Pourquoi la modération budgétaire doit être de mise dans le monde en 2024, plus grande année électorale de l’histoire
IMF Blog, April 17, 2024
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- Pourquoi la modération budgétaire doit être de mise dans le monde en 2024, plus grande année électorale de l’histoire
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- Authors: Era Dabla-Norris, Vitor Gaspar, Marcos Poplawski-Ribeiro, Jiae Yoo
- Published: April 17, 2024
Contexte économique récent
- L’inflation a reculé et les conditions financières se sont assouplies au cours des six derniers mois.
- Les risques pesant sur les perspectives se sont équilibrés, mais de nombreux pays font face à une forte dette publique et à d’importants déficits budgétaires.
- Les taux d’intérêt réels demeurent élevés et les perspectives de croissance à moyen terme sont moroses, créant de nouveaux problèmes.
Évolution des politiques budgétaires et de la dépense publique
- La politique budgétaire est devenue plus expansionniste en 2023 : seule la moitié des pays du monde ont procédé à un resserrement de leur politique budgétaire en 2023, contre environ 70 % en 2022.
- Quatre ans après le début de la pandémie, les dépenses publiques, à l’exclusion des paiements d’intérêts, dépassaient d’environ 3 points de pourcentage du produit intérieur brut (PIB) les projections établies avant la pandémie dans les pays avancés et de 2 points de pourcentage dans les pays émergents.
- La hausse des taux d’intérêt nominaux a accru les charges d’intérêt dans la plupart des pays.
Niveau et composition de la dette publique mondiale
- La dette publique mondiale a légèrement augmenté, à 93 % du PIB en 2023, et demeure à 9 points de pourcentage au-dessus de son niveau antérieur à la pandémie.
- L’augmentation de la dette est tirée par les États-Unis et la Chine, où la dette a augmenté respectivement de plus de 2 points et de 6 points de pourcentage du PIB.
Risques liés aux grandes économies et aux interactions mondiales
- Le ralentissement de la croissance en Chine pourrait peser sur la croissance et le commerce mondiaux et poser des problèmes budgétaires aux pays ayant des liens commerciaux et d’investissement étroits avec la Chine.
- Un niveau élevé mais instable des rendements des obligations d’État aux États-Unis conduirait à un durcissement des conditions de financement dans le reste du monde.
Perspectives budgétaires, élections et trajectoires de dette
- En 2024, un nombre record de pays, représentant plus de la moitié de la population mondiale, organisent des élections nationales.
- Les États ont tendance à dépenser plus et à taxer moins pendant les années électorales ; les déficits enregistrés ces années ont tendance à dépasser les prévisions de 0,4 point de pourcentage du PIB, par rapport aux années sans élections.
- Même si un léger resserrement budgétaire est prévu à moyen terme, il ne suffira pas à stabiliser la dette publique dans de nombreux pays.
- Sur la base des politiques actuelles, les déficits primaires (hors charges d’intérêt) resteront supérieurs aux niveaux de stabilisation de la dette en 2029 dans environ un tiers des pays avancés ou émergents et dans près d’un quart des pays en développement à faible revenu.
- La réduction requise des déficits primaires est estimée en moyenne à 2,1 points de pourcentage du PIB dans les pays émergents dont les ratios dette publique/PIB sont en hausse selon les projections. Les groupes de pays visés comprennent les États-Unis et la Chine, dans l’agrégat approprié.
- En l’absence de mesures supplémentaires, la normalisation de la politique budgétaire à son niveau antérieur à la pandémie pourrait prendre des années.
Mesures et recommandations de politique budgétaire
- Les pays doivent déployer des mesures résolues pour préserver la viabilité des finances publiques et reconstituer leurs marges de manœuvre budgétaires.
- La cadence du rééquilibrage budgétaire doit être adaptée aux risques budgétaires et aux conditions macroéconomiques propres à chaque pays ; fermeté requise lorsque les risques souverains sont élevés et que la crédibilité budgétaire fait défaut.
- Procéder sans délai à l’élimination progressive des mesures budgétaires adoptées pendant la crise, notamment les subventions à l’énergie.
- Poursuivre les réformes pour limiter l’augmentation des dépenses et protéger les populations les plus vulnérables.
- Dans les pays avancés à population vieillissante : contenir les pressions sur les dépenses de santé et de retraite par des réformes des droits à prestations et d’autres mesures.
- Faire évoluer les recettes de concert avec les dépenses :
- Pays avancés : augmenter les recettes en ciblant les bénéfices excessifs dans le cadre de l’impôt sur les sociétés.
- Pays émergents et pays en développement : accroître les recettes fiscales potentielles par l’élargissement des bases d’imposition, le perfectionnement des systèmes fiscaux et l’amélioration de l’administration des recettes.
- Nos études montrent que de telles mesures pourraient, dans des circonstances idéales, générer jusqu’à 9 % de PIB supplémentaire.
- Adopter une vision à moyen terme de la planification et de l’exécution budgétaires, renforcer la transparence des finances publiques et utiliser davantage les technologies modernes (« GovTech »).
- Pour les pays en situation de grave surendettement : procéder à une restructuration ordonnée et rapide de la dette.
- Poursuivre la coopération internationale, notamment via le cadre commun du Groupe des Vingt et la table ronde mondiale sur la dette souveraine, pour rendre le processus de restructuration de la dette efficace.
—Ce billet est basé sur le chapitre 1 du Moniteur des finances publiques d’avril 2024 .