Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 au titre de l’article IV avec la République Centrafricaine

Note d’information au public (NIP) n° 12/14

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 30 janvier 2012, les consultations au titre de l’article IV avec la République Centrafricaine (RCA)1.

Informations générales

Après l'achèvement des précédentes consultations au titre de l'article IV en décembre 2009, la RCA a continué de faire face aux défis propres à un État post-conflit. Durant ces dernières années les résultats macroéconomiques ont été globalement satisfaisants, mais la croissance est restée modeste et nettement inférieure aux moyennes de l'Afrique subsaharienne et des autres États fragiles. L'insuffisance de ressources intérieures et extérieures, les profondes déficiences structurelles, les faibles capacités institutionnelles et les carences du climat des affaires sont autant de facteurs persistants qui font obstacle au décollage économique. L'économie dépend fortement de l’aide extérieure, la pauvreté est généralisée et les indicateurs sociaux sont généralement faibles.

En 2010-11 le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel s'est situé en moyenne à 3,2 %, principalement grâce au rebond de la production agricole, laquelle a contribué à faire baisser l'inflation à moins de 1 % à la fin 2011. En 2011, la croissance a été légèrement

inférieure aux prévisions car la reprise attendue de la demande intérieure après les élections ne s'est pas matérialisée et les incertitudes ont retardé d'importants investissements dans le secteur minier et l'exploration pétrolière. Cependant, les perspectives pour 2012 sont favorables, en partant du maintien des bons résultats du secteur primaire — notamment les activités agricoles et forestières — et de la reprise des investissements retardés dans le secteur minier. Les risques qui pèsent sur ces perspectives sont toutefois de nature baissière car les incertitudes nationales et mondiales continuent de nuire à l'économie de la RCA.

La situation budgétaire s'est sensiblement détériorée en 2010, avec une accumulation d'arriérés de paiement envers les créanciers intérieurs et extérieurs, ce qui a eu pour effet de compromettre les acquis durement gagnés dans le cadre du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). En outre, le manque de transparence et de diligence voulue dans l'exécution budgétaire a suscité de graves préoccupations en matière de gouvernance et abouti à une suspension de l'appui budgétaire des bailleurs de fonds. Si les recettes intérieures ont bénéficié d'un certain nombre d'effets ponctuels pour atteindre 11,6 % du PIB, les dépenses ont cependant fortement augmenté, notamment en raison des élections, et poussé le déficit budgétaire global, hors dons, à 7,7 % du PIB. Les tensions qui se sont manifestées sur le plan des liquidités en 2011, principalement du fait de la suspension de l'appui budgétaire des bailleurs de fonds, ont poussé les autorités à réduire les dépenses, ce qui a permis de comprimer le déficit global de 1,2 point de PIB. La situation budgétaire devrait s'améliorer davantage en 2012 grâce à une maîtrise plus rigoureuse des dépenses et aux mesures adoptées en matière de recettes dans le cadre du budget de 2012.

Après un ralentissement enregistré durant la période qui a précédé les élections, les autorités de la RCA ont récemment redoublé d'efforts dans la mise en œuvre des mesures structurelles, y compris dans le renforcement de l'exécution budgétaire et de la capacité de suivi de la situation macroéconomique, et l'amélioration du fonctionnement des entreprises publiques et des principaux organismes d'État.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs saluent la résilience de l'économie de la République Centrafricaine (RCA) face à la crise mondiale. Les perspectives à court terme sont certes favorables, mais la RCA, en tant qu’État fragile, a de redoutables défis à relever pour renforcer les perspectives de croissance à moyen terme et réduire la pauvreté. Les administrateurs soulignent qu’il est important de renforcer l'exécution budgétaire, de corriger les goulets d'étranglement sur le plan structurel et celui des infrastructures, de renforcer les capacités et d'améliorer la situation sécuritaire et la stabilité politique.

Les administrateurs regrettent les dérapages budgétaires et les problèmes sous-jacents de gouvernance survenus en 2010 et au début 2011. Ils saluent les mesures adoptées pour rétablir la discipline budgétaire et accroître la transparence dans l'utilisation des fonds publics, et appellent à leur mise en œuvre énergique. Ils encouragent les autorités à redoubler d'efforts pour consolider la gestion des finances publiques, accroître la mobilisation de ressources intérieures, hiérarchiser les dépenses, et renforcer la coordination entre bailleurs de fonds afin de tirer le meilleur parti de l'assistance. Les administrateurs saluent le récent ajustement des prix intérieurs des produits pétroliers. Ils soulignent qu'il importe d'opérer des ajustements réguliers pour veiller à répercuter pleinement les prix internationaux et à préserver les ressources budgétaires en faveur des investissements prioritaires et des mesures destinées à protéger les populations pauvres.

Les administrateurs saluent le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) de deuxième génération. Celui-ci présente une vaste stratégie de réformes pour contribuer à mobiliser l'aide des bailleurs de fonds en faveur du renforcement des capacités, accroître l'investissement dans l'infrastructure physique et les programmes sociaux, et avancer dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Les administrateurs notent qu'il reste à relever de redoutables défis pour améliorer la compétitivité et développer le secteur privé. Ils encouragent les autorités à persévérer dans les efforts qu'elles déploient pour corriger les faiblesses structurelles de l'économie, améliorer le climat des affaires, renforcer l'acheminement des services publics et développer les circuits de l'intermédiation financière. Les administrateurs saluent la recapitalisation des banques commerciales et encouragent les autorités à redoubler d'efforts pour se désengager de la banque en difficultés.

Les administrateurs regrettent l'accumulation d'arriérés de paiements extérieurs, y compris envers le Club de Paris et les créanciers multilatéraux, et engagent les autorités à les apurer le plus tôt possible. Ils les encouragent à renforcer la gestion de la dette publique et à éviter de contracter des prêts non concessionnels, y compris les financements bancaires intérieurs coûteux, afin de préserver la viabilité de la dette. Ils appuient les efforts que continuent de déployer les autorités pour obtenir un allégement de dette de la part de tous les créanciers bilatéraux et commerciaux, à des conditions conformes à l'initiative PPTE et à l’IADM.

Les administrateurs soulignent l'importance qu'il y a à établir des données macroéconomiques adéquates et ils encouragent les autorités à renforcer l'office statistique.

Les administrateurs estiment qu'un nouvel accord avec le FMI pourrait aider à consolider la stabilisation macroéconomique et permettrait d'accompagner les autorités dans leur programme de réformes. Ils soulignent qu'il sera crucial d'assurer une solide appropriation des politiques et de les mettre en œuvre de façon résolue, y compris en ce qui a trait au renforcement de l'exécution budgétaire et de la gouvernance.


République Centrafricaine : principaux indicateurs économiques
 
  2008 2009 2010
Est.
2011
Proj.
2012
Proj.
 
  (variation annuelle en pourcentage)

Comptes nationaux et prix

         

PIB à prix constants

2,0 1,7 3,3 3,1 4,1

Inflation (moyenne de la période)

9,3 3,5 1,5 0,7 2,5

Taux de chômage (en pourcentage)

Secteur extérieur

         

Solde des transactions courantes (en % du PIB)

-9,9 -8,1 -9,9 -7,2 -6,8

Exportations, fàb ($ EU)

-16,9 -12,6 11,9 42,0 16,6

Exportations de biens en volume

-15,5 -21,9 10,0 21,0 14,6

Importations, fàb ($ EU)

20,3 -9,9 12,5 -2,6 19,7

Importations de biens en volume

-2,2 13,3 3,6 -16,3 18,2

Épargne nationale brute (en % du PIB)

2,9 5,1 5,1 6,9 7,7

Investissement intérieur brut (en % du PIB)

12,7 13,2 15,1 14,1 14,5

Termes de l'échange (pourcentage de variation)

-20,1 40,8 -6,3 0,9 0,6

Taux de change effectif nominal

1,7 -0,8 -4,2

Taux de change effectif réel

7,5 2,0 -4,7

Monnaie et crédit

         

Monnaie au sens large

15,9 14,4 14,2 5,5 8,4
  (en pourcentage du PIB)

Finances de l'administration centrale

         

Recettes totales

15,2 16,1 18,0 14,7 16,2

Dépenses totales

-16,2 -16,2 -22,8 -17,7 -17,2

Solde global

-1,0 -0,1 -1,4 -3,0 -1,0

Dette publique

         

Dette totale

80,3 35,0 37,8 39,6 38,2

Dette intérieure

23,3 20,4 21,2 21,3 17,9
 

Sources : autorités de la RCA et estimation et projections des services du FMI.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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