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Bulletin du FMI: Pays et régions

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Magasin de tapis en Tunisie. Des réformes structurelles sont nécessaires pour relancer la croissance et créer des emplois au Moyen-Orient (photo: Terry Harris/Stock Connection USA /Newscom)

Magasin de tapis en Tunisie. Des réformes structurelles sont nécessaires pour relancer la croissance et créer des emplois au Moyen-Orient (photo: Terry Harris/Stock Connection USA /Newscom)

ASSEMBLÉE ANNUELLE

Le Moyen-Orient a besoin de croissance pour créer des emplois et rehausser les revenus

Bulletin du FMI

18 octobre 2013

  • La croissance au Moyen-Orient n’est pas suffisante pour réduire le chômage et rehausser les revenus
  • Les pays arabes en transition doivent éviter des effets d’entraînement à la baisse
  • Il convient d’exécuter sans délai des réformes structurelles audacieuses pour relancer la croissance

La croissance dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) atteignant en moyenne un peu plus de 2 % en 2013, la gestion des attentes populaires d’une amélioration des perspectives d’emploi et d’une augmentation des revenus reste une tâche ardue.

Le FMI recommande de prendre des mesures résolues pour relancer la croissance, entre autres priorités.

Les enjeux économiques dans la région ont été un thème de discussion des dirigeants réunis à l’occasion de l’Assemblée annuelle 2013 du FMI et de la Banque mondiale qui s’est déroulée à Washington la semaine dernière. Cette assemblée a réuni des ministres et de hauts fonctionnaires nationaux, ainsi que des journalistes, des universitaires, des blogueurs et des représentants de la société civile et du secteur privé du monde entier, qui ont examiné les grands problèmes de l’économie mondiale. Les questions relatives au Moyen-Orient figuraient parmi les premiers rangs de l’ordre du jour.

En plus des réunions avec les délégations nationales, des représentants du FMI ont participé à des forums régionaux et mondiaux qui portaient sur la région MOAN. Ces débats, dirigés par Christine Lagarde, Directrice générale du FMI, Nemeth Shafik, Directrice générale adjointe du FMI, et Masood Ahmed, Directeur du Département Moyen-Orient du FMI, ont porté sur un large éventail de sujets, y compris les moyens d’exploiter le vaste potentiel de la région.

Perspectives et priorités

Les trois dernières années ont été difficiles pour les pays importateurs de pétrole de la région, dont bon nombre sont des pays arabes en transition. « La combinaison de l’incertitude politique, des tensions sociales et des conflits régionaux a encore retardé le redressement économique, et les pays importateurs de pétrole de la région devraient connaître une croissance moyenne de 3 % seulement en 2013–14. Ce taux se situe bien en deçà du taux nécessaire pour réduire un chômage persistant et améliorer le niveau de vie », a déclaré M. Ahmed à des journalistes la semaine dernière à Washington lors d’une séance d’information sur l’évolution de l’économie régionale.

M.Ahmed a énoncé trois priorités pour les pays importateurs de pétrole de la région : créer des emplois pour faciliter la transition socio-politique, rendre la politique budgétaire plus équitable et plus efficiente, et engager sans délai un programme audacieux de réformes structurelles qui permettra d’améliorer le climat des affaires, de réformer le marché du travail, d’améliorer la gouvernance et d’accroître l’équité.

En ce qui concerne les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient, M. Ahmed s’attend à ce que la croissance globale ralentisse sensiblement cette année, pour avoisiner 2 %, à cause de la baisse de la production de pétrole, qui s’explique par une diminution de la demande mondiale et des perturbations de l’offre dans certains pays. « La croissance remontera probablement à 4 % en 2014 du fait du redressement de la demande mondiale et de l’augmentation de la production de pétrole en Arabie Saoudite, en Irak et en Libye », a noté M. Ahmed.

« Les gouvernements des pays exportateurs de pétrole de la région devront trouver les moyens de freiner les dépenses courantes difficiles à inverser (salaires et subventions) tout en accordant une place importante aux dépenses d’équipement de qualité et aux programmes sociaux », a déclaré M. Ahmed. « Ce groupe de pays doit aussi en priorité poursuivre des réformes structurelles visant à stimuler la croissance du secteur privé, la diversification de l’économie et la création d’emplois », a-t-il ajouté.

Pays arabes en transition

Dans un contexte caractérisé par des tensions socio-économiques accrues, l’insécurité régionale et des finances publiques grevées, les pays arabes en transition, à savoir l’Égypte, la Jordanie, la Libye, le Maroc, la Tunisie et le Yémen, font face a une tâche difficile : il s’agit de répondre aux attentes de leur population en ce qui concerne l’emploi et la croissance.

Mme Lagarde a examiné les problèmes économiques urgents avec les ministres des finances et les gouverneurs de banque centrale de la région MOAN, en étant attentive à leurs points de vue et en explorant les moyens d’aller de l’avant. Un rapport du FMI, présenté lors de la réunion des ministres des finances du Partenariat the Deauville, examine les problèmes économiques auxquels les pays en transition sont confrontés aujourd’hui. Il souligne aussi la nécessité d’une action résolue de la part des pouvoirs publics et d’un soutien supplémentaire de la part de la communauté internationale.

Le rapport du FMI note aussi que, en dépit de progrès inégaux dans un petit nombre de pays, la croissance économique reste modérée, l’investissement privé est faible, et les marges de manœuvre extérieures et budgétaires sont réduites. « Pour favoriser la cohésion sociale et éviter des effets d’entraînement à la baisse sur le plan économique et politique, il convient d’exécuter d’urgence des réformes économiques et de bénéficier d’une aide coordonnée de la part de la communauté internationale », selon le rapport.

Relancer la croissance : passer à l’action

Un séminaire sur la croissance créatrice d’emplois dans la région, intitulé Kick-Starting Job-Creating Growth in the Middle East and North Africa, a exploré les mesures que les gouvernements peuvent prendre pour débloquer le potentiel de croissance de la région et obtenir des résultats positifs pour leur population.

« Nous savons qu’il existe une liste bien connue de réformes structurelles, à savoir une amélioration du climat des affaires, un accroissement de la transparence et de la responsabilisation des institutions politiques publiques, une amélioration des qualifications et des incitations à l’emploi, une amélioration de l’accès au crédit et un approfondissement de l’intégration commerciale», a noté Mme Shafik, avant de demander aux participants comment les pays peuvent passer de cette liste à l’action sur le terrain.

« Le problème de la croissance et de la création d’emplois dans la région n’est pas sans solution, parce qu’il y a dans cette région des gens qui peuvent se lancer dans les affaires et créer des petites et moyennes entreprises. Mais ils ont besoin d’un environnement propice, ce que les gouvernements de la région peuvent fournir », a noté Arif Masood Naqvi, fondateur et président du Abraaj Group. En ce qui concerne le rôle des pouvoirs publics, M. Naqvi a souligné qu’ils doivent se préoccuper de la gouvernance et non des affaires.

Ragui Assaad, professeur de planification et des affaires publiques à l’université du Minnesota, est du même avis : « les politiciens doivent redéfinir le secteur privé et réaliser qu’il est dans leur intérêt politique de mettre l’accent sur les petites et moyennes entreprises ». Il a ajouté qu’un « climat des affaires propice commence par des réformes réglementaires non seulement pour les grandes entreprises mais aussi pour les petites ».

Les participants ont examiné aussi l’importance de la réforme de l’éducation dans le cadre de la réforme des marchés du travail dans la région. « Nous observons aujourd’hui dans le monde arabe un échec du système d’éducation », a déclaré M. Naqvi. Ould Tah, Ministre des affaires économiques et du développement de la Mauritanie, partage cet avis : il note que le système d’éducation ne répond pas aux besoins du secteur privé et que les pouvoirs publics doivent collaborer avec les entreprises, la société civile et les partenaires financiers pour s’attaquer à ce problème.

« Nous devons éliminer les distorsions que l’État crée en tant qu’employeur », a déclaré M. Assaad, qui a ajouté que « l’État affecte mal la main-d’œuvre dans des emplois publics souvent improductifs et fait investir dans les mauvaises qualifications. Les travailleurs obtiennent des qualifications qui sont appropriées pour les emplois publics, mais pas pour les emplois privés ».

Pour mettre en évidence le rôle de l’innovation dans la croissance, Moncef Cheikh-Rouhou, Vice-Président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale constituante tunisienne, a déclaré que « les bonnes idées ne courent jamais après l’argent : c’est l’argent qui court après les bonnes idées ». Il a souligné que « la région ne manque pas de ressources financières, mais que le lien entre la finance et l’innovation manque encore ».

Par ailleurs, des membres de l’audience ont souligné l’importance de la bonne gouvernance, de l’intégration régionale pour tirer parti de « l’immense marché arabe » et du rôle essentiel des investisseurs privés, y compris de la diaspora arabe.


 

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