Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a
approuvé aujourd’hui un nouvel accord triennal en faveur du Togo au titre
de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant de 176,16 millions
de DTS (120 % de la quote-part du Togo, ou environ 241,5 millions de
dollars américains) en appui aux réformes économiques et financières
entreprises par le pays
[1]
.
La décision du Conseil d’administration permet un décaissement immédiat de
25,17 millions de DTS (environ 34,5 millions de dollars américains). Le
reliquat sera échelonné sur la durée du programme, sous réserve de revues
semestrielles.
Le programme des autorités appuyé par la FEC a pour objectif de consolider
la stabilité macroéconomique et de promouvoir une croissance durable et
inclusive. Il vise à réduire le déficit budgétaire global de manière
considérable en début de période afin d’assurer la viabilité à long terme
de la dette et de la position extérieure ; à recentrer la politique
économique sur une croissance durable et inclusive en ciblant les dépenses
sociales et en engageant des dépenses dans les infrastructures de manière
viable sur le plan financier ; ainsi qu’à corriger les faiblesses
existantes du secteur financier, surtout dans les deux banques publiques.
Lors de la même réunion, le Conseil d’administration a également achevé les
consultations de 2016 au titre de l’article IV. Un communiqué de presse
distinct sera publié sous peu.
Après les débats du Conseil d’administration sur le Togo, M. Tao Zhang,
Directeur général adjoint, a fait la déclaration suivante :
« Les résultats de l’économie togolaise ont été solides ces dernières
années, avec une croissance soutenue et une inflation basse. La croissance
a été portée par le niveau élevé des investissements publics qui ont été
engagés pour s’attaquer aux déficits considérables des infrastructures.
Cependant, ces dépenses d’équipement ont aussi fait monter la dette
publique et la pression sur le service de la dette, ce qui a évincé les
dépenses sociales nécessaires. Par ailleurs, les déficiences persistantes
du secteur financier n’ont pas été corrigées.
« Le nouvel accord au titre de la FEC appuiera les efforts déployés par les
autorités pour assainir les finances publiques, tout en préservant l’espace
nécessaire pour engager des dépenses de lutte contre la pauvreté. La
gestion des finances publiques et de la dette sera renforcée, de même que
l’administration des recettes. Les deux banques publiques sous-capitalisées
seront consolidées en une seule institution saine. Les normes de
réglementation et de contrôle du secteur de la microfinance seront
renforcées.
« Les perspectives économiques à moyen terme sont favorables : l’activité
du secteur privé devrait bénéficier de l’amélioration des infrastructures
et du climat des affaires. Cependant, les progrès futurs dépendront de la
bonne exécution du programme macroéconomique ambitieux et de la poursuite
de réformes structurelles plus larges visant à améliorer la gestion des
finances publiques et à satisfaire les besoins sociaux. »
Annexe
Évolution économique récente
La croissance a été soutenue ces dernières années. Elle a atteint 5,2 % sur
la période 2014-16, portée par les investissements dans les infrastructures
et une production agricole vigoureuse. L’inflation a été bien maîtrisée,
grâce à la baisse des prix de l’alimentation, de l’énergie et du transport.
Le taux de pauvreté est tombé de 61,7 % en 2006 à 55,1 % en 2015, bien que
la pauvreté reste concentrée sur le plan géographique.
Le rythme rapide de l’investissement public a contribué à une hausse
prononcée de la dette publique et du déficit des transactions extérieures
courantes. La dette publique, y compris la dette liée au préfinancement,
les arriérés intérieurs et la dette des entreprises publiques, est passée
de 48,6 % du PIB en 2011 à 80,8 % du PIB en 2016 (76,2 % hors dette des
entreprises publiques), en raison des investissements dans les
infrastructures publiques qui ont été financés par des emprunts intérieurs
et extérieurs. Le déficit des transactions extérieures courantes est resté
élevé, à 9,8 % du PIB en 2016, principalement à cause des importations
liées aux investissements.
La croissance devrait s’accélérer progressivement à moyen terme, tandis que
la politique budgétaire est placée sur une trajectoire durable. Elle
devrait passer de 5 % en 2016 à 5,6 % en 2021, grâce à l’amélioration du
réseau de transport et aux gains de productivité dans le secteur agricole.
Le secteur privé devrait jouer un rôle croissant de moteur de la
croissance, tandis que l’investissement public retrouve son niveau viable à
long terme. Parmi les risques de révision à la baisse de la croissance
figurent l’insuffisance des capacités d’exécution des réformes
structurelles, la résistance aux réformes de la part de groupes d’intérêt
et un nouveau ralentissement dans les principaux partenaires commerciaux
régionaux. Avec l’amélioration de l’orientation de la politique budgétaire,
la dette publique devrait tomber d’un sommet attendu de 81,3 % du PIB en
2017 à 73 % en 2019.
Résumé du programme
Le gouvernement s’est engagé à renforcer le solde budgétaire et à améliorer
la gestion des finances publiques et de la dette, tout en cherchant à
satisfaire les besoins sociaux. La politique budgétaire aura pour objectif
d’accroître les recettes, de réduire les dépenses d’équipement financées
sur ressources intérieures et de redistribuer les dépenses récurrentes de
manière à cibler les besoins sociaux fondamentaux. Le Ministère des
finances sera réorganisé et l’investissement public suivra des processus
établis en matière de marchés publics et de budget. L’administration
fiscale sera renforcée grâce à l’élargissement de l’assiette de l’impôt et
à un meilleur suivi des exemptions. Les pratiques douanières continueront
d’être modernisées et automatisées.
Les autorités togolaises ont l’intention de s’attaquer aux problèmes
persistants de deux grandes banques publiques. Les deux banques
sous-capitalisées devraient faire l’objet d’une résolution d’ici la fin de
la première année du programme, et être remplacées par une seule banque
publique qui serait suffisamment capitalisée.
Informations générales
Le Togo, qui est devenu membre du FMI le 1er août 1962, a une
quote-part de 146,80 millions de DTS au FMI.
Pour des informations supplémentaires sur le FMI et le Togo, voir :
http://www.imf.org/external/country/TGO/index.htm
[1]
La FEC est un mécanisme de prêt qui apporte un accompagnement
soutenu à moyen ou à long terme sous la forme d’un programme dans
les cas de problèmes persistants de balance des paiements..