Le conseil d'administration du FMI achève les consultations de 2026 au titre de l'article IV avec l'Algérie
le 21 septembre 2026
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Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS
ATTACHÉ DE PRESSE: Randa Elnagar
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Le programme de réformes de l'Algérie a favorisé la diversification économique et une croissance robuste, bien que les déficits budgétaires importants aient épuisés les marges de manœuvre budgétaires et réduits les marges extérieures.
La hausse des recettes tirées des hydrocarbures améliore les perspectives à court terme et offre la possibilité de reconstituer les marges de manœuvre, mais réduire les vulnérabilités requiert une consolidation budgétaire, une politique monétaire axée sur la stabilité des prix et une plus grande flexibilité du taux de change.
Les efforts de diversification de l'Algérie et son retrait de la liste du GAFI des pays et territoires soumis à une surveillance renforcée sont bienvenus et devraient être accompagnés par des réformes plus profondes pour soutenir une croissance plus forte, plus résiliente et tirée par le secteur privé.
Washington: Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu le 11 septembre 2026 les consultations au titre de l'article IV pour l'Algérie.[1]
La croissance robuste enregistrée en 2025 a été accompagnée d’une hausse de l’inflation et de déficits budgétaires et extérieurs importants. La croissance du PIB réel est estimée à 3,9 % en 2025 (contre 3,7 % en 2024), soutenue par la vigueur de l’investissements. L'inflation globale est passée de -2,0 % en septembre 2025 à 5,2 % en avril 2026, due à la fin de la déflation des prix des denrées alimentaires et la forte hausse des prix des bijoux à la suite de la hausse des prix de l'or. Le déficit budgétaire a diminué en 2025, grâce aux versements de dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d'Algérie, mais il est resté très élevé. Dans un contexte d’épuisement des marges de manœuvre budgétaires, les besoins de financement toujours importants ont résulté en une hausse de la dette publique et au recours au financement par la banque centrale. Le déficit extérieur s'est considérablement détérioré sous l’effet de la hausse des importations et de la baisse des exportations d'hydrocarbures, ce qui a entraîné une forte réduction des réserves internationales. Les conditions monétaires se sont assouplies parallèlement à un financement accru de l'État par la banque centrale, et la prime de taux de change parallèle a augmenté.
Les perspectives à court terme demeurent globalement favorables, bien que l'érosion des marges de manœuvre budgétaires et extérieures pèse sur les perspectives économiques. La hausse des prix des hydrocarbures devrait stimuler les exportations et les recettes budgétaires. La croissance du PIB devrait rester robuste à 3,8 % en 2026. L'inflation devrait augmenter temporairement. Le déficit budgétaire devrait rester élevé, avec la poursuite du financement monétaire, tandis que le déficit extérieur devrait diminuer sous l'effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations. À moyen terme, la croissance devrait ralentir, tandis que le maintien de déficits budgétaires élevés augmenterait la dette publique et que des déficits extérieurs persistants réduiraient progressivement les réserves internationales.
Parmi les principaux risques figurent une forte baisse des cours des hydrocarbures, des déficits budgétaires persistants et importants qui pourraient porter atteinte à la viabilité de la dette et renforcer les liens financiers entre les banques et l'État, et une dépendance persistante au financement monétaire, qui pourrait compromettre la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique. Du côté positif, une consolidation plus marquée des finances publiques, une diversification plus rapide de l’économie et la poursuite des réformes structurelles pourraient améliorer le climat des affaires, attirer davantage d’investissements privés et renforcer la croissance ainsi que la résilience à moyen terme.
À l’issue de la conclusion des consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie, le conseil d’administration a approuvé le contenu de l’évaluation des services du FMI dans les termes suivants :
Les administrateurs ont approuvé les grands axes de l'évaluation des services du FMI. Ils ont salué la robustesse de la croissance en Algerie et les efforts de diversification, soutenus par une stratégie axée sur l'investissement public. Bien que les perspectives à court terme demeurent globalement positives, les administrateurs ont noté que les déficits budgétaires élevés ont érodé les marges de manœuvre budgétaires et extérieurs et accru les pressions de financement. Ils ont souligné la nécessité de rééquilibrer progressivement les politiques macroéconomiques et de poursuivre les réformes structurelles afin de reconstituer les marges de manœuvre, d'accroître la résilience, de soutenir la diversification et de promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. Ils ont également estimé qu’un engagement continu avec le FMI à travers le développement des capacités et l’assistance technique demeurait important.
Les administrateurs ont recommandé une consolidation fiscale progressive et crédible, notant que les déficits budgétaires élevés posent des risques significatifs pour la viabilité des finances publiques. Ils ont souligné que la hausse des cours des hydrocarbures offre une occasion de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires. Les administrateurs ont souligné la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes hors hydrocarbures, d’améliorer l’efficacité de l’investissement public et de rationaliser les dépenses, notamment grâce à une réforme progressive des subventions énergétiques, accompagnée d’un soutien ciblé aux ménages vulnérables. Ils ont noté que la poursuite des progrès dans l'amélioration de la gestion des finances publiques et des risques budgétaires, ancrée dans un cadre fondé sur des règles, favoriserait l'ajustement budgétaire.
Les administrateurs ont souligné que la politique monétaire devra être resserrée si des pressions inflationnistes plus généralisées s’intensifiaient. Ils ont recommandé d'améliorer le cadre de politique monétaire en faisant d'une faible inflation le point d'ancrage nominal clair, en améliorant la transmission de la politique monétaire, en renforçant l'indépendance opérationnelle de la Banque d'Algérie et en limitant le financement monétaire à des circonstances exceptionnelles. Les administrateurs ont souligné qu’une plus grande flexibilité du taux de change renforcerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs et contribuerait à réduire la prime de change sur le marché parallèle.
Les administrateurs ont salué les efforts déployés par l'Algérie pour renforcer la stabilité et l'inclusion financière. Tout en notant que les banques demeurent liquides, rentables et bien capitalisées, ils ont appelé à la poursuite des réformes visant à contenir les risques liés au niveau élevé des prêts non performants et aux liens financiers étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. Les mesures visant à renforcer la supervision financière, les dispositifs de gestion des crises et de la liquidité et à améliorer la gouvernance des banques publiques sont importantes. Les administrateurs ont félicité les autorités pour le retrait rapide de l’Algérie de la liste du GAFI des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Ils les ont encouragés à poursuivre la mise en œuvre effective du cadre renforcé de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), ainsi qu’à donner suite aux recommandations encore en suspens du Programme d’évaluation du secteur financier (PESF).
Les administrateurs ont salué les efforts des autorités en matière de diversification, tout en observant que des réformes approfondies demeurent nécessaires pour soutenir une croissance plus forte, plus résiliente et davantage portée par le secteur privé. Parmi les priorités figurent l'amélioration du climat des affaires et de l’équité des conditions de concurrence entre les entreprises publiques et le secteur privé, la réduction des obstacles réglementaires et de l’informalité, ainsi que le renforcement de la gouvernance et de la transparence.
Les administrateurs ont également noté l’importance de renforcer la résilience face au changement climatique et d'approfondir les liens commerciaux et énergétiques avec l'Europe et l'Afrique. Enfin, ils ont appelé à une amélioration de la couverture, de la rapidité de diffusion et de la qualité des données statistiques afin de mieux éclairer l’élaboration des politiques économiques.
Les prochaines consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie devraient se dérouler selon le cycle normal de 12 mois.
Algérie : principaux indicateurs économiques et financiers, 2023–31
Projections
2023
2024
2025
2026
2027
2028
2029
2030
2031
Production et prix
(variation annuelle en pourcentage)
PIB réel
4.1
3.7
3.9
3.8
3.1
3.0
3.0
2.9
2.9
Secteur des hydrocarbures
3.6
-1.3
1.3
2.7
-0.8
-0.1
3.4
1.2
1.2
Secteur hors hydrocarbures
4.2
4.3
4.3
4.0
3.6
3.3
3.0
3.1
3.1
Par habitant
2.5
2.7
2.6
2.5
1.9
1.9
2.0
1.9
2.0
Indice des prix à la consommation (moyenne sur la période)
9.3
4.0
1.4
5.5
3.5
3.8
3.8
3.8
3.8
Monnaie et crédit
(variation annuelle en pourcentage)
Avoirs extérieurs nets
8.9
19.4
-14.5
-6.2
-3.2
-8.6
-7.2
-5.9
-5.8
Crédit à l'économie
6.0
5.9
7.8
9.6
6.7
6.6
6.6
6.5
6.3
Monnaie et quasi-monnaie
6.0
9.0
6.9
11.5
9.5
9.4
8.9
8.9
8.8
Finances de l'administration centrale
(en pourcentage du PIB)
Recettes
31.9
23.8
26.3
25.4
23.9
22.8
23.3
23.4
23.4
Dépenses (prêts nets compris)
37.4
37.8
36.8
35.0
34.1
32.8
32.3
32.2
32.1
Solde budgétaire global
-5.5
-14.0
-10.5
-9.6
-10.2
-10.0
-9.0
-8.7
-8.7
Financement par la banque centrale (flux)
-0.7
-1.1
3.7
5.5
-0.7
-1.4
-0.4
0.0
0.0
Dette brute des administrations publiques (hors garanties)
47.7
48.1
52.1
53.2
60.4
66.4
71.2
75.4
79.0
(en pourcentage du PIB hors hydrocarbures)
Solde primaire hors hydrocarbures, hors dividendes de la banque centrale
-30.6
-30.1
-24.6
-24.9
-22.4
-20.3
-19.0
-18.3
-17.9
Solde hors hydrocarbures
-30.4
-30.7
-23.8
-26.2
-23.9
-21.9
-20.7
-20.2
-19.9
Recettes
39.4
28.6
30.8
30.8
28.1
26.5
27.0
26.8
26.7
Hydrocarbures
23.6
13.8
11.5
14.6
11.8
10.2
10.3
10.1
9.9
Hors hydrocarbures
15.8
14.8
19.3
16.3
16.2
16.3
16.7
16.7
16.8
Dépenses (prêts nets compris)
46.2
45.5
43.0
42.5
40.1
38.2
37.4
36.9
36.7
Dépenses courantes
34.7
33.4
30.9
30.2
29.5
28.6
28.3
28.2
28.2
Dépenses d'investissement
9.8
11.7
12.1
11.0
9.3
8.3
7.8
7.5
7.3
Prêts nets
1.7
0.4
0.0
1.3
1.3
1.3
1.3
1.2
1.2
Investissement et épargne
(en pourcentage du PIB)
Solde épargne-investissement
2.6
-1.1
-8.9
-1.9
-2.5
-3.1
-2.6
-2.2
-2.0
Épargne nationale
40.7
40.2
40.1
40.7
40.1
38.9
39.2
39.5
39.3
Administration centrale
2.4
-4.3
-0.1
-0.6
-2.3
-2.9
-2.3
-2.2
-2.4
Hors administrations publiques 1/
38.3
44.5
40.2
41.3
42.4
41.8
41.5
41.7
41.7
Investissement
38.1
41.3
48.9
42.7
42.6
42.1
41.8
41.6
41.3
Administration centrale
8.0
9.7
10.4
9.0
8.0
7.1
6.7
6.5
6.4
Hors administrations publiques 1/
30.1
31.5
38.6
33.6
34.6
34.9
35.1
35.1
35.0
dont secteur non public hors hydrocarbures
28.4
30.0
36.8
32.1
33.2
33.5
33.6
33.7
33.5
Secteur extérieur 2/
Solde des transactions courantes (en % du PIB)
2.6
-1.1
-8.9
-1.9
-2.5
-3.1
-2.6
-2.2
-2.0
Exportations, fàb (en pourcentage du PIB)
22.4
18.1
15.8
19.3
16.6
15.8
16.4
16.8
17.0
Importations, fàb (en pourcentage du PIB)
17.3
16.8
21.9
18.5
17.0
17.0
17.0
17.0
17.0
Réserves officielles brutes
En milliards de dollars
70.6
68.9
51.0
46.5
41.0
33.4
27.8
23.5
19.8
En mois d'importations de biens et de services de l'année suivante
15.6
11.1
8.6
8.1
7.2
5.8
4.8
3.9
3.3
Dette extérieure brute (en pourcentage du PIB)
1.3
1.1
1.1
1.0
0.8
0.7
0.6
0.6
0.5
Postes pour mémoire :
PIB (en milliards de dinars aux prix courants)
33,679
36,104
37,389
43,024
45,041
47,662
50,446
53,383
56,830
Croissance du PIB nominal
5.1
7.2
3.6
15.1
4.7
5.8
5.8
5.8
6.5
PIBHH (en milliards de dinars aux prix courants)
27,243
29,971
31,965
35,407
38,351
40,943
43,626
46,575
49,728
PIB par habitant (en dollars)
5,353
5,749
5,997
6,733
6,979
6,879
6,846
6,831
6,860
Taux de change (DA/USD)
135.8
134.1
…
…
…
…
…
…
…
TCER (variation en %)
10.2
2.5
…
…
…
…
…
…
…
Valeur unitaire à l'exportation du pétrole brut (dollars/baril)
83.9
82.0
69.4
92.6
82.4
77.7
75.2
73.3
71.8
Sources : autorités algériennes ; estimations et projections des services du FMI.
1/ Y compris les entreprises publiques.
2/ En dollars, sauf indication contraire.
[1] Conformément à l’article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d’administration.
[2] À l’issue des délibérations, la directrice générale, en sa qualité de présidente du conseil, résume les opinions des administrateurs et transmet ce résumé aux autorités nationales. Une explication des termes convenus utilisés communément dans ces résumés est disponible à l’adresse suivante : https://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm