Les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale doivent s’attendre à des pertes désastreuses s’ils ne prennent pas de mesures d’adaptation au changement climatique
IMF Blog, March 30, 2022
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- Les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale doivent s’attendre à des pertes désastreuses s’ils ne prennent pas de mesures d’adaptation au changement climatique
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- Authors: Jihad Azour, Christoph Duenwald
- Published: March 30, 2022
Impacts observés et statistiques clés
- Chaque année depuis 2000, les catastrophes climatiques ont en moyenne été responsables de plus de 2 600 morts, frappé 7 millions de personnes et provoqué 2 milliards de dollars de dégâts matériels directs.
- Les catastrophes climatiques réduisent la croissance économique annuelle par habitant de 1 à 2 points de pourcentage dans la région.
- Au cours des trente dernières années, les températures de la région ont augmenté de 1,5 degré Celsius, soit deux fois plus que la hausse observée au niveau mondial (0,7 degré Celsius).
- Une élévation des températures de 1 degré Celsius dans cinq des pays les plus chauds (Bahreïn, Djibouti, Émirats arabes unis, Mauritanie et Qatar) provoque immédiatement une chute de la croissance économique par habitant de l’ordre de 2 points de pourcentage.
- D’ici à 2050, les températures estivales moyennes pourraient dépasser 30 degrés Celsius dans la moitié des pays de la région.
- Au Tadjikistan, la probabilité que des sécheresses d’origine climatique surviennent au cours d’une année pourrait être multipliée par dix, passant de 3 % aujourd’hui à plus de 30 % d’ici la fin du siècle.
Vulnérabilité différenciée et exemples concrets
- Les pays pauvres ou touchés par des conflits (par exemple Afghanistan, Somalie, Soudan) et le Pakistan sont particulièrement touchés, avec davantage de décès et de sinistrés.
- Les populations dépendantes de l’agriculture pluviale de subsistance sont particulièrement vulnérables aux chocs climatiques.
- Exemples nationaux :
- Tunisie : 90 % des sites touristiques se situent le long de côtes menacées d’érosion et à la merci de nouvelles hausses du niveau de la mer.
- Iran : une grave sécheresse a provoqué des manifestations liées à des pénuries d’eau et à des pertes d’emploi dans l’agriculture.
Projections climatiques et risques sectoriels
- Le réchauffement amplifie la désertification, le stress hydrique et la montée des eaux dans une région déjà soumise à des climats rigoureux.
- Les précipitations deviennent plus aléatoires et les catastrophes climatiques telles que les sécheresses et les inondations plus fréquentes.
- Les saisons vont sans doute devenir plus sèches au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et la pluviométrie plus irrégulière dans le Caucase, en Asie centrale et au Pakistan, accentuant le risque de sécheresses.
Priorités d’adaptation et recommandations de politique
- Intégrer pleinement les politiques d’adaptation à toutes les stratégies économiques nationales et élaborer des cadres économiques tenant compte des risques climatiques.
- Prioriser des mesures à forte valeur ajoutée et sans regret, applicables dans tous les scénarios climatiques plausibles.
- Interventions spécifiques recommandées :
- Intensifier les investissements publics dans des infrastructures résilientes (par exemple infrastructures hydrauliques).
- Encourager un rôle accru du secteur privé dans l’adaptation.
- Adapter les stratégies de croissance et de développement inclusifs (aide aux entreprises affectées, renforcement de la protection sociale des ménages vulnérables).
- Exemples d’actions nationales :
- Tunisie : développement du dessalement pour produire de l’eau douce.
- Pakistan : élargissement du programme de transferts monétaires ciblés pour consolider la protection sociale.
- Tadjikistan et Ouzbékistan : modernisation des dispositifs transfrontaliers d’alerte précoce aux catastrophes naturelles.
- Simulations pour le Maroc : des investissements dans des infrastructures hydrauliques amélioreraient la résilience face aux sécheresses, réduiraient de près de 60 % les pertes de PIB et limiteraient l’augmentation de la dette publique.
- Pour les pays à faible revenu, fragiles ou touchés par un conflit, priorité immédiate : renforcer les mesures de préparation aux catastrophes, améliorer la capacité institutionnelle à faire face au changement climatique et renforcer la capacité des populations à réagir aux chocs.
Financement et soutien international
- Entre 2009 et 2019, les organisations bilatérales et multilatérales ont fourni à la région 70 milliards de dollars environ pour financer l’action climatique, d’après des calculs à partir de données de l’OCDE.
- Environ un quart seulement de ces fonds a été consacré exclusivement à l’adaptation, alors que les besoins d’adaptation sont estimés beaucoup plus élevés.
- Dégager de nouvelles recettes intérieures peut aider à financer l’adaptation sans accroître excessivement la dette publique, mais les pays ont besoin de davantage de soutien international à des conditions concessionnelles, ainsi que de transferts de compétences et de technologies.
- La COP27 est présentée comme une opportunité pour la communauté internationale d’augmenter sa contribution au financement de la lutte contre le changement climatique et de soutenir l’adaptation dans les pays en développement.
Rôle du FMI et instruments proposés
- Le FMI accompagne ses pays membres par des conseils de politique économique, des activités de développement des capacités et des prêts.
- Il est proposé de créer un fonds pour la résilience et la durabilité pour compléter l’appui aux réformes destinées à renforcer la résilience des pays face au changement climatique.
- Les politiques d’adaptation doivent être intégrées aux stratégies économiques et soutenir à la fois la création d’emplois durables et la reprise économique post-pandémie.
Article par Jihad Azour et Christoph Duenwald, le 30 mars 2022.