Dépenser plus intelligemment pour stimuler la croissance
IMF Blog, October 6, 2025
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- Authors: Era Dabla-Norris, Davide Furceri, Zsuzsa Munkacsi, Galen Sher
- Published: October 6, 2025
Progrès illustratifs : le cas du Rwanda
- Presque tous les foyers du pays ont désormais accès à la téléphonie mobile et à l’enseignement primaire.
- Plus de la moitié de la population a l’électricité.
- Un habitant sur cinq a accès à l’eau potable et à des services d’assainissement.
- Les Rwandais consomment aujourd’hui trois fois plus d’électricité.
- L’espérance de vie s’est accrue de 20 ans.
- Les dépenses d’investissement, d’éducation et de santé sont passées de 150 à 420 dollars par personne, ce qui est même inférieur à la moyenne en Afrique subsaharienne.
- La différence tient à une plus grande efficience des dépenses publiques.
Que signifie « dépenser plus intelligemment » ?
- Réaffectation des dépenses
- L’investissement public a diminué de 2 points de pourcentage des dépenses totales au cours des deux dernières décennies.
- L’éducation représente environ 11 % des dépenses totales.
- Une masse salariale élevée dans le secteur public représente en moyenne un quart des dépenses totales.
- Renforcement de « l’efficience technique des dépenses »
- Évaluer l’efficience en comparant les résultats observés aux meilleures pratiques en matière de gestion, de technologie et de dispositifs institutionnels.
- Exemple : le Canada consacre environ 2 500 dollars par personne et par an à l’éducation, soit environ 300 dollars de moins que les autres pays avancés ; la durée moyenne de scolarité des adultes est de 13,7 ans (deuxième rang mondial, derrière l’Allemagne).
Gains économiques attendus
- Gains macroéconomiques moyens
- Les États pourraient, en moyenne, tirer un tiers de valeur supplémentaire de leurs dépenses en adoptant les meilleures pratiques.
- Grâce à une plus grande efficience et une meilleure allocation, les pays émergents et les pays en développement peuvent augmenter leur production de 11 % à long terme.
- Les pays avancés peuvent augmenter leur production de 4 % à long terme.
- Effets de la réaffectation de 1 point de PIB
- Réorienter 1 % du produit intérieur brut vers l’investissement dans les infrastructures (plutôt que des dépenses publiques à faible impact) :
- Augmentation de la production d’environ 1,5 % dans les pays avancés sur environ 25 ans.
- Augmentation de la production d’environ 3,5 % dans les pays émergents et les pays en développement sur environ 25 ans.
- Réorienter 1 % du PIB vers l’investissement dans le capital humain (par ex. améliorer les systèmes éducatifs) :
- Rendement d’environ 3 à 6 % dans ces deux groupes de pays.
- Réduction des inégalités de revenus possible grâce à cette réorientation.
- Rôle de l’efficience
- Augmenter l’efficience de l’investissement de 10 points de pourcentage accroît les gains de production de 1,4 %.
- Les résultats sont plus grands et plus immédiats si les pays comblent rapidement ces écarts.
- Synergies sectorielles
- Pays avancés : associer recherche et développement à l’investissement dans le capital humain pour améliorer la productivité.
- Pays émergents et pays en développement : combiner dépenses d’infrastructure et dépenses d’éducation pour équilibrer gains à court terme et à long terme.
Obstacles et rigidités budgétaires
- Environ un tiers des dépenses sont « verrouillées » à l’échelle mondiale; la rigidité est la plus forte dans les pays avancés.
- Difficultés fréquentes :
- Fixation d’un niveau minimum légal de financement pour l’éducation, la santé ou la protection sociale.
- Modifications des salaires et des pensions du secteur public ardues.
- Motifs de vigilance : coupes budgétaires générales risquant de perturber les services essentiels et de réduire l’efficience.
Réformes et bonnes pratiques pour améliorer l’efficience
- Planification budgétaire pluriannuelle
- Exemples : Estonie et Suède — toute nouvelle dépense doit faire l’objet d’une réduction compensatoire dans les années à suivre ; allocations plus liées aux résultats passés.
- Gouvernance et transparence
- Lutte contre la corruption, renforcement de l’état de droit, amélioration de la transparence budgétaire.
- Processus de passation de marchés publics concurrentiels, meilleure gestion des investissements publics, numérisation de la gestion des finances publiques.
- Exemples d’impact
- Le Togo a amélioré l’efficience de l’investissement de 5 points de pourcentage après avoir mis en place en 2016 des analyses coûts–avantages de tous les projets et une planification pluriannuelle.
- Une revue des dépenses a permis à la République slovaque de mettre en évidence des économies potentielles de 7 % des dépenses publiques.
- Mesures sociales et salariales
- Tenir compte de l’espérance de vie pour fixer l’âge de la retraite.
- Mettre l’accent sur la prévention des maladies pour réduire les coûts futurs de santé.
- Aligner les rémunérations du secteur public sur les références du marché et renforcer le contrôle de la masse salariale, en particulier là où les salaires publics dépassent souvent de 10 % ou plus ceux du secteur privé.
- Outil opérationnel : revue des dépenses assortie d’objectifs clairs et liée aux décisions budgétaires pour identifier économies possibles et accroître l’impact des mesures.
Conclusion synthétique
- Une plus grande efficience des dépenses et une meilleure affectation des ressources existantes permettent :
- De renforcer les finances publiques.
- D’accroître la résilience.
- D’améliorer la croissance économique à long terme.
Source : Dépenser plus intelligemment pour stimuler la croissance, le 6 octobre 2025.