Le cyber-risque, nouvelle menace pour la stabilité financière
IMF Blog, December 7, 2020
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Bibliographic details
- Authors: Jennifer Elliott, Nigel Jenkinson
- Published: December 7, 2020
Constat principal
- Le nombre de cyberattaques a triplé au cours des dix dernières années, et le secteur financier reste le plus ciblé.
- Le cyber-risque est devenu une menace pour la stabilité financière en raison des fortes interconnexions financières et technologiques.
- Une attaque réussie contre une grande institution financière ou contre un système ou service central pourrait se propager rapidement à l’ensemble du système financier, entraînant perturbations et perte de confiance à grande échelle.
- Conséquences possibles d’une attaque systémique :
- Transactions échouées en raison de liquidités bloquées.
- Ménages et entreprises privés d’accès aux dépôts et paiements.
- Dans des scénarios extrêmes, demande généralisée de retrait de fonds, résiliation de comptes ou d’autres services.
Facteurs aggravants
- Les outils de piratage sont aujourd’hui meilleur marché, plus faciles d’utilisation et plus puissants, permettant à des pirates moins chevronnés de causer davantage de dégâts à moindre coût.
- L’expansion des services sur appareils mobiles accroît la surface d’attaque.
- Les attaquants ciblent les grandes et petites institutions, les pays riches comme les pays pauvres, sans se soucier des frontières.
- De nombreuses institutions financières n’assurent pas encore une capacité de riposte suffisante ; la coordination internationale reste précaire.
Six stratégies proposées par le FMI
- Cybercartographie et quantification des risques
- Cartographier les interconnexions opérationnelles et technologiques et les infrastructures essentielles pour mettre en évidence les interdépendances.
- Intégrer davantage le cyber-risque dans l’analyse de la stabilité financière.
- Quantifier les répercussions potentielles pour mieux cibler la riposte et promouvoir la mobilisation.
- Limites actuelles : insuffisance des données sur les répercussions des incidents cybernétiques et problèmes de modélisation ; travaux à accélérer.
- Convergence des réglementations
- Renforcer la cohérence des réglementations et de la surveillance au niveau international pour réduire les coûts de mise en conformité et faciliter la coopération transfrontalière.
- Organismes mentionnés comme acteurs de coordination : Conseil de stabilité financière, Comité des paiements et des infrastructures de marché, Comité de Bâle.
- Nécessité : les autorités nationales doivent œuvrer ensemble à la mise en œuvre.
- Capacité de riposte
- Développer des stratégies de riposte et de relèvement pour que le système financier reprenne rapidement ses activités même après une attaque réussie.
- Situation actuelle : stratégies encore au stade embryonnaire, en particulier dans les pays à faible revenu.
- Proposition : adopter des accords internationaux pour faciliter la riposte et le relèvement des institutions et services transfrontaliers.
- Volonté de partager
- Accroître l’échange d’informations sur les menaces, attaques et ripostes entre secteurs privé et public pour renforcer dissuasion et réaction.
- Obstacles : sécurité nationale et lois de protection des données.
- Solutions : élaborer des protocoles et pratiques d’échange efficaces, mettre en place un modèle d’échange d’informations au niveau mondial, utiliser davantage de plateformes communes et étendre les réseaux sécurisés.
- Renforcement des mesures de dissuasion
- Rendre les cyberattaques plus coûteuses et plus risquées en améliorant la confiscation des produits du crime et la poursuite des malfaiteurs.
- Intensifier l’action internationale de prévention, de répression et de dissuasion.
- Nécessité d’une coopération étroite entre services répressifs et autorités responsables des infrastructures essentielles ou de la sécurité, au plan national et international.
- Développement des capacités
- Aider les pays en développement et les pays émergents à renforcer leurs moyens de cybersécurité pour améliorer la stabilité financière et l’accès aux services financiers.
- Les pays à faible revenu sont particulièrement vulnérables ; la COVID-19 a montré l’importance de la connectivité pour le développement.
- Action concertée nécessaire entre organismes de normalisation, autorités nationales de réglementation, autorités de contrôle, associations professionnelles, secteur privé, services répressifs, organisations internationales, prestataires de développement des capacités et donateurs.
- Rôle du FMI : se concentrer principalement sur les pays à faible revenu, développer les capacités des autorités de surveillance financière et porter leurs problèmes et points de vue devant les organismes internationaux.
Rôles et responsabilités
- Institutions financières : gestion quotidienne des risques (entretien des réseaux, mise à jour des logiciels, respect d’une « cyberhygiène » rigoureuse).
- Pouvoirs publics : promulgation de réglementations et mesures pour éviter le sous-investissement dans la protection et pour protéger l’ensemble du système financier.
- Coopération internationale indispensable en raison du caractère transfrontalier des attaques et des pirates.
Auteurs
- Nigel Jenkinson
- Dirige la division de la réglementation et de la surveillance du secteur financier, département des marchés monétaires et de capitaux.
- Dirige les travaux du FMI sur les politiques et le développement des capacités en matière de surveillance financière.
- Expérience : stabilité financière, politique monétaire, cybersécurité, analyse des risques systémiques, liquidité bancaire, dispositifs de gestion des crises, cadre international de réglementation financière, lacunes en matière de données.
- Ancien rôle : 30 ans à la Banque d’Angleterre ; directeur exécutif de la stabilité financière de 2003 à 2008 ; conseiller au Conseil de stabilité financière.
- Diplôme : Master of Science en économie mathématique et économétrie de la London School of Economics.
- Jennifer Elliott
- Dirige la division de la stratégie d’assistance technique, département des marchés monétaires et de capitaux.
- Responsable de la gestion des activités de développement des capacités menées par le FMI dans le secteur financier.
- Expérience : régulatrice sur les marchés de capitaux canadiens ; au FMI sur la cybersécurité, l’assistance technique et les programmes d’évaluation du secteur financier.
- Diplômes : Bachelor of Arts de l’Université de Toronto ; Bachelor of Laws de l’Université de Victoria (Canada).
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