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Bulletin du FMI: Études

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photo : David Mdzinarishvili/Reuters/Newscom

Derricks pétroliers à Bakou, Azerbaïdjan. La croissance a été la plus forte dans les pays à faible revenu riches en ressources naturelles (photo : David Mdzinarishvili/Reuters/Newscom)

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

Les pays à faible revenu renouent avec une forte croissance

Rupa Duttagupta
Département des études du FMI

9 avril 2013

  • La croissance des pays à faible revenu s’est accélérée ces 20 dernières années
  • Les poussées de croissance récentes s’appuient sur de meilleures politiques économiques
  • La poursuite des réformes est fondamentale pour soutenir la croissance forte des pays à faible revenu

Les pays à faible revenu ont renoué avec la croissance ces vingt dernières années. L’analyse publiée dans la dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale du FMI indique que l’assise économique des pays à faible revenu dynamiques est plus solide de nos jours qu’avant les années 90 et qu’ils sont donc mieux placés pour poursuivre sur leur lancée.

Après une première vague de décollages de la croissance — c’est-à-dire une expansion de la production par habitant d’une durée d’au moins cinq ans et au moins égale à 3½ % par an en moyenne —dans les années 60 et au début des années 70, les décollages ont été moins nombreux dans les années 80. Dans beaucoup de ces pays, la croissance a ralenti avec la dégradation de la conjoncture mondiale. Une deuxième vague de décollages a démarré dans les années 90 (voir graphique 1).

On peut se demander si les décollages récents pourraient prendre fin comme ce fut parfois le cas dans le passé, surtout si la croissance mondiale reste atone. L’étude du FMI indique que ce risque est maintenant moins élevé. L’analyse porte sur le décollage de plus de 60 pays à faible revenu ces soixante dernières années.

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Des décollages plus soutenus

Selon les auteurs, les décollages récents ont duré plus longtemps que ceux d’avant les années 90 : plus de la moitié des pays dynamiques d’aujourd'hui ont poursuivi leur expansion pendant la Grande Récession.

Les décollages ne se limitent pas aux pays producteurs de matières premières; tous les types de pays à faible revenu ont décollé : riches en ressources naturelles, orientés vers le secteur manufacturier ou autres. «Il semble aussi qu’il y ait plus en jeu qu’une conjoncture mondiale forte, car de nombreux pays à faible revenu, qu’ils soient tournés vers le secteur des ressources naturelles ou l’industrie manufacturière, ne sont pas parvenus à décoller malgré une conjoncture mondiale favorable,» explique John Bluedorn, l’un des auteurs de l’étude.

Dans les deux générations, le décollage a généralement eu des effets bénéfiques : le revenu par habitant a augmenté de 50–60 % dans les 10 ans qui suivent, alors que dans les autres pays, les gains ont été plus faibles (voir graphique 2). «C’est un message important pour les deux tiers de pays à faible revenu d’aujourd’hui où la croissance n’a pas encore décollé,» souligne Jaime Guajardo, un autre auteur du rapport. «Cela dit, au vu de certains décollages de la génération précédente, il est à craindre que la tendance à la hausse de leur revenu s’inverse. La question que se posent de nombreux responsables économiques est de savoir si ce sera différent cette fois.»

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Les décollages récents ont une meilleure assise économique

D’après ces recherches, il existe des similitudes importantes entre les deux générations de décollages. Elles ont toutes deux enregistré un taux d’investissement et une croissance des exportations plus élevés que dans les autres pays à faible revenu. Cela souligne le rôle bien établi de l’accumulation de capital et de l’intégration commerciale dans le développement..

Il existe aussi des différences saisissantes entre les deux générations, ce qui laisse à penser que les décollages actuels seront plus durables que ceux du passé. Dans les pays qui ont décollé récemment, l’inflation et la dette publique et extérieure ont baissé, tandis que par le passé, les déséquilibres se sont aggravés (voir graphique 3). «C’est en partie dû au fait que ces pays ont plus recours aux investissements directs étrangers et que la croissance forte se maintient malgré des investissement moins élevés que dans la génération précédente,» affirme Nkunde Mwase, un autre co-auteur de l’étude.

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Leur bilan en matière de réformes structurelles et institutionnelles est aussi plus solide, avec une réglementation moins pesante, de meilleures infrastructures, une éducation de plus haut niveau, des inégalités de revenu moins fortes et une plus grande stabilité politique.

Il faut maintenir l’élan des réformes

Au vu des expériences passées, cette étude indique que bien que les pays à faible revenu aient réussi à décoller en diminuant leurs déséquilibres, tous n’ont pas poursuivi leur progression. Ceux qui se sont attachés à réduire leurs fragilités ou à mettre en œuvre des réformes pour améliorer la productivité ont eu une croissance soutenue (l’Indonésie et la Corée des années 60 à 80). Quand les déséquilibres se sont accentués, le décollage a pris fin sur des perturbations ou a été interrompu même après des décennies de forte croissance (comme au Brésil dans les années 80 et en Indonésie dans les années 90).

«Le message essentiel pour la période actuelle est que les pays à faible revenu doivent éviter de trop stimuler la demande ou d’accumuler trop de dette extérieure, même si les taux d’intérêt mondiaux sont très bas,» met en garde Rupa Duttagupta, qui a dirigé ces travaux.

L’étude en conclut que si les pays à faible revenu dynamiques continuent à réformer leur économie, ils pourront probablement éviter les revers de bien de leurs prédécesseurs. «Des efforts soutenus sont nécessaires pour réduire les déséquilibres et s’attaquer à de nombreux défis, comme la concentration de la croissance dans quelques secteurs seulement, ou le fait qu’elle ne se soit pas encore traduite par une amélioration généralisée du niveau de vie et un recul de la pauvreté,» insiste Duttagupta.


  

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