Les bases de la transformation technologique en Afrique
IMF News, December 18, 2017
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- Published: December 18, 2017
Introduction
- Discours de Christine Lagarde prononcé à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) à Addis-Abeba.
- Thème central : l’impact de la technologie dans les pays africains et les nouvelles perspectives pour la génération montante.
- Constat démographique clé : les jeunes Africains constituent déjà 75 % de la population en âge de travailler[1]; à l’horizon 2030, plus de la moitié des nouveaux travailleurs qui rejoindront la population active mondiale seront originaires d’Afrique [2].
- Message principal : la technologie peut être un moteur de prospérité si elle s’appuie sur des bases solides (infrastructures, éducation, santé, partenariats public-privé).
Perspectives macroéconomiques
- Croissance mondiale projetée : 3,6 % en 2017 et 3,7 % en 2018 (projections du FMI).
- Croissance pour l’Afrique : 2,9 % en 2017 et 3,5 % en 2018 et 2019.
- Disparités : près d’un tiers des pays ont un taux de croissance proche de 5 %, tandis que d’autres, notamment les pays exportateurs de produits de base, sont en repli.
- Quinze pays du continent devraient enregistrer une baisse de leur PIB par habitant cette année; ces pays représentent 40 % de la population.
- Risque macroéconomique : la dette publique atteint 50 % du PIB dans près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne.
Environnement propice à l’innovation technologique
- Rôle des conditions structurelles : accès au crédit, infrastructures, éducation et formation favorisent l’émergence d’innovations (exemples : drone médical au Rwanda; réseau social d’agriculteurs en Ouganda).
- Intégration financière et banque mobile :
- En 2015, près de 35 % des adultes d’Afrique subsaharienne disposaient d’un compte bancaire électronique accessible par téléphone mobile, soit le pourcentage le plus élevé au monde[3].
- Exemples de pays adoptant la banque mobile : Kenya, Côte d’Ivoire, Ouganda, Somalie, Tanzanie, Zimbabwe et beaucoup d’autres.
- Impact social et économique : facilitation des transferts, accès au crédit, renforcement de la confiance et inclusion financière.
- Énergie et infrastructures :
- Des centaines de millions de personnes en Afrique vivent sans électricité jour après jour[5].
- Solutions solaires déployées : entreprises et modèles de paiement (ex. M-kopa) ont permis d’amener l’électricité à plus d’un demi-million de foyers.
- Besoins d’investissement estimés à plus de 90 milliards de dollars par an[6].
- Projets mentionnés : centrales solaires au Burkina Faso, en Zambie et au Bénin; grande centrale solaire au Maroc.
- Capital humain et innovations locales :
- Exemples : Andela (formation et déploiement de travailleurs tech africains); au Togo, première imprimante 3D faite à partir de déchets électroniques visant à équiper des établissements scolaires[7].
- Rôle de l’État :
- Au-delà des fondations pour l’innovation, l’État doit rationaliser la réglementation, assurer l’accès aux marchés, promouvoir la concurrence et accompagner la recherche fondamentale.
Outils numériques et gains pour les finances publiques
- Publication du FMI citée : Digital Revolutions in Public Finance.
- Estimation générale : les pays en développement pourraient gagner près de 1 % de leur PIB en numérisant leurs systèmes de paiement; le dividende pourrait être encore plus élevé dans certains pays d’Afrique[8].
- Exemple précis : Nigéria — passage au numérique pourrait permettre d’économiser de 5 à 9 milliards de dollars, soit environ 1,7 % du PIB[9].
- Exemples d’impact opérationnel :
- Sierra Leone : adoption d’un système de portefeuille électronique pendant l’épidémie d’Ébola, améliorant l’affectation des ressources et sauvant des vies.
- Côte d’Ivoire : dématérialisation du paiement des frais de scolarité entre 2011 et 2014, aboutissant à moins de frais impayés, moins de fraude et plus d’investissements dans le système scolaire.
- Ghana : projet pilote bitland utilisant une plateforme de «chaîne de blocs» pour enregistrer les transactions foncières; contexte : au Ghana, environ 90 % des biens fonciers agricoles ne sont pas enregistrés[10].
- Bénéfices attendus : économies, transparence, responsabilisation, accroissement des recettes et investissements dans la santé et l’éducation; contribution aux objectifs de développement durables à l’horizon 2030.
Actions et appui du FMI
- Initiatives pratiques :
- Organisation d’un «hackathon» à Dakar avec le Ministère des finances du Sénégal pour améliorer le recouvrement des impôts; participation d’une centaine de jeunes chefs d’entreprise; solutions proposées : applications sans connexion Internet pour déclarations d’impôt, logiciels réduisant la documentation, portails d’accès aux dossiers fiscaux.
- Renforcement des capacités :
- En 2016, l’Afrique subsaharienne a été le plus gros bénéficiaire des efforts de développement des capacités du FMI.
- Le FMI dispose de six centres de développement des capacités implantés en Afrique pour répondre rapidement aux besoins des pays membres.
- Cours en ligne gratuits du FMI suivis par près de 30.000 personnes, dont beaucoup en Afrique; thématiques : gestion des finances publiques, analyse de viabilité de la dette, etc.
- Objectif : promouvoir des pratiques exemplaires, favoriser le partage de connaissances, et renforcer les fondements économiques pour permettre l’épanouissement des technologies et innovations.
Recommandations et voies d’action
- Favoriser la coopération public-privé pour attirer des investissements et développer des infrastructures.
- Prioriser l’investissement en énergie, notamment solaire, pour résoudre le déficit d’approvisionnement électrique.
- Numériser les systèmes de paiement et de gestion publique pour gagner en efficacité (potentiel proche de 1 % du PIB pour les pays en développement).
- Renforcer l’inclusion financière via la banque mobile pour élargir l’accès au crédit et stimuler l’activité économique.
- Soutenir la formation technique et les centres d’innovation pour mobiliser le vivier de talents (ex. Andela, initiatives locales).
- Promouvoir des cadres réglementaires clairs et une concurrence accrue pour encourager l’innovation et protéger les entrepreneurs.
Conclusion
- Citation finale : «Vos rêves doivent toujours être plus forts que votre capacité à les atteindre. S’ils ne vous créent aucune appréhension, c’est qu’ils ne sont pas assez ambitieux.» (Présidente Ellen Johnson Sirleaf).
- Diagnostic : l’Afrique dispose d’une génération montante ambitieuse; la question est de créer l’environnement propice (diversification économique, mise en valeur de la technologie, coopération) pour transformer ces ambitions en réalité.
- Engagement : le FMI se dit prêt à être partenaire des pays africains et des institutions régionales pour accompagner cette transformation.
Département de la communication du FMI, le 18 décembre 2017