Afrique subsaharienne : la voie de la reprise
IMF News, October 30, 2017
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- Published: October 30, 2017
Résumé et perspectives de croissance
- Le ralentissement généralisé en Afrique subsaharienne s’atténue, et la croissance devrait passer de 1,4 % l’an dernier à 2,6 % en 2017.
- Au-delà de 2017, la croissance devrait avoisiner 3½ %, soit en deçà de la barre de 5 % atteinte pendant la première moitié de la décennie.
- Un redressement de la production de pétrole et une bonne récolte au Nigéria, ainsi que l’atténuation des tensions dans le Delta du Niger, représentent plus de la moitié de la croissance supplémentaire.
- L’environnement mondial est favorable: accélération de la croissance dans les plus grandes économies, remontée des prix des produits de base après leur creux et amélioration de l’accès aux marchés de capitaux internationaux pour les pays de la région.
Principaux constats macroéconomiques et statistiques
- Croissance: passage de "1,4 %" (année précédente) à "2,6 %" en 2017.
- Croissance future: "3½ %" attendus au-delà de 2017.
- Distribution de la croissance: un tiers des pays enregistre une croissance voisine de 5 %, mais le revenu par habitant augmentera à peine dans la région.
- Déclin du revenu par habitant: dans "12 des 45 pays d’Afrique subsaharienne", qui comptent "400 millions d’habitants", soit "environ 40 % de la population de la région", le revenu par habitant devrait baisser.
- Dette publique: à la fin de 2016, la dette publique dépassait "50 % du PIB" dans près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne.
- Service de la dette: en Angola, au Gabon et au Nigéria, le service de la dette absorbe "plus de 60 % des recettes publiques".
Vulnérabilités croissantes
- Facteurs identifiés:
- Hausse de la dette publique dans les pays exportateurs de pétrole et dans beaucoup de pays à croissance rapide.
- Tensions dans le secteur financier: détérioration des indicateurs de liquidité et de solvabilité des banques et augmentation des prêts improductifs.
- Bas niveau des amortisseurs extérieurs: réserves de change souvent en deçà de leurs niveaux adéquats, en particulier dans les pays à régime de change fixe.
- Financement des déficits par les banques intérieures, limitant l’offre de crédit au secteur privé.
- Incertitude politique et manque de clarté quant à l’orientation future de la politique économique dans certaines grandes économies (Nigéria, Afrique du Sud), pesant sur la confiance des consommateurs et des investisseurs.
Priorités de politique économique
- Objectif général: s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité budgétaires et aux obstacles à la croissance.
- Assainissement budgétaire:
- La plupart des pays prévoient un ajustement budgétaire pour limiter l’augmentation récente de leur dette.
- Contrainte: étant donné la dynamique de croissance faible, l’ajustement doit limiter les effets négatifs sur la croissance tout en préservant un espace budgétaire pour les dépenses prioritaires.
- Urgence particulière pour les pays exportateurs de pétrole.
- Opportunité pour d’autres pays d’accroître leurs recettes et de dégager une marge pour les dépenses de santé et d’éducation.
- Avertissement: tout report de l’ajustement budgétaire portera probablement la dette publique à un niveau insoutenable compte tenu du rythme récent d’accumulation de la dette.
- Accélérer la croissance et la diversification:
- Nécessité d’attaquer le déficit des infrastructures même avec un espace budgétaire limité, via des investissements bien planifiés et efficients.
- Importance des réformes complémentaires: amélioration de la gouvernance, état de droit, efficacité de l’État.
- Diversification économique comme moteur de croissance pour beaucoup de pays à faible revenu.
- Progrès contrastés: globalement peu de progrès, avec une concentration accrue dans les économies basées sur le pétrole; néanmoins, des pays pauvres en ressources naturelles (Burkina Faso, Rwanda, Ouganda) ont accompli des progrès considérables.
- Les stratégies nationales de promotion de la diversification doivent s’appuyer sur les atouts existantes d’un pays et être adaptées aux problèmes propres à chaque pays.
- Efficacité des politiques sectorielles renforcée par des mesures visant à: consolider la stabilité macroéconomique, améliorer les résultats en matière d’éducation, renforcer la gouvernance et la transparence des réglementations, et développer les marchés financiers.
Source: https://www.imf.org/fr/news/articles/2017/10/27/na103017-sub-saharan-africa-the-path-to-recovery