Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations au titre de l’article IV 2010 avec l’Algérie
Note d’information au public (NIP) n° 11/10Le 26 Janvier 2011
|
Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement. |
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 14 janvier 2011, les consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie1.
Informations générales
En dépit des effets de la crise internationale, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel hors hydrocarbures a dépassé en 2009 la moyenne de 6 % observée au cours de la dernière décennie. Le taux d'inflation global a progressé en 2009 sous l’effet d'une flambée des prix des produits alimentaires, mais il est resté faible hors produits alimentaires. Le chômage a continué de reculer et a atteint 10,2 % à la fin de 2009, mais il reste important parmi les jeunes. La gestion macroéconomique prudente des dix dernières années a aussi permis d'accumuler des réserves extérieures substantielles et de constituer une épargne budgétaire importante dans le fonds de stabilisation du pétrole, tout en maintenant un niveau d'endettement très faible.
L'Algérie a relativement bien surmonté la crise internationale. Sous l'impulsion de l'excellente récolte de céréales et d’une bonne performance des secteurs des services et du bâtiment tirée par le Programme d'investissements publics (PIP), le PIB hors hydrocarbures a enregistré en 2009 une forte croissance de 9,3%. Pour autant, la chute sensible de la production d'hydrocarbures (- 6 %) a fait baisser la croissance globale à environ 2½ %. En 2010, la stabilisation du secteur des hydrocarbures et la performance dynamique des secteurs liés au PIP devraient se traduire par une croissance globale de 3–3½ %.
L'Algérie a maintenu son orientation budgétaire expansionniste, contribuant à soutenir le secteur hors hydrocarbures. Le budget restera déficitaire malgré la progression des recettes d'hydrocarbures. L'Algérie devrait afficher son second déficit budgétaire consécutif de la décennie en 2010 qui pourrait atteindre 4 % du PIB. L'impact positif de la progression du total des recettes sera neutralisé par une augmentation du total des dépenses, suite à un relèvement des salaires de la fonction publique imputable au nivellement de la grille des salaires. Les dépenses d’investissement devraient se maintenir aux niveaux élevés de 2008 et 2009 avec la poursuite du PIP de 2005–09.
L’excédent du compte courant s'est détérioré en 2009 mais a connu en 2010 une amélioration sensible grâce à une hausse des exportations d'hydrocarbures, se traduisant par une augmentation des réserves extérieures. Au cours des neuf premiers mois de 2010, les recettes d'exportation des hydrocarbures ont augmenté d'environ 32 % par rapport à l'année précédente. Les réserves officielles ont augmenté d'environ 8 milliards de dollars EU depuis la fin de 2009, atteignant 157 milliards de dollars EU à la fin de septembre 2010.
L'économie de l'Algérie continue d'être performante mais le principal défi demeure celui d’assurer une croissance durable diversifiée et tirée par les investissements privés afin de faire reculer davantage le chômage, particulièrement parmi les jeunes, et d'améliorer le niveau de vie de la population.
Évaluation par le Conseil d’administration
Les administrateurs se félicitent de la bonne performance économique de l’Algérie, soutenue par les politiques budgétaires et monétaires prudentes menées par les autorités et un environnement extérieur favorable. Les administrateurs notent toutefois que malgré cette évolution favorable, le pays est confronté aux importants défis de préservation de la stabilité macroéconomique, de rétablissement de la prudence budgétaire et de diversification de l’économie. Ils ont encouragé les autorités à bâtir sur les progrès accomplis jusqu’à présent. Un calendrier de réformes structurelles plus résolu permettrait d’améliorer le climat des affaires et de stimuler une croissance tirée par l’investissement privé, contribuant à la création d’opportunités d’emplois. Réduire davantage le chômage, en particulier parmi les jeunes, reste un besoin pressant. La modernisation et le renforcement du secteur financier seraient essentiels pour soutenir l’investissement privé.
Les administrateurs ont souligné qu’il est nécessaire que l’orientation budgétaire expansionniste des dernières années soit contenue sur le moyen terme, afin de protéger la capacité de l’Algérie à faire face à des chocs négatifs prolongés affectant les recettes d’hydrocarbures. Ils se sont félicités de la détermination des autorités à engager le rééquilibrage des finances publiques à partir de l’exercice budgétaire de 2011. La poursuite des réformes budgétaires sera cruciale pour accroître les recettes hors hydrocarbures et maîtriser les dépenses publiques, notamment par un contrôle accru de la masse salariale du secteur public, un meilleur ciblage des transferts et des subventions, ainsi que la hiérarchisation de l’investissement public. Les administrateurs se sont également félicités des efforts en cours pour améliorer la qualité et l’efficacité des dépenses publiques, et poursuivre la réforme du système budgétaire.
Les administrateurs ont félicité la Banque d’Algérie pour avoir contenu les pressions inflationnistes en stérilisant l’excès de liquidité découlant de l’augmentation des recettes pétrolières et des dépenses publiques importantes. Ils ont encouragé les autorités à resserrer l’orientation de la politique monétaire si ces pressions venaient à augmenter.
Les administrateurs ont noté que le régime de change en vigueur a bien servi l’Algérie. Ils se sont félicités de la politique des autorités visant à maintenir le taux de change effectif réel proche de son niveau d’équilibre, en cohérence avec l’objectif de stabilité extérieure. La maîtrise des dépenses publiques contribuerait à réduire les pressions poussant à l’appréciation du taux de change effectif réel et les effets potentiels du «syndrome hollandais».
Les administrateurs ont souligné qu’une mise en œuvre plus résolue des réformes structurelles est cruciale pour diversifier l’économie, améliorer le climat des affaires et la compétitivité, ainsi que pour stimuler la croissance et l’emploi. Tout en saluant les efforts des autorités pour améliorer l’infrastructure, ils ont souligné que des mesures plus fermes seront nécessaires pour améliorer le climat des affaires. Les administrateurs ont estimé que la nouvelle réglementation relative aux investissements directs étrangers pourrait dissuader les investisseurs étrangers et peser sur la croissance. Ils ont encouragé les autorités à continuer à rechercher une meilleure intégration de l’Algérie à l’économie régionale et mondiale.
Les administrateurs ont souligné l’importance d’accélérer la réforme du secteur financier. Une mise en œuvre effective des recommandations de la mise à jour du Programme d’Évaluation du Système Financier de 2007 renforcerait la supervision et la surveillance financières. Notant la récente baisse des créances non-performantes, les administrateurs ont souligné que des efforts sont également nécessaires pour réduire davantage le niveau élevé des créances non-performantes des banques publiques. Améliorer la gouvernance des banques publiques et moderniser davantage leur cadre de fonctionnement permettraient de renforcer l’intermédiation financière. Des efforts devraient également être faits pour amener ces banques aux standards internationaux les plus élevés, y compris par le biais de partenariats avec des institutions étrangères.
