Impact potentiel de l’épidémie du coronavirus : ce que nous savons et ce que nous pouvons faire
IMF Blog, March 4, 2020
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- Authors: Kristalina Georgieva
- Published: March 4, 2020
Ce que nous savons
- La maladie se propage rapidement.
- Plus d’un tiers de nos pays membres sont directement touchés.
- L’épidémie connaîtra un repli, mais on ne sait pas quand.
- Le choc affecte l’offre et la demande :
- Offre : perturbations dues à une hausse de la morbidité et de la mortalité, mesures d’endiguement restreignant la mobilité, brisement des chaines d’approvisionnement et resserrement du crédit.
- Demande : baisse due à une plus grande incertitude, précautions accrues, mesures d’endiguement et coûts financiers en hausse réduisant la capacité à dépenser.
- Les répercussions franchissent les frontières.
- Estimation fondée sur l’expérience : un tiers des coûts économiques liés à la maladie seront directs (décès, fermeture des lieux de travail et mises en quarantaine) et les deux tiers restants seront indirects (repli de la confiance des consommateurs et des entreprises, resserrement sur les marchés financiers).
- Les systèmes financiers sont plus résilients qu’avant la crise financière mondiale.
- Dans tous les scénarios étudiés, la croissance mondiale en 2020 sera inférieure à celle de l’année dernière.
- L’ampleur et la durée de la baisse de la croissance dépendent de l’évolution de l’épidémie et de la rapidité et de l’efficacité des interventions.
- Les pays dont les systèmes sanitaires et les capacités de riposte sont plus faibles seront particulièrement mis à l’épreuve.
Mesures à l’échelle nationale
- Priorité budgétaire : engager les dépenses sanitaires de première ligne pour protéger le bien‑être des populations, soigner les malades et ralentir la propagation du virus.
- Urgence de renforcer les mesures sanitaires et d’assurer la production de fournitures médicales pour que l’offre puisse satisfaire la demande.
- Mesures macrofinancières « sans regret » recommandées :
- Atténuer l’impact économique et en réduire la durée.
- Être prises en temps opportun et cibler les secteurs, les entreprises et les ménages les plus touchés.
- Si la demande globale fléchit en raison d’un affaiblissement de la confiance et des effets de contagion (commerce et tourisme, prix des produits de base et resserrement des conditions financières), des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires pour soutenir la demande et garantir une offre de crédit adéquate.
- Maintenir des liquidités suffisantes pour atténuer les risques pour la stabilité financière.
- Importance d’une intervention plus franche et coordonnée selon l’évolution des conditions.
- Appui à la coopération internationale : mention de la déclaration du G7 soulignant la détermination à coopérer plus étroitement pour des mesures rapides et efficaces.
Quelle aide le FMI peut‑il fournir ?
- Le FMI se tient prêt à aider ses pays membres.
- Mécanismes de financement d’urgence à décaissement rapide : environ 50 milliards de dollars mis à disposition des pays à faible revenu et des pays émergents pour répondre à leurs éventuels besoins.
- Sur cette somme, 10 milliards de dollars seront disponibles à taux zéro pour les pays membres les plus pauvres, au moyen de la facilité de crédit rapide.
- Inquiétude particulière pour les pays membres à faible revenu et les pays membres plus vulnérables : les besoins de financement pourraient monter en flèche si le coût économique et humain du virus s’alourdit.
- Les équipes du FMI recenseront les pays vulnérables et estimeront leurs éventuels besoins de financement en cas de dégradation de la situation.
Ressources du FMI (chiffres clés)
- Capacité de prêt globale : environ 1.000 milliards de dollars.
- Pour les pays à faible revenu : financements d’urgence à décaissement rapide à hauteur de 10 milliards de dollars (50 % de la quote‑part des pays membres admissibles) accessibles sans programme à part entière.
- Instrument de financement rapide pour les autres pays membres : mécanisme pouvant fournir environ 40 milliards de dollars aux pays émergents sollicitant l’aide financière.
- Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes :
- Disponible actuellement : à peine plus de 200 millions de dollars.
- Besoins potentiels : pourraient dépasser 1 milliard de dollars.
- Ce fonds a été efficace en 2014 durant l’épidémie de maladie à virus Ébola, mais il est actuellement sous‑financé.
- Appel aux pays membres pour reconstituer pleinement ce mécanisme.
Synthèse et position du FMI
- Le FMI est pleinement déterminé à venir en aide à ses pays membres, surtout les plus vulnérables.
- Le FMI dispose d’outils et de ressources pour soutenir les pays affectés et travaille en étroite coopération avec ses partenaires.
Source : Kristalina Georgieva, 4 mars 2020.