Le maintien des taux d’intérêt américains à un niveau élevé pèse sur les monnaies africaines
IMF Blog, May 15, 2023
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- Le maintien des taux d’intérêt américains à un niveau élevé pèse sur les monnaies africaines
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- Authors: Laurent Kemoe, Moustapha Mbohou Mama, Hamza Mighri, Saad Quayyum
- Published: May 15, 2023
Contexte et constat
- Publication : le 15 mai 2023
- La dépréciation moyenne des monnaies de l’Afrique subsaharienne est d’environ 8 % depuis janvier 2022.
- Certains pays ont connu des dépréciations beaucoup plus fortes : le cedi ghanéen et le leone sierra-léonais se sont dépréciés de plus de 45 %.
- Près de la moitié des pays de la région affichaient un déficit supérieur à 5 % du produit intérieur brut en 2022.
Facteurs externes et déclencheurs
- Le maintien de taux d’intérêt élevés aux États-Unis et le recul de l’appétit pour le risque sur les marchés mondiaux ont détourné les investisseurs vers les obligations du Trésor américain.
- La baisse de la demande pour les exportations de la région, due au ralentissement enregistré par les grandes puissances économiques, a réduit les recettes en devises.
- Les prix élevés du pétrole et des produits alimentaires, en partie dus à la guerre en Ukraine, ont accru les coûts d’importation en 2022.
- Des déficits budgétaires substantiels ont accru la demande de devises et aggravé les effets des chocs extérieurs.
Conséquences macroéconomiques et financières
- Importations et inflation :
- Plus des deux tiers des importations sont libellées en dollars dans la plupart des pays de la région.
- Une augmentation de 1 point de pourcentage du taux de dépréciation par rapport au dollar se traduit, en moyenne, par une hausse de l’inflation de 0,22 point de pourcentage au cours de la première année dans la région.
- Les pressions inflationnistes ne se dissipent pas rapidement lorsque les monnaies locales se renforcent par rapport au dollar.
- Dette publique :
- Environ 40 % de la dette publique est externe en Afrique subsaharienne.
- Plus de 60 % de cette dette externe est libellée en dollars pour la plupart des pays.
- Depuis le début de la pandémie, les dépréciations du taux de change ont fait croître la dette publique des pays de la région d’environ 10 points de pourcentage du PIB en moyenne à fin 2022, toutes choses égales par ailleurs.
- La croissance et l’inflation ont contribué à contenir l’augmentation de la dette publique à environ 6 % du PIB au cours de la même période.
- Réserves et interventions :
- Plusieurs banques centrales ont fourni des devises aux importateurs à partir de leurs réserves pour soutenir leur monnaie.
- Les réserves s’amenuisent dans de nombreux pays et la marge de manœuvre est étroite pour continuer à intervenir sur les marchés des changes.
- Mesures administratives :
- Certains pays ont adopté le rationnement des devises ou l’interdiction des transactions en devises.
- Ces mesures peuvent provoquer des distorsions importantes et ouvrir la voie à la corruption.
Options de politique et recommandations
- Pays dont les taux de change ne sont pas arrimés :
- Laisser le taux de change s’ajuster.
- Resserrement de la politique monétaire pour juguler l’inflation.
- Pays dont les taux de change sont ancrés :
- Ajuster la politique monétaire dans le sens du pays d’ancrage.
- Mesures communes utiles :
- Rééquilibrage des finances publiques pour limiter les déséquilibres extérieurs et juguler l’accroissement de la dette lié à la dépréciation.
- Réformes structurelles pour stimuler la croissance.
- Attention aux mesures administratives : éviter les rationnements et interdictions qui créent des distorsions et encouragent la corruption.
Source du contenu
- Ce blog est basé sur une note d’analyse des Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne du FMI.
Laurent Kemoe, Moustapha Mbohou Mama, Hamza Mighri, Saad Quayyum — IMF