Le conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2022 au titre de l’article IV avec la Côte d’Ivoire
IMF News, June 17, 2022
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- Published: June 17, 2022
Contexte et appréciation générale
- Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Côte d’Ivoire et approuvé sans réunion l’évaluation des services du FMI selon la procédure de défaut d’opposition.
- La Côte d’Ivoire a fait preuve de résilience face à la pandémie de la COVID‑19 grâce à des politiques efficaces mises en place par les autorités.
- La campagne de vaccination se poursuit et environ 70 % de la population visée a déjà reçu une première dose.
- Le nombre de décès liés à la COVID‑19 reste faible par rapport au reste du monde.
Performance économique récente et projections 2022–moyen terme
- Croissance et inflation
- Croissance du PIB réel en 2021 : 7 % (contre 2 % en 2020).
- Croissance projetée pour 2022 : 6 %.
- Inflation annuelle en 2021 : 4,2 %.
- Inflation projetée pour 2022 : environ 5½ %.
- Facteurs pesant sur les perspectives
- Répercussions de la guerre en Ukraine, atonie de la demande mondiale, détérioration des termes de l’échange, incertitude accrue.
- Risques liés à la sécurité dans la région.
- Mesures temporaires prises par les autorités (plafonnement du prix de plusieurs produits alimentaires).
- Perspectives à moyen terme
- Croissance à moyen terme jugée robuste.
- Risques haussiers : découverte d’importantes réserves de pétrole et de gaz.
- Mise en œuvre rigoureuse des réformes du PND 2021–25 attendue pour stimuler la croissance à moyen terme.
Situation budgétaire, dette et viabilité
- Résultats budgétaires récents
- Déficit budgétaire global en 2021 : 5,1 % du PIB (inférieur aux prévisions).
- Amélioration reflétée par le recouvrement des recettes douanières et l’administration fiscale compensant l’augmentation des dépenses de sécurité.
- Convergence et espace budgétaire
- Objectif de convergence fiscale de l’UEMOA : déficit de 3 % du PIB d'ici 2024.
- Possibilité d’un déficit budgétaire légèrement plus élevé que prévu en 2022 justifiable par les circonstances.
- Analyse de viabilité de la dette : risque modéré de surendettement et marge de manœuvre très limitée pour absorber des chocs futurs.
- Recommandations fiscales
- Accélérer les efforts de mobilisation des recettes intérieures.
- Poursuivre les réformes budgétaires pour dégager une marge de manœuvre afin de financer dépenses prioritaires.
- Améliorer l’administration fiscale, rationaliser les exonérations fiscales.
- Refonte et simplification du régime de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour améliorer la progressivité.
Politiques structurelles, inclusion sociale et climat des affaires
- Investissement humain et services sociaux
- Le nouveau programme social peut continuer à renforcer le capital humain.
- Progrès en matière d’accès à l’éducation, mais nécessité d’améliorer la qualité de l’éducation de base et de la formation professionnelle.
- Accès équitable aux soins de santé demeure une priorité.
- Climat des affaires et investissements
- Nécessité d’améliorer le climat des affaires : éliminer les goulots d’étranglement dans les infrastructures, combler les lacunes du cadre réglementaire, renforcer le régime foncier et la protection des droits de propriété, simplifier les démarches administratives.
- Forte participation du secteur privé recommandée pour contenir les coûts budgétaires et concentrer les efforts sur les domaines prioritaires.
- Poursuite des efforts dans la gestion des affaires publiques et la lutte contre la corruption pour attirer les investissements privés.
- Changement climatique
- Autorités engagées à adopter des politiques d’adaptation et d’atténuation, notamment en agriculture durable et préservation des forêts.
Secteur financier et inclusion
- Inclusion financière et accès aux services financiers restent prioritaires pour libérer le potentiel du secteur privé.
- Mesures pour améliorer l’appui bancaire à la croissance :
- Améliorer les procédures d’insolvabilité.
- Améliorer l’infrastructure du crédit.
- Restructurer rapidement les banques publiques sous-capitalisées.
Principaux risques à court terme
- Risques baissiers principalement liés à :
- Répercussions mondiales de la guerre en Ukraine.
- Resserrement de la politique monétaire dans les pays avancés et augmentation du coût d’emprunt.
- Émergence de nouveaux variants de la COVID‑19.
- Instabilité persistante dans certains pays voisins.
Recommandations de mise en œuvre des réformes
- Maintenir les mesures temporaires ciblant davantage les populations vulnérables si la situation se prolonge.
- Trouver un équilibre entre couvrir les dépenses prioritaires (dont la sécurité) et préserver une marge de manœuvre budgétaire suffisante.
- Accélérer la mise en œuvre des réformes du PND 2021–25.
- Renforcer la participation du secteur privé et accélérer la numérisation pour améliorer le recouvrement des recettes.
Données clés et indicateurs économiques (2019–23)
- Population (2020) : 27 millions
- Coefficient de Gini (2015) : 41,5
- PIB par habitant (2020) : 2 279 dollars
- Espérance de vie (années) : 58
- Proportion de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté (2015) : 44,4 %
- Taux d’alphabétisation : 47,2 %
- Tableaux synthétiques 2019–23 (Est. = Estimé, Proj. = Projeté)
- Croissance du PIB réel (%)
- 2019 : 6,2
- 2020 : 2,0
- 2021 : 7,0
- 2022 Est. : 6,0
- 2023 Proj. : 6,7
- Inflation (moyenne annuelle, %)
- 2019 : 0,8
- 2020 : 2,4
- 2021 : 4,2
- 2022 Est. : 5,5
- 2023 Proj. : 2,3
- Recettes (en % du PIB)
- 2019 : 14,2
- 2020 : 14,4
- 2021 : 15,3
- 2022 Est. : 14,7
- Dépenses (en % du PIB)
- 2019 : 17,3
- 2020 : 20,5
- 2021 : 20,9
- 2022 Est. : 20,0
- 2023 Proj. : 19,2
- Solde budgétaire (en % du PIB)
- 2019 : -2,3
- 2020 : -5,6
- 2021 : -5,1
- 2022 Est. : -5,3
- 2023 Proj. : -4,0
- Dette publique (en % du PIB)
- 2019 : 38,4
- 2020 : 47,6
- 2021 : 52,1
- 2022 Est. : 52,9
- 2023 Proj. : 52,3
- Monnaie au sens large (variation en %)
- 2019 : 11,0
- 2020 : 21,4
- 2021 : 17,7
- 2022 Est. : 10,4
- Crédit au secteur privé (variation en %)
- 2019 : 6,1
- 2020 : 9,2
- 2021 : 12,6
- 2022 Est. : 4,5
- Compte des transactions courantes (en % du PIB)
- 2019 : -3,2
- 2020 : -3,8
- 2021 : -4,8
- 2022 Est. : -4,6
- Flux entrants nets d'IDE (en % du PIB)
- 2019 : 1,3
- 2020 : 1,2
- 2021 : 1,1
- Réserves UEMOA (en mois d’importations)
- 2019 : 5,6
- Dette publique extérieure (en % du PIB)
- 2019 : 25,5
- 2020 : 30,5
- 2021 : 31,6
- 2022 Est. : 31,4
- 2023 Proj. : 30,3
- TCER (variation en %, dépréciation –)
- 2019 : -3,9
- 2020 : 5,1
- 2021 : 1,9
Source : Département de la communication du FMI — Communiqué de presse N° 22/210, le 17 juin 2022.