Les services du FMI achèvent leur mission de 2026au titre de l’article IV avec le Burundi
IMF News, May 20, 2026
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- Published: May 20, 2026
Constat général et contexte de la mission
- Mission du FMI dirigée par Alexandre Chailloux, s’est rendue au Burundi du 27 avril au 8 mai dans le cadre de la consultation de 2026 au titre de l’article IV.
- Les autorités ont adopté une stratégie macroéconomique l’année précédente et un programme national de réformes plus large; d’importantes mesures de politique économique ont été prises pour stabiliser l’économie et réduire les déséquilibres.
- La croissance s’est accélérée en 2025 et l’inflation a fortement reculé.
Perspectives macroéconomiques et principaux chiffres
- Croissance réelle du PIB en 2025 estimée à 4,2 %, tirée par la vigueur des exportations.
- Volume d’or exporté : d’environ 400 kg en 2024 à 1,2 tonne en 2025.
- Prime du marché parallèle : demeure élevée à 100 % à fin avril 2026.
- Déficit budgétaire global attendu à 3,4 % du PIB en 2025/26, contre 5,5 % en 2024/25.
- Dette publique estimée à 42 % du PIB à fin 2025, jugée viable mais assortie d’un risque élevé de surendettement.
- Inflation en glissement annuel passée d’environ 45,5 % en avril 2025 à 10,8 % en mars 2026.
- Prévisions : croissance du PIB réel d’environ 3,9 % en 2026; renforcement progressif à moyen terme entre 4 et 4,5 %.
- Inflation moyenne attendue à 14,5 % en 2026; convergence vers une fourchette de 10 à 12 % à moyen terme, sous hypothèse de discipline continue des politiques.
- Déficit du compte courant attendu à 6 % du PIB en 2026.
- Réserves de change attendues à environ 500 millions de dollars, soit 2,8 mois d’importations à moyen terme.
Risques et incertitudes
- Perspectives marquées par une forte incertitude liée aux perturbations mondiales, notamment la guerre au Moyen-Orient.
- Risques internes : insuffisances de recettes, contraintes de capacité, pressions d’économie politique, retards dans les réformes de gouvernance.
- Risques externes : prolongation ou intensification des tensions géopolitiques mondiales pouvant inverser les gains des termes de l’échange.
- Si choc négatif, mesures d’atténuation possibles : mesures ciblées, temporaires et neutres du point de vue budgétaire pour protéger les plus vulnérables.
Politique budgétaire — constats et recommandations
- Appréciation de l’ajustement budgétaire ambitieux et de l’adoption d’un cadre budgétaire à moyen terme.
- Le Gouvernement n’a pas eu recours aux avances de la BRB pour financer le déficit au cours de l’exercice budgétaire en cours.
- Recommandations pour les recettes :
- Renforcer la mobilisation des recettes intérieures.
- Poursuivre le déploiement d’e-Kori (système intégré de gestion des recettes de l’Office burundais des recettes).
- Poursuivre le déploiement des machines de TVA.
- Évaluer et mieux cibler les exonérations fiscales, coûtées environ 1,5 à 3 % du PIB par an ces dernières années.
- Réduction des seuils d’assujettissement à la TVA, révision et élimination des exonérations de TVA non justifiées, réduction du nombre de produits bénéficiant du taux réduit de TVA.
- Recommandations pour les dépenses :
- Éviter les réductions généralisées susceptibles de compromettre les services publics essentiels et la croissance.
- Consolider par des mesures mieux ciblées et durables.
- Mesures récentes bienvenues : réduction des pertes dans les subventions aux engrais via meilleur ciblage et renforcement du contrôle.
- Protéger et, si possible, augmenter les dépenses sociales ciblées (santé, éducation).
- Maintenir un investissement public de qualité, soigneusement priorisé et aligné sur les financements disponibles.
- Réformes de gestion des finances publiques saluées :
- Mise en œuvre progressive du compte unique du Trésor.
- Nomination de comptables publics au sein des ministères et au niveau provincial.
- Décentralisation de l’exécution budgétaire.
- Acquisition prévue d’un système intégré de gestion des finances publiques.
Politiques de change, monétaire et secteur financier
- Recommandation : suppression progressive du régime de taux de change dual pour réduire les distorsions et soutenir la compétitivité.
- Nécessité d’une feuille de route clairement séquencée, cohérente avec la stratégie de stabilisation et soutenue par des politiques budgétaire et monétaire saines.
- Bénéfices attendus de la réforme du taux de change : atténuation des pénuries de carburant, stimulation des exportations et des IDE, renforcement de la valeur de l’aide extérieure.
- Politique monétaire :
- Resserrement nécessaire pour consolider les gains de désinflation et soutenir la réforme du marché des changes.
- Poursuite de la prudence budgétaire pour éviter le financement du déficit par la banque centrale.
- Mise en œuvre du compte unique du Trésor et gestion plus efficiente de la trésorerie devraient contribuer à une contraction progressive de la liquidité.
- Nécessité d’une gestion proactive de la liquidité par la BRB, maintien de taux d’intérêt réels en territoire positif, renforcement du cadre de politique monétaire (gestion prospective de la liquidité, communication active).
- Secteur financier :
- Secteur globalement stable mais vulnérabilités persistantes : taux d’intérêt réels négatifs, possibilités limitées de crédit au secteur privé, forte exposition à la dette publique.
- Recommandations : renforcer la supervision et la réglementation; améliorer capacités de tests de résistance; suivi des risques de change des banques; traitement rapide des risques émergents; renforcer les ressources de la supervision bancaire.
- Recommandation réitérée : procéder à un examen complet de la qualité des actifs (Asset Quality Review).
Politiques structurelles et secteurs clés
- Gouvernance :
- Renforcement de la gouvernance essentiel pour traduire les gains macroéconomiques en croissance durable et inclusive.
- Évaluation diagnostique de la gouvernance réalisée par le FMI, en voie d’achèvement; mise en œuvre rapide des recommandations recommandée.
- Secteur du café :
- Réformes pour améliorer qualité des exportations, traçabilité, conformité aux normes internationales, digitalisation pour transparence des prix et formalisation.
- Amélioration des prix aux petits producteurs et meilleure transmission des prix internationaux pourraient accroître production et revenus.
- Mesures agricoles récentes (techniques agricoles, remplacement des plants vieillissants) devraient augmenter les rendements.
- Secteur de l’électricité :
- Amélioration des réseaux de distribution et de transport essentielle pour tirer parti des progrès de production et élargir l’accès à une électricité renouvelable abordable.
- Promotion des partenariats public-privé et du soutien des bailleurs; améliorer performance technique et viabilité financière de la REGIDESO.
- Secteur de l’or :
- Progrès en matière de formalisation et transparence (adhésion à l’ITIE) et mise en place d’un régime fiscal stable et d’un encadrement réglementaire efficace nécessaires.
- Renforcement de la traçabilité, formalisation et mobilisation des recettes pour maximiser contribution à la stabilité macroéconomique et à une croissance inclusive.
Conclusions opérationnelles et messages clés
- Une stabilisation macroéconomique complète est à portée de main si les autorités :
- Maintiennent leur engagement en faveur de la discipline budgétaire.
- Resserrent la politique monétaire.
- Progressent vers une réforme du taux de change selon une approche crédible, ordonnée et bien séquencée.
- Les services soulignent l’importance de poursuivre la consolidation budgétaire, d’adopter des politiques d’endettement prudentes et de privilégier les financements concessionnels.
- L’équipe de mission remercie les autorités burundaises et l’ensemble des interlocuteurs pour la franchise des échanges et leur hospitalité.
Communiqué de presse N° 26/158 — 20 mai 2026, Département de la communication du FMI