Comment accroître le financement privé de l’action climatique dans les pays émergents
IMF Blog, October 7, 2022
Source details
- Canonical URL
- Comment accroître le financement privé de l’action climatique dans les pays émergents
Other formats
Bibliographic details
- Authors: Torsten Ehlers, Charlotte Gardes-Landolfini, Fabio Natalucci, Prasad Ananthakrishnan
- Published: October 7, 2022
Contexte et enjeux
- Auteur·e·s : Torsten Ehlers, Charlotte Gardes-Landolfini, Fabio Natalucci, Ananthakrishnan Prasad
- Date : le 7 octobre 2022
- Problématique centrale : augmenter les capitaux privés pour financer des projets phares d’infrastructure à faible émission de carbone, en particulier dans les pays moins développés.
Besoins d’investissement chiffrés
- Investissements annuels nécessaires dans les infrastructures énergétiques d’ici 2030 : au moins 1 000 milliards de dollars.
- Investissements annuels nécessaires dans tous les secteurs d’ici 2050 : entre 3 000 et 6 000 milliards de dollars.
- Besoins annuels supplémentaires pour l’adaptation d’ici 2030 : 140 à 300 milliards de dollars.
- Besoins annuels d’adaptation potentiels après 2050 : entre 520 et 1 750 milliards de dollars, selon l’efficacité des mesures d’atténuation.
État actuel du financement privé
- Financement privé en faveur du développement durable dans les pays émergents et les pays en développement atteint un niveau record de 250 milliards de dollars l’an dernier.
- Objectif implicite : il faudrait au moins multiplier par deux le financement privé d’ici 2030.
- Les projets d’infrastructure à faible émission de carbone attractifs pour les investisseurs sont généralement rares.
- Le financement en faveur de l’industrie des combustibles fossiles a explosé depuis la conclusion de l’Accord de Paris.
Freins à l’investissement privé
- Absence d’une tarification efficace du carbone.
- Architecture disparate des informations sur le climat : manque de données climatiques, normes de transparence insuffisantes, taxonomies divergentes, multiplicité d’initiatives d’harmonisation.
- Incertitudes sur l’impact tangible des flux ESG à forte croissance sur l’augmentation du financement privé pour le climat.
- Scores ESG des entreprises des pays émergents et des pays en développement systématiquement inférieurs à ceux des pays avancés, entraînant une moindre orientation des fonds ESG vers ces marchés.
- Perception des investisseurs que les risques des actifs des pays émergents et des pays en développement sont trop élevés.
Solutions et instruments proposés
- Évaluation adéquate des coûts liés aux risques climatiques.
- Utilisation d’instruments de financement innovants pour élargir la base d’investisseurs (banques internationales, fonds d’investissement, investisseurs institutionnels comme les compagnies d’assurance, fournisseurs d’investissements d’impact, fonds philanthropiques).
- Développer et multiplier des fonds d’investissement d’obligations vertes soutenus par des institutions multilatérales (exemple cité : fonds d’obligations vertes Amundi soutenu par la branche de financement de la Banque mondiale chargée du secteur privé).
- Dans les pays moins développés, rôle prépondérant des banques multilatérales de développement pour financer des projets phares d’infrastructures à faibles émissions de carbone et canaliser davantage de ressources financières en faveur du climat.
Rôle et actions des banques multilatérales de développement
- Augmenter leurs fonds propres et revoir leur appétence pour le risque via des partenariats avec le secteur privé.
- Améliorer la transparence de leur cadre de gouvernance et de gestion.
- Utiliser davantage le financement par émission d’actions, qui représente actuellement environ 1,8 percent des ressources qu’elles engagent dans le financement de l’action climatique dans les pays émergents et les pays en développement.
- Leurs fonds propres pourraient attirer des financements privés beaucoup plus importants ; actuellement ces financements privés sont de l’ordre d’à peine 1,2 fois les ressources que ces institutions engagent.
Mesures d’harmonisation et d’incitation
- Développement de la taxonomie de la transition et mise en œuvre d’initiatives d’harmonisation pour identifier les actifs financiers contribuant à la réduction des émissions au fil du temps.
- Encourager les entreprises à se fixer des objectifs de réduction d’émissions.
- Mettre l’accent sur l’innovation dans les industries à forte intensité de carbone (cimenterie, sidérurgie, produits chimiques, transports lourds) afin d’éviter qu’elles ne soient délaissées par les investisseurs et pour encourager des améliorations progressives du bilan carbone.
Rôle du FMI
- Nouveau fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité visant à fournir un financement abordable et à long terme pour renforcer la résilience face au changement climatique et relever d’autres défis structurels à long terme.
- Ce fonds a reçu 40 milliards de dollars de promesses de dons.
- Les services du FMI ont conclu des accords sur deux premiers programmes avec la Barbade et le Costa Rica.
- Ce fonds pourrait catalyser les investissements des secteurs public et privé pour le financement de l’action climatique.
- Favoriser la disponibilité de données climatiques de qualité et encourager l’adoption de normes de transparence et de taxonomies de la transition pour créer un climat d’investissement attractif.
- Renforcer l’architecture d’information sur le climat via le Network for Greening the Financial System et d’autres organismes internationaux.
- Étendre les partenariats et encourager les initiatives favorables au développement du financement privé de l’action climatique à mesure que ces flux se développent.
Source : Comment accroître le financement privé de l’action climatique dans les pays émergents, IMF Blog, le 7 octobre 2022.