Le Conseil d’administration du FMI achève les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec la République démocratique du Congo

Note d'information au public (NIP) n° 12/115
Le 27 septembre 2012

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 24 septembre 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec la République démocratique du Congo (RDC)1.

Généralités

Durant ces dernières années, les résultats économiques de la RDC se sont nettement améliorés, mais les progrès dans la lutte contre la pauvreté et dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement ont été lents. Des politiques macroéconomiques prudentes et des réformes structurelles ont été à la base des bons résultats et ont permis à la RDC de bénéficier, au milieu de 2010, d’un allègement de la dette au titre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée.

La faiblesse des liens financiers de la RDC avec les pays de la zone euro l’ont largement mise à l’abri des turbulences de cette région, et le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel a été d’environ 7% en 2010-11. La vigueur des flux d’investissement et des échanges commerciaux en provenance de pays non européens, principalement alimentée par le secteur minier, a été le principal vecteur de croissance. En 2011, l’inflation se situait nettement au-dessus de la cible à un seul chiffre fixée par la Banque centrale du Congo (BCC), en grande partie à cause de facteurs extérieurs, mais elle avait été ramenée aux alentours de 10 % en juillet 2012.

Le secteur extérieur s’est sensiblement amélioré grâce à l’allégement de la dette au titre de l’Initiative PPTE, mais la RDC reste soumise à un risque élevé de surendettement en raison de sa vulnérabilité à la volatilité des termes de l’échange, à la forte dépendance à l’égard des importations de produits alimentaires et de biens d’équipement, et au champ limité des produits exportés. En outre, les insuffisances de la gestion de la dette sont susceptibles d’accroître le risque d’une nouvelle accumulation de la dette qui atteindrait un niveau insoutenable. Le déficit courant s’est creusé en 2011 à environ 11½ % du PIB en raison du repli des cours des matières premières par rapport à leur niveau élevé de 2010 et de l’augmentation des importations en valeur, notamment dans le cas des produits alimentaires et énergétiques et des biens d’équipement.

Les politiques macroéconomiques ont solidement contribué aux récents résultats, la RDC ayant reconstitué dans une grande mesure ses marges de manœuvre. De manière plus précise, la domination budgétaire a été réduite durant ces dernières années, grâce à la discipline du gouvernement en matière de dépenses et à son engagement à assurer un financement (net) nul du budget par la banque centrale. Ceci a permis de briser le cercle vicieux de l’inflation et de la dépréciation du taux de change et ramené le déficit intérieur de 2½ % du PIB en 2009 à un niveau projeté de 0,9 % du PIB en 2012. La forte discipline manifestée en matière de dépenses a été une composante essentielle des efforts consentis par les autorités pour assainir les finances publiques, ce qui était nécessaire compte tenu du caractère limité de l’appui financier extérieur — du fait des préoccupations des bailleurs de fonds au regard de la gouvernance, notamment dans le secteur des ressources naturelles — et de la lenteur des progrès pour mobiliser davantage de recettes intérieures. Cependant, les faiblesses récemment observées dans le processus budgétaire, les projections trop ambitieuses des recettes et une enveloppe de dépenses tout aussi volumineuse, présentent un risque pour la crédibilité budgétaire et soulignent le besoin de renforcer et de pérenniser les réformes de gestion des finances publiques.

L’amélioration de la situation budgétaire a également aidé la BCC à maîtriser les liquidités et à combattre l’inflation. La BCC s’efforce de maîtriser l’inflation en émettant des billets de trésorerie, mais au vu des problèmes de données et de capacité ainsi que des pressions politiques, elle hésite parfois à resserrer de manière résolue la politique monétaire.

Quoique les progrès des réformes structurelles aient été mitigés, certaines réformes dans des domaines clés ont contribué à l'amélioration des résultats macroéconomiques. Il convient notamment de citer les efforts déployés pour améliorer la gestion des finances publiques, renforcer la gouvernance et la transparence dans le secteur des ressources naturelles et pour accroître l'indépendance et la stabilité financière de la BCC tout en assurant de façon plus générale le développement du secteur financier. Pour autant, d'autres réformes ont accusé des retards et de nouvelles difficultés sont apparues, notamment les lacunes de la gestion de la dette extérieure (apparition d'arriérés de paiement extérieurs) et de la responsabilisation et de la transparence des opérations des entreprises d'État dans les industries extractives. Ces insuffisances pourraient saper les progrès récemment réalisés et sont à l'origine des retards dans l'achèvement des quatrième et cinquième revues de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs se félicitent que les autorités aient amélioré la gestion macroéconomique, ce qui a contribué à la hausse de la croissance, à une baisse de l'inflation et à une solidité accrue de la position extérieure. Pour autant, la pauvreté reste généralisée, l'économie est vulnérable aux risques intérieurs et extérieurs et les retards du programme sont une source de préoccupations. Les administrateurs préconisent un redoublement des efforts en vue de préserver la crédibilité budgétaire, de renforcer le cadre de la politique monétaire et d'améliorer la gouvernance des industries extractives.

Les administrateurs saluent les progrès réalisés par les autorités pour consolider la position budgétaire, qui est étayée par un engagement à renoncer au financement du déficit budgétaire par la banque centrale. Ils encouragent les autorités à préserver cet ancrage budgétaire mais se déclarent inquiets que le budget de 2012 menace les gains de crédibilité durement acquis. C'est pourquoi ils préconisent un suivi rigoureux de l'exécution du budget, la réduction des dépenses discrétionnaires au cas où les projections de recettes ne se concrétisaient pas ainsi que de nouveaux efforts pour accroître les recettes intérieures, notamment provenant des industries extractives. Les administrateurs encouragent aussi les autorités à renforcer la gestion de la dette et à n'envisager des emprunts extérieurs qu’à des conditions hautement concessionnelles.

Les administrateurs encouragent la banque centrale à adopter une gestion serrée de la liquidité afin de juguler davantage les anticipations d'inflation et de se préserver contre les effets de second tour imputables à la récente augmentation des prix mondiaux alimentaires et énergétiques. Ils sont aussi d'accord que l'achèvement de la recapitalisation, le désinvestissement des activités non fondamentales et une plus grande transparence opérationnelle renforceraient l'indépendance de la banque centrale et amélioreraient l'efficacité de la politique monétaire.

Les administrateurs considèrent que le cadre monétaire actuel et le régime de change flottant restent appropriés. Cependant, compte tenu du niveau élevé de dollarisation et de la capacité limitée de la banque centrale à agir en tant que prêteur de dernier recours en cas d'une ruée sur les dépôts, une nouvelle accumulation de réserves internationales serait justifiée. Même si le secteur extérieur a récemment enregistré une amélioration, le pays reste vulnérable aux chocs extérieurs à cause de la gamme étroite de ses produits d'exportation et de son accès réduit aux marchés internationaux de capitaux.

Les administrateurs notent que le secteur financier est sous-développé ce qui limite l'intermédiation financière et le mécanisme de transmission de la politique monétaire. Ils conseillent aux autorités d'améliorer la supervision bancaire, de faire appliquer les règles prudentielles, d'assurer la qualité des données ainsi que la capacité analytique de la banque centrale. Les administrateurs se déclarent satisfaits que les autorités aient demandé à participer au Programme d'évaluation du secteur financier.

Les administrateurs soulignent qu'il convient d'intensifier les efforts destinés à améliorer la gouvernance et la transparence des industries extractives ainsi que le climat des affaires de manière plus générale si le pays veut tirer parti des avantages de sa grande richesse en ressources naturelles. En particulier, les autorités doivent agir rapidement pour remédier aux insuffisances récemment mises à jour par la transformation des entreprises d'État en sociétés privées dans le secteur des ressources naturelles.


République démocratique du Congo : Principaux indicateurs économiques, 2009–15
 
  2009 2010 2011 2012
Est.
2013
Proj.
 
  (Variation annuelle en pourcentage)

PIB et prix

PIB réel

2,8 7,2 6,9 7,2 8,2

Déflateur du PIB

35,1 22,1 13,4 6,6 6,7

Prix à la consommation, moyenne annuelle

46,2 23,5 15,5 10,9 9,5

Prix à la consommation, fin de période

53,4 9,8 15,4 9,9 9,0

Secteur extérieur

Exportations, f.à.b. (en dollars)

-33,6 90,4 18,1 -5,6 17,2

Importations, f.à.b. (en dollars)

-26,3 54,9 21,5 -7,8 9,2

Exportations (volume)

-1,3 47,4 21,0 8,7 19,5

Importations (volume)

-12,9 41,7 5,4 -6,2 1,6

Termes d'échange

  21,7 -14,1 -11,6 0,2

Monnaie et crédit

(Variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens large en début de période, sauf indication contraire)

Monnaie au sens large

50,4 30,8 23,1 14,6 17,0

Avoirs extérieurs nets

17,0 63,2 -3,7 10,2 8,4

Avoirs intérieurs nets

33,3 -32,1 25,8 4,6 8,7

Crédit intérieur

13,5 -28,9 19,1 10,3 9,9
  (En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Finances de l'administration centrale

 

Recettes

16,8 19,0 18,9 22,3 21,7

Dons

7,5 14,1 8,5 8,6 6,8

Dépenses

26,0 27,3 29,1 33,5 31,8

Solde budgétaire intérieur (base caisse)

-2,5 0,9 -1,7 -0,9 -0,4

Solde budgétaire global (base ordonn., dons compris)

-1,7 5,8 -1,8 -2,6 -3,4

Solde budgétaire global (base caisse, dons compris)

-2,7 4,5 -2,2 -3,0 -3,9

Balance des paiements

 

Exportations de biens et services

45,2 68,3 68,3 57,2 61,4

Importations de biens et services

60,9 77,9 78,0 63,8 63,9

Compte courant, transferts inclus

-10,5 -8,1 -11,5 -12,5 -14,2

Compte courant, hors transferts

-21,6 -14,8 -16,6 -16,9 -18,5

Réserves officielles brutes (fin de période), millions dollars

999 1304 1299 1690 1770

Réserves officielles brutes, en semaines d'importations de biens et services hors aide

6,3 6,9 7,7 8,8 8,8

Dette extérieure publique

 

Stock total, y compris FMI

13705 4571 4732 5595 6466

Valeur actuelle (VA) de la dette

11539 3136 3526 4200 4999

VA de la dette (% exportations de biens et services)4

254,0 35,4 32,7 42,2 43,7

Service de la dette programmé

 

En pourcentage des exportations de biens et services

21,3 2,0 1,5 1,6 1,8

En pourcentage des recettes publiques

57,3 7,1 5,4 4,0 5,2

Pour mémoire :

         

PIB nominal (milliards CDF)

9073 11875 14393 16436 18970
 

Sources : autorités congolaises; et estimations des services du FMI.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm .



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