Maroc : réduire le fossé entre les sexes peut doper la croissance
IMF News, March 1, 2017
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- Published: March 1, 2017
Contexte et enjeux
- Étude du FMI montrant que des politiques favorisant une plus forte intégration des femmes dans la vie économique peuvent accroître le revenu global et améliorer les perspectives de croissance du Maroc.
- Exemple illustratif : Jamila, fillette de 12 ans vivant en zone rurale, représente les obstacles structurels à l’éducation et à l’accès à l’emploi pour les filles.
- Données clés sur la situation actuelle :
- "près de 78 % des filles de 12 à 14 ans ne sont plus scolarisées dans les campagnes"
- Jamila a "12 ans"
- "22 % de taux de chômage des jeunes"
- "25 % de taux d'activité des femmes, contre plus de 66 % chez les hommes"
Résultats et projections de l’étude
- Effet potentiel sur le revenu :
- "Si les femmes, par exemple, étaient aussi nombreuses à travailler que les hommes aujourd’hui au Maroc, le revenu par habitant pourrait être près de 50 % supérieur à ce qu’il est actuellement."
- Dynamique démographique et implication pour la main-d’œuvre :
- "La croissance démographique au Maroc s’essouffle"
- "les projections des Nations-Unies tablent sur une augmentation, d’ici 2040, du rapport de dépendance économique (rapport inactifs/actifs)"
- Risque d’"augmentation du nombre de personnes inactives" au cours des prochaines décennies, nécessitant des politiques compensatoires.
Mesures déjà adoptées par les autorités marocaines
- Réformes et initiatives en place :
- "Révision en 2004 du code de la famille, pour élargir les droits des femmes dans le cadre du mariage, de la tutelle, de la garde des enfants, et de l’accès au divorce"
- "Promulgation en 2011 d’une garantie constitutionnelle de l’égalité hommes/femmes"
- "Instauration en 2004 d’un congé de maternité de 14 semaines avec maintien total du salaire"
- "Lancement en 2002 de la première et de la plus forte initiative de budgétisation en fonction du genre dans la région Moyen-Orient et Asie centrale"
Constats et lacunes identifiés
- Malgré les progrès législatifs et institutionnels, des "mesures plus décisives et mieux ciblées s’imposent" pour :
- augmenter le taux d’activité et d’emploi des femmes,
- combler le fossé éducatif entre garçons et filles,
- améliorer l’accès des femmes aux bénéfices fiscaux actuellement réservés aux hommes.
Recommandations et politiques prioritaires
- Améliorer l’accès à l’éducation et à la formation :
- Programmes de transfert conditionnel à des fins éducatives pour favoriser l’accès des filles à l’éducation secondaire.
- Programmes d’alphabétisation des femmes dans les zones rurales.
- Programmes de formation professionnelle pour l’ensemble des femmes.
- Faciliter la participation au marché du travail :
- Investissement dans des structures de garde d’enfants pour libérer du temps pour la scolarisation, la formation et l’emploi des femmes.
- Développement des transports publics pour "faciliter et sécuriser les trajets des femmes vers leur lieu de travail".
- Réformes fiscales et de protection sociale :
- Revoir les abattements ou crédits d’impôts qui "ne sont actuellement accessibles qu’aux hommes", afin que les femmes contribuables puissent prétendre aux mêmes avantages sans devoir prouver un statut de tutrice légale.
- Soutien à l’entrepreneuriat et à l’emploi féminin :
- Promotion de l’entreprenariat féminin, en cohérence avec "la stratégie nationale pour l’emploi, récemment adoptée."
Scénario d’impact attendu
- Mise en œuvre intégrale des mesures recommandées :
- Réduction significative des obstacles à la participation économique des filles et des femmes (exemple : Jamila).
- Augmentation potentielle du revenu par habitant jusqu’à "près de 50 % supérieur" par rapport au niveau actuel, si la participation des femmes atteignait celle des hommes.
Anta Ndoye, Lisa Kolovich et Vincent Dadam — le 1 mars 2017