Grèce : priorités pour renouer avec une croissance durable
IMF News, February 7, 2017
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- Published: February 7, 2017
Bilan macroéconomique et coût social
- La Grèce a considérablement réduit ses déficits budgétaire et courant depuis le début de la crise.
- Le déficit budgétaire primaire et le déficit courant, qui se situaient respectivement à 11 et 15 % du PIB, avaient été ramenés à près de zéro à la fin 2015.
- L’ajustement s’est traduit par un coût social élevé : le taux de chômage reste à 23 % (octobre 2016) et la production est inférieure de 25 % aux niveaux d’avant crise.
- Les réformes engagées à partir du milieu de 2015 ont inclus des mesures budgétaires (pensions, TVA, impôt sur le revenu), financières (procédures collectives, service des créances improductives, cession de créances, gouvernance bancaire) et structurelles (privatisations, promotion de la concurrence).
Obstacles à une reprise durable
- La politique budgétaire n’est pas propice à la croissance : la moitié des salariés sont exonérés de l’impôt sur le revenu.
- Le déficit du système de retraites reste à un niveau record de 10,5 % du PIB, soit près de quatre fois la moyenne de la zone euro.
- Les crédits bancaires en souffrance représentent 45 % du total des crédits.
- La dette fiscale envers l’État équivaut à 70 % du PIB.
- En conséquence, l’investissement et la croissance demeurent faibles, et les réformes doivent être intensifiées et accélérées.
Recommandations fiscales et de redistribution
- La Grèce n’a pas besoin d’autres mesures d’austérité à ce stade.
- Objectif budgétaire recommandé : un excédent budgétaire primaire de 1,5 % du PIB à moyen et long terme.
- Si la Grèce choisit un objectif supérieur à 1,5 % du PIB, elle doit expliquer de façon crédible comment y parvenir et prévoir des réformes structurelles supplémentaires, à mettre en œuvre après le redémarrage de la reprise.
- Mesures recommandées :
- Élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour une répartition plus équitable de la charge fiscale.
- Utiliser les recettes pour réduire des taux d’imposition élevés qui poussent l’emploi dans l’informalité ou vers les pays voisins.
- Réformes du système de retraites pour accroître sa viabilité et mieux cibler la protection des populations vulnérables.
- Lutter contre la fraude fiscale et restructurer la dette fiscale pour les contribuables viables selon leur capacité à payer.
- Renforcer les actions de recouvrement auprès des contribuables en capacité de payer.
- Mettre en place intégralement la nouvelle administration fiscale indépendante.
Actions pour le secteur financier et les créances improductives
- Il est crucial de réduire rapidement et résolument les créances improductives pour permettre la reprise du crédit et de la croissance.
- Mesures recommandées :
- Mettre pleinement en œuvre le dispositif juridique de restructuration de la dette, avec des mesures d’exécution plus énergiques.
- Établir un mécanisme de règlement amiable des dettes bancaires et fiscales.
- Renforcer les instruments de supervision pour inciter les banques à réduire leur portefeuille de créances improductives.
- Améliorer la gouvernance des banques.
- Supprimer les contrôles de capitaux dès que cela sera prudent, tout en préservant la stabilité financière.
Réformes des marchés du travail et des produits
- Les réformes du marché du travail et du marché des produits sont essentielles pour accompagner le potentiel de croissance à long terme.
- Points saillants :
- Les réformes du marché du travail de 2011 ont amélioré la compétitivité en termes de coûts.
- L’exécution tardive des réformes du marché des produits a conduit à ce que les salariés aient supporté l’essentiel de l’ajustement.
- Recommandations : aligner les procédures de licenciement collectif et les règles sur le droit de grève sur les pratiques optimales, ouvrir davantage les professions fermées, lever les barrières à la concurrence et à l’investissement.
Allégement de la dette : nécessité et forme
- Même si toutes les politiques recommandées sont mises en œuvre, la croissance seule ne suffira pas à résoudre le problème de la dette.
- Les partenaires européens doivent accorder un allégement supplémentaire, en sus de celui déjà consenti, pour permettre une trajectoire durablement baissière de la dette.
- Formes d’allégement possibles :
- Rallongement des échéances.
- Différés d’amortissement.
- Application d’un taux d’intérêt sur les crédits officiels permettant de maintenir les charges d’intérêt à un niveau gérable dans le contexte d’une normalisation des taux d’intérêt mondiaux.
- Conclusion : il faut agir sur deux fronts — des politiques ambitieuses des autorités grecques et un allégement ambitieux de la dette par les partenaires européens — pour rétablir une croissance et une prospérité durables.
Statistiques clés (extraits du rapport)
- Déficit budgétaire primaire avant crise : 11 % du PIB.
- Déficit courant avant crise : 15 % du PIB.
- Situation fin 2015 : déficits primaires et courant près de zéro.
- Taux de chômage : 23 % (octobre 2016).
- Production inférieure de 25 % aux niveaux d’avant crise.
- Déficit du système de retraites : 10,5 % du PIB.
- Créances bancaires en souffrance : 45 % du total des crédits.
- Dette fiscale envers l’État : 70 % du PIB.
- Objectif budgétaire recommandé : excédent primaire de 1,5 % du PIB à moyen et long terme.
Fonds monétaire international — Grèce : priorités pour renouer avec une croissance durable (le 7 février 2017).