Les investisseurs boursiers devraient mieux prendre en considération les risques physiques liés au changement climatique
IMF Blog, May 29, 2020
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- Les investisseurs boursiers devraient mieux prendre en considération les risques physiques liés au changement climatique
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- Authors: Felix Suntheim, Jrme Vandenbussche
- Published: May 29, 2020
Contexte et constats historiques
- Le dernier rapport du FMI sur la stabilité financière dans le monde examine les répercussions des risques physiques liés au changement climatique (pertes humaines et matérielles ainsi que perturbations de l'activité économique) sur la stabilité financière.
- La pandémie de COVID-19 est citée comme exemple illustrant la rapidité et l'ampleur possibles d'une perturbation économique, soulignant l'importance d'une bonne préparation et d'une évaluation correcte des risques.
- Exemples d'événements passés et de leurs impacts économiques :
- Les inondations de 2011 en Thaïlande : dommages estimés à environ 10 % du PIB du pays.
- Les incendies de Californie en 2018 : coût estimé à 350 milliards de dollars, soit 1,7 % du PIB américain.
- Au cours de la dernière décennie, les dommages directs dus aux catastrophes climatiques sont estimés à environ 1 300 milliards de dollars par an en moyenne (soit environ 0,2 % du PIB mondial).
Statistiques et constatations empiriques sur les marchés d'actions
- Échantillon et période :
- Environ 350 grandes catastrophes climatiques examinées sur les 50 dernières années.
- Échantillon couvrant 68 pays représentant 95 % du PIB mondial.
- Impacts moyens observés :
- Baisse moyenne de 2 % pour les actions bancaires.
- Baisse moyenne de 1 % pour l'ensemble du marché.
- Impacts extrêmes et hétérogénéité :
- Dans 10 % des cas, l'incidence sur l'ensemble du marché a été supérieure à 14 %.
- Ouragan Katrina (2005) : dommages les plus élevés en termes absolus dans l'échantillon (1 % du PIB américain) sans incidence perceptible sur l'indice boursier américain.
- Inondations en Thaïlande (2011) : chute de 30 % du marché boursier pendant 40 jours (dommages les plus importants par rapport à la taille de l'économie concernée).
- Facteurs nationaux atténuants ou aggravants :
- Pays disposant de plus d'espace budgétaire peuvent réagir plus vite par une aide financière et des efforts de reconstruction.
- Mécanismes de partage des risques bien développés, notamment les assurances, réduisent ou redistribuent les pertes et limitent les répercussions sur les cours des actions intérieures.
Risques futurs et évaluations actuelles
- Le changement climatique devrait accroître la probabilité et la gravité des aléas climatiques (inondations, vagues de chaleur, sécheresses), exposant économies et marchés financiers à des chocs plus importants.
- Défis pour le pricing par les investisseurs boursiers :
- Estimer la probabilité de divers scénarios climatiques et leurs conséquences pour les risques physiques au niveau de l'entreprise nécessite des connaissances climatologiques et une prise en compte des mesures d'atténuation et d'adaptation prévues.
- L'horizon temporel de l'évolution climatique peut être plus long que celui envisagé par des investisseurs institutionnels à long terme.
- Évaluation rétroactive des valorisations d'actions 2019 :
- Les valorisations des actions en 2019 dans différents pays ont été établies sans tenir compte des scénarios de réchauffement climatique souvent étudiés ni des changements connexes prévus concernant l'occurrence des aléas ou l'incidence des risques physiques.
- Ce manque d'attention manifeste pourrait constituer une source majeure de risque pour le marché à l'avenir.
Recommandations politiques et mesures concrètes
- Renforcer la préparation et la résilience aux crises, en tirant les leçons de la pandémie de COVID-19.
- Accroître l'accès aux assurances et renforcer la solidité financière globale des États pour atténuer les répercussions des catastrophes climatiques et réduire les risques pour la stabilité financière.
- Mettre au point des normes mondiales obligatoires concernant la divulgation des risques physiques liés au changement climatique :
- Des données détaillées et spécifiques aux entreprises sur l'exposition et la vulnérabilité actuelles et futures aux chocs climatiques aideraient les créanciers, les assureurs et les investisseurs.
- Effectuer des tests de résistance au changement climatique :
- Ces tests peuvent permettre aux sociétés financières et aux instances de contrôle de mieux comprendre l'exposition aux aléas climatiques et aux risques physiques qui en découlent.
- Au cours des dix dernières années, les services du FMI ont pris en considération les risques physiques liés aux catastrophes climatiques dans un programme d'évaluation du secteur financier sur cinq.
- Exemple récent : l'évaluation publiée pour les Bahamas.
- Mesure prioritaire ultime :
- Prendre des mesures fortes au niveau mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, s'attaquer à la cause du réchauffement climatique de manière durable et obtenir des bénéfices allant au-delà de la stabilité financière.
Auteurs et contexte éditorial
- Auteurs : Felix Suntheim et Jérôme Vandenbussche.
- Date de publication : le 29 mai 2020.
- Affiliations et notes biographiques (résumé) :
- Felix Suntheim : expert principal du secteur financier à la division analyse de la stabilité financière mondiale, département des marchés monétaires et de capitaux du FMI; doctorat en finance de l'université Bocconi; diplôme en économie de l'université de Bonn.
- Jérôme Vandenbussche : économiste principal au département des marchés monétaires et de capitaux du FMI; doctorat en économie de l'Université Harvard; au FMI depuis 2004.
- Plateforme : IMFBlog, espace d'échanges sur l’économie mondiale et les questions de politique économique.
Source : Article "Les investisseurs boursiers devraient mieux prendre en considération les risques physiques liés au changement climatique", IMFBlog, 29 mai 2020.