Le conseil d'administration du FMI achève les consultations de 2026 au titre de l'article IV avec l'Algérie
IMF News, September 21, 2026
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- Published: September 21, 2026
Résumé exécutif
- Le programme de réformes de l'Algérie a favorisé la diversification économique et une croissance robuste, bien que les déficits budgétaires importants aient épuisés les marges de manœuvre budgétaires et réduits les marges extérieures.
- La hausse des recettes tirées des hydrocarbures améliore les perspectives à court terme et offre la possibilité de reconstituer les marges de manœuvre.
- Réduire les vulnérabilités requiert une consolidation budgétaire, une politique monétaire axée sur la stabilité des prix et une plus grande flexibilité du taux de change.
- Le retrait de la liste du GAFI des pays et territoires soumis à une surveillance renforcée est salué, mais doit être accompagné de réformes plus profondes pour soutenir une croissance plus forte, plus résiliente et tirée par le secteur privé.
Performance récente et dynamique macroéconomique
- Croissance du PIB réel : 3.9 percent en 2025 (contre 3.7 percent en 2024), soutenue par la vigueur des investissements.
- Inflation globale : passée de -2.0 percent en septembre 2025 à 5.2 percent en avril 2026, imputée à la fin de la déflation des prix des denrées alimentaires et à la forte hausse des prix des bijoux suite à la hausse des prix de l'or.
- Déficit budgétaire : a diminué en 2025 grâce à des versements de dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d'Algérie, mais est resté très élevé.
- Financement et dette : besoins de financement toujours importants ayant entraîné une hausse de la dette publique et un recours au financement par la banque centrale.
- Solde extérieur : forte détérioration due à la hausse des importations et à la baisse des exportations d'hydrocarbures, entraînant une forte réduction des réserves internationales.
- Conditions monétaires : assouplies parallèlement à un financement accru de l'État par la banque centrale; la prime de taux de change parallèle a augmenté.
Perspectives à court et moyen terme (projections clés)
- Croissance du PIB réel : 3.8 percent en 2026.
- Inflation : devrait augmenter temporairement en 2026.
- Déficit budgétaire : devrait rester élevé en 2026, avec poursuite du financement monétaire.
- Déficit extérieur : devrait diminuer sous l'effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations.
- À moyen terme : croissance devrait ralentir; maintien de déficits budgétaires élevés augmenterait la dette publique; déficits extérieurs persistants réduiraient progressivement les réserves internationales.
Principaux risques et scénarios
- Risques baissiers : forte baisse des cours des hydrocarbures; déficits budgétaires persistants et importants compromettant la viabilité de la dette et renforçant les liens financiers entre les banques et l'État; dépendance persistante au financement monétaire susceptible de compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique.
- Scénarios positifs : consolidation plus marquée des finances publiques; diversification plus rapide de l’économie; poursuite des réformes structurelles améliorant le climat des affaires, attirant davantage d’investissements privés et renforçant la croissance et la résilience à moyen terme.
Évaluation et recommandations du conseil d’administration
- Approbation des grands axes de l'évaluation des services du FMI; salutation de la robustesse de la croissance et des efforts de diversification soutenus par une stratégie axée sur l'investissement public.
- Nécessité de rééquilibrer progressivement les politiques macroéconomiques et de poursuivre les réformes structurelles pour reconstituer les marges de manœuvre, accroître la résilience, soutenir la diversification et promouvoir une croissance tirée par le secteur privé.
- Engagement continu avec le FMI via développement des capacités et assistance technique jugé important.
Recommandations spécifiques :
- Consolidation fiscale progressive et crédible ; profiter de la hausse des cours des hydrocarbures pour reconstituer les marges budgétaires.
- Renforcement de la mobilisation des recettes hors hydrocarbures, amélioration de l'efficacité de l'investissement public, rationalisation des dépenses et réforme progressive des subventions énergétiques avec soutien ciblé aux ménages vulnérables.
- Amélioration de la gestion des finances publiques et des risques budgétaires, ancrée dans un cadre fondé sur des règles.
- Politique monétaire : resserrement si pressions inflationnistes plus généralisées ; faire d'une faible inflation le point d'ancrage nominal clair ; améliorer la transmission de la politique monétaire ; renforcer l'indépendance opérationnelle de la Banque d'Algérie ; limiter le financement monétaire à des circonstances exceptionnelles.
- Taux de change : accroître la flexibilité pour absorber les chocs extérieurs et réduire la prime de change sur le marché parallèle.
- Secteur financier : poursuivre les réformes pour contenir les risques liés aux prêts non performants élevés et aux liens financiers étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques ; renforcer la supervision financière, les dispositifs de gestion des crises et de la liquidité et la gouvernance des banques publiques.
- Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) : poursuivre la mise en œuvre effective du cadre renforcé et donner suite aux recommandations du Programme d’évaluation du secteur financier (PESF).
- Réformes structurelles : améliorer le climat des affaires, l’équité de la concurrence entre entreprises publiques et privé, réduire les obstacles réglementaires et l’informalité, renforcer la gouvernance et la transparence.
- Résilience climatique et intégration régionale : renforcer la résilience face au changement climatique et approfondir les liens commerciaux et énergétiques avec l'Europe et l'Afrique.
- Statistiques : améliorer la couverture, la rapidité de diffusion et la qualité des données statistiques.
Principaux indicateurs économiques et financiers (sélection)
- PIB réel : 4.1 (2023), 3.7 (2024), 3.9 (2025), 3.8 (2026), 3.1 (2027), 3.0 (2028), 2.9 (2029), (2030 non renseigné pour la ligne principale).
- Secteur des hydrocarbures : 3.6 (2023), -1.3 (2024), 1.3 (2025), 2.7 (2026), -0.8 (2027), -0.1 (2028), 3.4 (2029), 1.2 (2030).
- Secteur hors hydrocarbures : 4.2 (2023), 4.3 (2024), 4.0 (2025), 3.3 (2026).
- Indice des prix à la consommation (moyenne) : 9.3 (2023), 1.4 (2024), 5.5 (2025), 3.5 (2026).
- Avoirs extérieurs nets : 8.9 (2023), 19.4 (2024), -14.5 (2025), -6.2 (2026), -3.2 (2027), -8.6 (2028), -7.2 (2029), -5.9 (2030), -5.8 (2031).
- Crédit à l'économie : 6.0 (2023), 5.9 (2024), 7.8 (2025), 9.6 (2026), 6.7 (2027), 6.6 (2028), 6.5 (2029), 6.3 (2030).
- Monnaie et quasi-monnaie : 9.0 (2023), 6.9 (2024), 11.5 (2025), 9.5 (2026), 9.4 (2027), 8.8 (2028).
- Recettes (% du PIB) : 31.9 (2023), 23.8 (2024), 26.3 (2025), 25.4 (2026), 23.9 (2027), 22.8 (2028), 23.3 (2029), 23.4 (2030), (2031 non renseigné).
- Dépenses (prêts nets compris, % du PIB) : 37.4 (2023), 37.8 (2024), 36.8 (2025), 35.0 (2026), 34.1 (2027), 32.8 (2028), 32.3 (2029), 32.2 (2030), 32.1 (2031).
- Solde budgétaire global (% du PIB) : -5.5 (2023), -14.0 (2024), -10.5 (2025), -9.6 (2026), -10.2 (2027), -10.0 (2028), -9.0 (2029), -8.7 (2030).
- Financement par la banque centrale (flux) : -0.7 (2023), -1.1 (2024), -1.4 (2025), -0.4 (2026), 0.0 (2027).
- Dette brute des administrations publiques (hors garanties, % du PIB) : 47.7 (2023), 48.1 (2024), 52.1 (2025), 53.2 (2026), 60.4 (2027), 66.4 (2028), 71.2 (2029), 75.4 (2030), 79.0 (2031).
- Solde des transactions courantes (% du PIB) : indicateurs d'exportations et d'importations fournis (Exportations, fáb en % du PIB : 22.4 (2023), 18.1 (2024), 16.6 (2025), 16.4 (2026), 17.0 (2027); Importations, fáb en % du PIB : 17.3 (2023), 21.9 (2024), 18.5 (2025) — tableau complet dans le document).
- Réserves officielles brutes (en milliards de dollars) : 70.6 (2023), 68.9 (2024), 51.0 (2025), 46.5 (2026), 41.0 (2027), 27.8 (2028), 23.5 (2029), 19.8 (2030).
- Réserves officielles brutes (en mois d'importations) : 15.6 (2023), 11.1 (2024), 8.6 (2025), 8.1 (2026), 7.2 (2027), 5.8 (2028), 4.8 (2029).
- PIB (en milliards de dinars aux prix courants) : 33,679 (2023), 36,104 (2024), 37,389 (2025), 43,024 (2026), 45,041 (2027), 47,662 (2028), 50,446 (2029), 53,383 (2030), 56,830 (2031).
- PIB par habitant (en dollars) : 5,353 (2023), 5,749 (2024), 5,997 (2025), 6,733 (2026), 6,979 (2027), 6,879 (2028), 6,846 (2029), 6,831 (2030), 6,860 (2031).
- Valeur unitaire à l'exportation du pétrole brut (dollars/baril) : 83.9 (2023), 82.0 (2024), 69.4 (2025), 92.6 (2026), 82.4 (2027), 77.7 (2028), 75.2 (2029), 73.3 (2030), 71.8 (2031).
Gouvernance et calendrier
- Les administrateurs ont recommandé la poursuite des réformes de gouvernance et de transparence, notamment pour les entreprises publiques et le secteur bancaire.
- Les prochaines consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie devraient se dérouler selon le cycle normal de 12 mois.
Communiqué de presse N° 26/290 — 21 septembre 2026, Département de la communication du FMI.