Bâtir un écosystème économique plus fort pour la zone euro
IMF News, March 28, 2019
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- Bâtir un écosystème économique plus fort pour la zone euro
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- Published: March 28, 2019
Contexte et constat général
- Discours de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, Banque de France, Paris, le 28 mars 2019.
- À vingt ans, la zone euro compte "19 États membres" et constitue "la deuxième plus grande économie mondiale" (sur la base des taux de change du marché).
- L’euro est "la deuxième monnaie la plus échangée au monde".
- Dans la zone euro, "le PIB réel par habitant a augmenté de plus de 60 % au cours des vingt dernières années."
- Opinion publique : "trois habitants sur cinq estiment que l’euro bénéficie à leur pays", et "trois quarts considèrent que l’euro est une bonne chose pour l’Union européenne."
- Problèmes persistants : cicatrices de la crise financière mondiale et de la crise de la dette souveraine, disparités économiques entre pays et au sein des pays, risque de pauvreté touchant "un jeune sur quatre", montée de mouvements populistes, et ralentissement économique avec des risques en hausse.
État du système financier européen
- Intégration financière insuffisante comparée au marché unique des biens et services.
- Avant la crise : importants volumes de prêts transfrontières entre banques ; après, rapatriement des liquidités et assèchement du crédit.
- Situation actuelle : les "prêts transfrontières entre banques de la zone euro ont retrouvé leur niveau de 2005."
- Disparités de coûts du crédit : pour les entreprises de certains pays, "le coût du crédit est plus du double que dans d’autres pays de la zone", situation comparable pour les ménages ; ces disparités se sont creusées depuis 2009.
- Progrès réalisés : création de "l’autorité bancaire européenne", augmentation des exigences de fonds propres, instauration d’un "nouveau mécanisme de gestion des défaillances et crises bancaires". Ces instruments sont décrits comme "maillons essentiels d’un nouveau système de garde‑fous".
- Nouveaux défis : préférence persistante pour le marché national, baisse du rendement des fonds propres qui pousse les banques vers des modèles plus légers, intensification de la concurrence (fintech) pouvant exercer une pression sur la rentabilité et inciter à un relâchement des conditions d’emprunt.
Recommandations pour achever l’union bancaire
- Objectif principal : établir "un système commun de garantie des dépôts."
- Caractéristiques attendues :
- Financement : "ce système sera financé par les banques et non par les contribuables."
- Trouver un "équilibre acceptable entre la mutualisation des risques et leur réduction — entre la confiance et la responsabilisation."
- Appel à l’action : exhortation aux dirigeants de la zone euro à "ranimer le débat, à négocier de bonne foi et à faire de difficiles compromis" pour libérer le potentiel de l’union bancaire.
Besoins et gains d’une union des marchés des capitaux
- Motif : diversification des sources de financement pour accroître la résilience économique.
- Comparaison structurelle : aux États-Unis, "le marché obligataire privé représente plus de deux cinquièmes du PIB, contre un dixième seulement dans la zone euro."
- Comportement des ménages : "les ménages de la zone euro conservent 40 % de leurs avoirs financiers sur des comptes de dépôt", exposant fortement l’épargne aux aléas du secteur bancaire.
- Gains attendus d’un marché des capitaux intégré :
- Réduction de la dépendance des entreprises et des ménages vis‑à‑vis des banques.
- Uniformisation du coût du crédit entre pays.
- Amélioration du rendement de l’épargne et meilleure diversification des portefeuilles transfrontaliers.
- Facilitation de l’investissement transfrontalier (exemple : épargnants italiens investissant hors d’Italie, espoir pour les citoyens allemands d’obtenir un taux supérieur à zéro sur leur épargne).
Réformes prioritaires pour l’union des marchés des capitaux
- Trois domaines clés :
1. Transparence de l’information :
- Informations sur les entreprises et instruments financiers doivent être "largement accessibles, abordables, étayées par des audits rigoureux et présentées dans des formats faciles à comparer."
- Exemple : la nouvelle norme de titrisation qui accorde un traitement réglementaire préférentiel aux instruments "simples, transparents et standardisés (STS)"; après transition, seules ces titrisations standardisées pourront constituer une garantie pour la BCE.
2. Efficacité des régimes d’insolvabilité :
- "Plus les procédures d’insolvabilité seront rapides et aisées, meilleurs seront leurs résultats."
- Gains : dégager des capitaux pour des investissements productifs.
- Différences nationales marquées : "il faut environ neuf fois plus longtemps pour régler une affaire d’insolvabilité en Grèce qu’en Irlande."
3. Fiscalité des investissements transfrontières :
- Simplification et harmonisation des règles de prélèvement à la source pour traiter l’investissement transfrontalier "sur un pied d’égalité avec l’investissement intérieur" ou à tout le moins encourager la diversification des portefeuilles.
Intention stratégique et conclusion
- Vision : reproduire dans le secteur financier la transformation du marché unique des biens et services, qui a "augmenté le PIB de l’Union européenne de quelque 9 %."
- Appel au courage, à la créativité et à la persévérance de l’Europe pour achever l’union bancaire et l’union des marchés des capitaux.
- Citation finale : Molière — "Les arbres tardifs sont ceux qui portent les meilleurs fruits." Conclusion que "le moment est venu pour la zone euro de prendre un nouvel élan et d’achever l’union bancaire et celle des marchés des capitaux, pour en récolter les fruits dès aujourd’hui."
Discours de Christine Lagarde, Banque de France, Paris, le 28 mars 2019.