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Bulletin du FMI: Pays et régions

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Atelier de menuisier à Monrovia (Libéria)

Atelier de menuisier à Monrovia (Libéria). L’activité vigoureuse des pays à faible revenu d’Afrique compense le ralentissement des pays à revenu intermédiaire (photo du FMI)

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES

L’Afrique subsaharienne crée une dynamique dans un monde à plusieurs vitesses

Par Juan Trevino et Masafumi Yabara
FMI, Département Afrique

10 mai 2013

  • La persistance d’une croissance vigoureuse dépend des choix de politiques
  • Des risques baissiers pèsent encore sur la performance de la région
  • Il est essentiel de reconstituer les volants budgétaires tout en répondant aux besoins de développement

Les perspectives mondiales s’améliorant progressivement, la croissance devrait se renforcer en Afrique subsaharienne, selon les plus récentes prévisions du FMI pour la région.

Les perspectives à court terme sont globalement positives, car les principaux facteurs qui ont étayé récemment l’activité sont encore présents : essor de l’investissement, prix favorables des produits de base et gestion macroéconomique généralement prudente.

Selon les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, la croissance atteindra 5½ % en 2013–14, contre 5 % en 2012. L’investissement restera un moteur essentiel de la croissance tandis que l’activité mesurée en 2013 sera également dopée dans certains pays par des facteurs ponctuels tels que la reprise suite aux inondations au Nigéria et le rebond de l’agriculture dans les régions naguère touchées par la sécheresse.

Les pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure) devraient encore connaître une croissance anémique, mais l’activité devrait se normaliser progressivement dans certaines économies fragiles qui ont subi les contrecoups de l’instabilité politique.

La tendance baissière de l’inflation dans la région devrait persister en 2013–14. Cette prévision repose sur la modération des prix des produits de base non pétroliers, de la production locale de denrées alimentaires et d’une politique monétaire axée sur l’inflation. Les acquis de la maîtrise de l’inflation en Afrique de l’Est devraient se consolider, et l’on prévoit que le rythme de progression des prix fléchira dans les pays qui ont connu des poussées d’inflation.

Croissance forte, inflation en baisse

L’Afrique subsaharienne est désormais la deuxième région du monde en matière de croissance après les pays émergents d’Asie (graphique 1). Mais les rythmes de croissance varient dans la région. L’activité vigoureuse des pays exportateurs de pétrole et des pays à faible revenu compense largement le net ralentissement des pays à revenu intermédiaire — dû principalement aux problèmes de la zone euro, mais aussi à des facteurs locaux dans certains cas — et les répercussions négatives des troubles civils dans certains États fragiles.

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Après avoir dépassé 10 % en 2011, l’inflation des prix à la consommation a chuté à 7,9 % à la fin 2012 (graphique 2). La baisse de l’inflation, qui a été particulièrement marquée en Afrique de l’Est, est globalement attribuable à de bonnes récoltes locales, à des politiques monétaires ciblées et, dans certains cas, à l’appréciation des monnaies nationales. Au demeurant, il y a eu des exceptions à la tendance baissière de l’inflation régionale; c’est surtout le cas du Malawi, qui a souffert des effets de la dépréciation de sa monnaie.

Risques baissiers

Des risques baissiers pèsent sur les perspectives de croissance régionale en raison de facteurs à la fois externes et internes. S’agissant des facteurs externes, malgré l’atténuation des risques à court terme pesant sur les perspectives mondiales, de sérieux risques à moyen terme persistent, notamment la possibilité d’une quasi-stagnation durable dans la zone euro et d’un net recul des investissements dans les principaux pays émergents.

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D’après les Perspectives économiques régionales, la matérialisation de ces risques pourrait affecter temporairement la croissance en Afrique subsaharienne sans pour autant la dérailler. Du reste, certains pays ayant une marge de manœuvre budgétaire limitée ou qui sont largement exposés aux chocs — parce qu’ils disposent peut-être de peu de produits d’exportation — subiraient probablement des conséquences plus graves.

Les risques internes concernent notamment une évolution climatique défavorable et des conflits civils. Bien que ces événements aient des répercussions potentiellement sérieuses dans les pays concernés et peut-être chez leurs voisins immédiats, leur incidence sur l’ensemble de la région est négligeable.

Options de politique économique

Les perspectives favorables de la région dépendent de la mise en œuvre de politiques macroéconomiques saines, encore qu’en la matière, il n’existe pas de formule unique applicable à tous.

• Avec la persistance du risque d’un net ralentissement mondial, la reconstitution des volants budgétaires pour parer à des chocs exogènes défavorables est essentielle dans bien des économies à forte croissance — tout en préservant les dépenses en capital et sociales prioritaires.

• Les déficits budgétaires sont de taille dans certains pays, d’où la nécessité d’un rééquilibrage budgétaire; mais le rythme de l’ajustement doit prendre en compte l’état de l’économie.

• Le maintien de la politique d’austérité monétaire s’impose dans les pays à forte inflation; ailleurs, il y a lieu d’en assouplir prudemment l’orientation.

• Bien qu’elle soit financée par des investissements directs étrangers axés sur l’exportation, la hausse des déficits courants dans certains pays fragiles et à faible revenu nécessite un suivi attentif.

Études de fond

Le rapport sur les Perspectives économiques régionales contient aussi trois études de fond. La première analyse les positions financières et la capacité de financer les déficits accrus des pays de la région, en utilisant diverses méthodes. L’étude conclut que si la plupart des pays d’Afrique subsaharienne n’ont pas de contrainte en matière d’emprunt du fait d’un endettement élevé, beaucoup pourraient avoir du mal à mobiliser des ressources suffisantes pour faire face à la hausse des déficits en cas de ralentissement de l’activité.

La deuxième étude examine les récentes émissions d’obligations souveraines des pays d’Afrique subsaharienne, qui ont tiré parti de l’environnement financier favorable et des bonnes perspectives de la région.

La possibilité d’émettre des obligations souveraines enrichit la gamme d’options de financement dont disposent certains pays de la région; mais pour en profiter au maximum, il faudra bien préparer et exécuter l’opération à la lumière de la stratégie globale des autorités en matière de gestion du budget et de la dette. Les pays doivent continuer à appliquer une politique budgétaire prudente, comparer les instruments financiers disponibles et appliquer des pratiques optimales pour obtenir les meilleures conditions de financement.

Subventions énergétiques

La troisième étude de fond porte sur la réforme des subventions énergétiques. Bien des pays d’Afrique subsaharienne ont des mécanismes de financement direct ou indirect de la consommation d’énergie et, en particulier, de carburants. Mais les subventions énergétiques sont généralement coûteuses et évincent les dépenses relatives à l’assistance sociale et aux projets d’infrastructure dont les pays ont tant besoin. En outre, si les démunis bénéficient parfois des subventions, ce sont surtout les riches qui en profitent le plus, de sorte qu’elles constituent un instrument inefficace de protection sociale.

L’étude présente quelques cas de réussite de réforme des subventions énergétiques dans la région et en tire des enseignements pouvant être appliqués de façon plus généralisée, notamment la nécessité d’une préparation et d’un agencement rigoureux; l’appui essentiel d’institutions fortes au processus de réforme; et l’importance de déployer un système de protection sociale bien ciblée pour compenser les effets de la réforme sur les pauvres.


 

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