
|
-3.0
|
|
Basic primary fiscal balance
(excl.
banking sector operations)
|
|
|
-4.5
|
-2.5
|
|
-0.5
|
1.2
|
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|
External Sector
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Current account balance
(percent of
GDP)
|
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-4.2
|
-3.3
|
|
-3.6
|
-3.5
|
|
Terms of trade
(percent change;
deterioration = –)
|
|
|
9.7
|
1.6
|
|
-2.2
|
-1.5
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Public Debt
|
|
|
(percent of GDP)
|
|
Total public debt
|
|
|
66.5
|
67.4
|
|
68.8
|
66.9
|
|
External public debt
|
|
|
26.2
|
25.6
|
|
26.9
|
27.1
|
|
Domestic public debt
|
|
|
40.3
|
41.8
|
|
41.9
|
39.8
|
|
|
|
|
0.0
|
0.0
|
|
0.0
|
0.0
|
|
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Sources: Togolese authorities and
IMF staff estimates and projections.
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