Comment les banques européennes peuvent favoriser la reprise économique
IMF Blog, March 26, 2021
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- Authors: Mai Chi Dao, Aiko Mineshima, Srobona Mitra, Andreas Andy Jobst
- Published: March 26, 2021
Constat principal
- Pour que l’économie redémarre durablement après la crise de la COVID-19, les banques doivent disposer de suffisamment de fonds propres pour continuer d’accorder des prêts.
- La plupart des banques européennes étaient bien dotées en fonds propres au début de la pandémie, mais elles sont très exposées à des secteurs économiques frappés de plein fouet par la crise sanitaire.
- Une étude du FMI examine l’impact de la pandémie sur les niveaux de fonds propres des banques européennes en tenant compte des aides publiques aux banques et aux emprunteurs, et sur la base d’estimations détaillées des difficultés financières des entreprises. L’étude couvre un éventail plus large de pays et de banques européennes que d’autres études récentes.
Projections et chiffres clés
- Ratio agrégé des fonds propres des banques (zone euro) : passage de 14,7 % à 13,1 %, à condition que les mesures de soutien à l’économie soient maintenues.
- Seuil réglementaire de fonds propres : 4,5 % ; même en l’absence de mesures de soutien, aucune banque ne devrait passer en deçà de ce seuil.
- Érosion plus importante des fonds propres pour les banques des pays européens émergents : 2,4 points de pourcentage (par rapport à la zone euro) en raison d’un espace budgétaire plus limité.
- Les grandes banques détiennent environ 25 % de leurs fonds propres sous forme d’instruments hybrides.
- Scénarios de reprise :
- Si la croissance du PIB en 2020-21 se retrouve 1,2 point de pourcentage au-dessous du niveau prévu dans le scénario de référence, plus de 5 % de l’ensemble des banques risqueraient de ne plus respecter leurs seuils de montant maximal distribuable, malgré la mise en œuvre de mesures de soutien par les pouvoirs publics.
- Si ces mêmes mesures n’avaient pas les effets escomptés, plus de 10 % des banques seraient alors concernées.
Trois mises en garde importantes
- 1) L’action des pouvoirs publics doit être efficace.
- Les mesures de soutien réduisent l’ampleur et la variabilité de l’érosion des fonds propres des banques et atténuent les risques de restriction de l’offre de crédit.
- Ces mesures incluent l’assouplissement des exigences réglementaires en matière de fonds propres, des moratoires sur les dettes, des garanties de crédit, le report des procédures d’insolvabilité, des subventions, des allégements fiscaux et des subventions salariales aux entreprises.
- 2) Les seuils de référence pertinents doivent tenir compte des instruments de marché.
- Les capitaux hybrides pourraient constituer une source importante de financement, mais les investisseurs comptent généralement sur le paiement d’intérêts.
- Si les politiques ne portent pas leurs fruits, certaines banques pourraient ne pas respecter leurs seuils fondés sur le « montant maximal distribuable », entraînant des restrictions sur les dividendes et les paiements d’intérêts liés aux instruments hybrides et un risque de fuite des investisseurs.
- 3) Le rythme de la reprise économique est crucial.
- Une reprise poussive pourrait entraîner des pertes de crédit beaucoup plus lourdes et des provisions plus importantes au titre des créances douteuses.
Recommandations de politique publique et d’action bancaire
- Poursuivre les mesures de soutien des pouvoirs publics jusqu’à ce que la reprise soit solidement enclenchée.
- Éviter une fin prématurée des mesures de soutien aux emprunteurs pour prévenir un « effet de falaise » et une contraction du crédit.
- Quand la reprise sera engagée, mieux cibler les bénéficiaires et restreindre les conditions d’éligibilité ; envisager d’aider en capital les entreprises viables.
- Préciser les recommandations prudentielles sur l’allégement des exigences de fonds propres.
- Les autorités de contrôle doivent préciser le calendrier pour la constitution progressive des volants de fonds propres par les banques.
- Les versements de dividendes et les rachats d’actions doivent rester soumis à des restrictions tant que la reprise n’est pas véritablement enclenchée.
- Aider au redressement des bilans en renforçant la gestion des créances improductives et le mécanisme de résolution bancaire.
- Anticiper une vague de défauts à la fin des mesures de soutien ; utiliser le test de résistance à l’échelle de l’Union européenne (résultats prévus en juillet 2021) pour déterminer la nécessité de recapitalisations préventives.
- Renforcer les régimes d’insolvabilité en allégeant les contraintes administratives et en mettant en place des procédures accélérées de restructuration des dettes.
- Remédier de façon structurelle à la faible rentabilité des banques.
- Sans amélioration de la rentabilité, il faudra plusieurs années aux banques pour reconstituer leurs fonds propres par rétention des bénéfices.
- Accroître les revenus hors intérêts, rationaliser les activités, améliorer les structures de coûts (notamment par un recours accru aux technologies numériques).
- Envisager la consolidation du secteur bancaire pour améliorer l’efficience et l’allocation des fonds propres et de la trésorerie au sein des groupes bancaires.
Comment les banques européennes peuvent favoriser la reprise économique — 26 mars 2021