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ECONOMIC HEALTH CHECK

La France sur la bonne voie

Bulletin du FMI

3 juillet 2014

  • L’économie continue de se redresser progressivement
  • Il convient de continuer de réduire le déficit à un rythme modéré pour assainir les finances publiques
  • Les baisses des impôts doivent être complétées par une amélioration du fonctionnement des marchés du travail et des produits

Le FMI prend note avec satisfaction de l’ensemble de mesures adoptées par les autorités pour assurer une reprise durable de l’économie française, et engage à mettre en œuvre pleinement les plans de réduction de dépenses publiques, tout en approfondissant les réformes structurelles.

Par rapport à des économies comparables, l’économie française s’est montrée très résiliente tout au long de la crise, grâce à une consommation privée soutenue, mais la reprise a du mal à décoller, note le FMI dans sa dernière évaluation annuelle de l’économie française.

Les efforts considérables qui ont été déployés pour réduire le déficit public ces trois dernières années et des obstacles structurels, y compris une perte de compétitivité extérieure, ont freiné la croissance. Mais il semble qu’une reprise graduelle s’installe. Le FMI prévoit que la France connaîtra une croissance de 0,7 % en 2014 et de 1,4 % en 2015. Néanmoins, le taux de chômage ne devrait diminuer notablement qu’en 2016, tandis que l’inflation devrait rester voisine de 1 %.

À court terme, il s’agit pour les autorités d’achever l’assainissement des finances publiques, tout en rehaussant le potentiel de croissance de l’économie. Le Programme de stabilité du gouvernement et le Programme national de réforme présentent un plan d’action ambitieux, qui inclut une compression des dépenses publiques de 50 milliards d’euros sur la période 2015-17 — une action essentielle pour réduire le déficit et procéder à des baisses d’impôts propices à la croissance. Le FMI engage à mettre en œuvre pleinement ce plan d’action et recommande d’intensifier la concurrence dans le secteur des services et d’assouplir le marché du travail afin d’accroître la productivité et de créer davantage d’emplois.

Des dépenses qui augmentent plus vite que le PIB

En dépit d’un ajustement considérable, principalement du côté des impôts, le déficit public s’établissait encore à 4,2 % du PIB en 2013. Il convient de continuer à s’efforcer de réduire le déficit, quoique à un rythme plus modéré, de manière à trouver un juste équilibre entre la nécessité de rétablir un espace budgétaire et le risque de compromettre la reprise, selon le FMI.

« Les dépenses publiques ont tendance de longue date à augmenter plus rapidement que le PIB : de ce fait, les déficits budgétaires persistent, même en période d’expansion, ce qui affaiblit la capacité du pays à résister à d’éventuels chocs à l’avenir », a déclaré Edward Gardner, Sous-Directeur du Département Europe du FMI et chef de la mission qui a procédé à l’évaluation. « Le plan des autorités visant à combler le déficit en réduisant les dépenses est donc non seulement approprié, mais aussi fondamental pour assainir les finances publiques », a-t-il noté.

Baisses des impôts et réformes structurelles

En plus de devoir assainir les finances publiques, le gouvernement doit s’attaquer aux problèmes connexes de la faiblesse de l’emploi et de la compétitivité. Le taux d’emploi en France reste l’un des plus faibles parmi les pays membres de l’OCDE, ce qui s’explique par des obstacles de longue date à la création d’emplois et au développement des entreprises.

Le FMI souscrit au programme budgétaire des autorités, qui inclut des baisses d’impôts considérables pour les entreprises en vue de rétablir leurs marges bénéficiaires et donc d’encourager l’investissement et la création d’emplois.

Le FMI recommande que ces mesures concernant l’offre soient complétées par un approfondissement des réformes structurelles. Il s’agit d’ouvrir les secteurs protégés à une plus grande concurrence et de poursuivre les réformes du marché du travail, en s’appuyant sur les mesures déjà prises pour accroître les possibilités de négociation au niveau des entreprises en ce qui concerne les conditions de travail et donc accroître la capacité des entreprises et de leurs salariés à s’adapter au changement.

Pour atteindre les objectifs fixés pour le déficit tout en tenant les engagements pris en matière de baisse des impôts, il est nécessaire de s’en tenir aux réductions de dépenses annoncées, note le FMI. « Les risques principaux sont que les plans initiaux soient dilués dans les lois de finances annuelles à venir et que les réductions des transferts aux collectivités locales soient compensées par des baisses insoutenables de l’investissement, des relèvements des impôts ou une augmentation de la dette », note M. Gardner. « Cela compromettrait la stratégie de rééquilibrage budgétaire du gouvernement ».

Secteur financier en bonne position

La politique relative au secteur financier est guidée par deux objectifs : veiller à ce que le flux de crédit à l’économie soit ininterrompu et consolider la stabilité financière. Sur ces deux points, le secteur financier français semble en relativement bonne position. Le coût du crédit est resté relativement stable, alors même que les banques se sont ajustées à un durcissement des conditions sur le marché et de la réglementation. Les positions des fonds propres et des liquidités ont été renforcées sensiblement. Ces efforts rehaussent la résilience des banques et protègent donc mieux l’économie et les finances publiques de l’instabilité financière.

Néanmoins, le système financier français doit encore s’ajuster aux nouvelles normes prudentielles internationales, et cela exigera des modifications supplémentaires dans la manière dont les banques lèvent leurs fonds, notamment en réduisant le recours au marché de financement de gros. Tout au long de ce processus, il sera important de veiller à ce que le financement des entreprises ne soit pas perturbé.


  

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