Le Conseil d'administration du FMI approuve un accord de 12,53 millions de dollars ÉU au titre de la FRPC et une assistance intérimaire dans le cadre de l'Initiative PPTE renforcée en faveur de la République du Congo

Communiqué de presse n° 08/311
Le 8 décembre 2008

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui un accord triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) en faveur de la République du Congo d'un montant équivalant à 8,46 millions de DTS (soit environ 12,53 millions de dollars ÉU ou 10 % de la quote-part) à l'appui du programme économique des autorités pour la période 2008-2011. Le premier décaissement visé par cet accord sera d'un montant équivalant à 1,21 million de DTS (soit environ 1,79 million de dollars ÉU).

Le Conseil d'administration a par ailleurs accordé une assistance intérimaire au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée d'un montant équivalant à 77.000 DTS (soit environ 0,11 million de dollars ÉU).

À l'issue des délibérations du Conseil d'administration sur la République du Congo, M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint et Président du Conseil d'administration par intérim, a fait la déclaration suivante :

« La croissance est restée vigoureuse dans le secteur non pétrolier et la balance des paiements s'est considérablement renforcée en 2008. Une meilleure mise en œuvre des politiques et notamment la bonne exécution du programme de référence durant le premier semestre de cette année ont contribué à ces résultats positifs. Les objectifs budgétaires ont été largement atteints et des progrès satisfaisants ont été enregistrés sur le plan des réformes structurelles. Les autorités ont en outre continué de renforcer la gouvernance et la transparence dans l'utilisation des ressources publiques.

Les autorités ont adopté plusieurs mesures pour amortir l'impact du renchérissement des produits énergétiques et alimentaires au début de l'année, en réduisant notamment certains tarifs et certaines taxes et en augmentant les dépenses de lutte contre la pauvreté et d'investissement. Le repli des cours mondiaux du brut contribuera à réduire les subventions générales aux prix des produits pétroliers et pourrait faciliter la tâche des autorités dans leur intention d'adopter un nouveau mécanisme de détermination des prix.

Sur fond de ralentissement de l'économie mondiale, le Congo doit relever plusieurs défis pour accélérer la croissance et combattre la pauvreté, et notamment renforcer sa compétitivité internationale, doper la croissance de la production en la diversifiant et assainir les finances publiques. Le programme économique et financier à moyen terme des autorités, appuyé par un nouvel accord au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, devrait aider à relever ces défis.

Le programme des autorités table sur un rééquilibrage graduel mais continu des finances publiques, en reconnaissant que la production pétrolière aura un horizon limité. Une diminution annuelle du déficit budgétaire primaire de base hors pétrole de 3 % du PIB hors pétrole à moyen terme permettrait d'accroître l'investissement public pour répondre aux besoins urgents tout en assurant une orientation budgétaire viable. La réduction du déficit primaire de base hors pétrole devrait s'opérer à partir de coupes dans les dépenses non prioritaires et de la mobilisation de recettes intérieures.

Le programme de réformes structurelles des autorités vise à promouvoir l'élargissement du tissu économique, à renforcer la compétitivité du Congo et à accroître la transparence. Ce programme comprend la poursuite des réformes de la gestion des finances publiques (GFP) grâce à la mise en œuvre intégrale et en temps opportun d'un plan d'action de GFP élaboré avec le concours des partenaires au développement; le renforcement de la gestion des investissements publics; l'adoption et l'exécution d'une stratégie de secteur financier pour donner plus de profondeur à l'intermédiation; l'amélioration de la performance opérationnelle et financière des entreprises publiques dans le secteur pétrolier; la libéralisation des échanges; et une meilleure gouvernance et transparence dans l'utilisation des ressources publiques de manière plus générale.

Les indicateurs d'endettement extérieur du Congo se sont récemment améliorés mais le pays n'a pas encore atteint le seuil de la viabilité extérieure. Le programme des autorités vise à appuyer la normalisation des relations avec tous les créanciers, la mise en œuvre d'une nouvelle stratégie de gestion de la dette conforme aux directives régionales de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC)— prévoyant l'accès aux financements extérieurs uniquement à des conditions fortement concessionnelles — et l'allégement de la dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée. À cet égard, de bons résultats dans le cadre de l'accord FRPC et la mise en œuvre en temps opportun des déclencheurs PPTE sont essentiels ».
ANNEXE

Contexte

La croissance économique de la République du Congo a été robuste en 2008, grâce à une reprise de la production pétrolière après l'accident survenu sur une plate-forme et à une vigoureuse activité en dehors du secteur pétrolier, notamment alimentée par les télécommunications, le BTP et les transports. La croissance du PIB réel devrait se situer aux alentours de 7,6 % en 2008. En 2007 le PIB réel avait reculé de 1,6 % à cause d'une nette diminution de la production pétrolière. L'augmentation des coûts alimentaires et énergétiques a attisé l'inflation des prix à la consommation au premier semestre 2008, aboutissant à un taux de 5,7 % en glissement annuel à la fin juin 2008. L'inflation devrait se modérer au second semestre 2008. La politique budgétaire s'est récemment améliorée après une période de dérapages et de retards dans l'exécution des réformes structurelles. Bien que le déficit primaire de base hors pétrole ait été ramené à 55,7 % du PIB hors pétrole en 2007, il devrait s'améliorer sensiblement cette année à en juger d'après les politiques actuellement menées. Grâce au niveau élevé des exportations de brut, le solde des transactions courantes, qui accusait un déficit de 25 % du PIB l'an dernier, devrait afficher un excédent de 0,6 % du PIB en 2008. La dette publique extérieure a fortement diminué durant ces dernières années, en partie grâce au rééchelonnement opéré dans le cadre du Club de Paris et à l'allégement obtenu des créanciers du Club de Londres dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) renforcée.

Synthèse du programme

Le programme économique à moyen terme des autorités mise sur une croissance équilibrée, une inflation faible et stable et une situation budgétaire et extérieure viable. Le cadre macroéconomique à moyen terme (2008-11) vise à :

• Assurer une croissance du PIB réel dans le secteur non pétrolier d'environ 8 % par an.

• Stabiliser l'inflation à un faible niveau aux alentours de 3 % par an.

• Améliorer la situation extérieure avec un solde des transactions courantes excédentaire cette année, en faisant en sorte que cet excédent augmente à moyen terme.

Les politiques à moyen terme suivantes seront menées pour atteindre ces objectifs :

• Un rééquilibrage graduel mais continu des finances publiques pour assurer une évolution soutenue vers la viabilité à long terme, en reconnaissant que la production pétrolière a un horizon limité.

• L'action de la banque centrale régionale qui privilégie le maintien d'un faible niveau d'inflation au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

• L'ouverture plus grande de l'économie par le biais de la libéralisation des échanges.

• Les réformes structurelles dans des domaines essentiels à la réussite du programme, dont le renforcement de la gestion des finances publiques, l'amélioration des prestations financières et opérationnelles des entreprises publiques, et l'adoption et l'exécution de la stratégie de secteur financier.


République du Congo : Principaux indicateurs économiques et financiers, 2006-11

  2006 2007 2008 2009 2010 2011
    Est. Projection

Production et prix

(variation annuelle en pourcentage)

PIB à prix constants

6,2 -1,6 7,6 12,7 12,3 1,3

Pétrolier

6,8 -17,2 9,0 23,1 21,6 -10,2

Hors-pétrole

5,9 6,6 7,0 8,5 8,0 7,4

PIB à prix courants

25,9 -9,4 35,2 -5,1 27,1 0,1

Déflateur du PIB

18,5 -7,9 25,6 -15,8 13,2 -1,2

Prix à la consommation (moyenne période)

4,7 2,6 4,5 4,2 3,0 3,0

Prix à la consommation (fin de période)

8,1 -1,7 6,0 3,0 3,0 3,0

Secteur extérieur

Exportation, f.à.b. (FCFA)

26,7 -13,3 34,7 0,9 35,2 -4,0

Importations f.à.b. (FCFA)

52,1 20,8 1,5 12,1 17,5 6,3

Exportations (volume)

7,8 -18,8 8,7 33,3 21,3 -9,8

Importations (volume)

40,0 20,0 -10,1 12,5 13,8 4,1

Termes de l'échange (détérioration - )

0,8 0,6 13,7 -22,2 5,7 -2,4

Taux de change effectif nominal (fin de période)

-0,4 5,1 ,,, ,,, ,,, ,,,

Taux de change effectif réel (fin de période)

1,6 3,1 ,,, ,,, ,,, ,,,

Monnaie et crédit

(pourcentage masse monétaire au sens large en début de période)

Avoirs intérieurs nets

-80,3 -5,4 -139,7 -72,9 ... ...

Crédit intérieur

-82,6 -3,2 -139,7 -72,9 ... ...

Administration centrale

-84,4 -3,9 -149,5 -78,8 ... ...

Crédit à l'économie

1,9 1,1 9,9 6,0 ... ...

Monnaie au sens large

47,9 7,4 20,0 13,3 ... ...

Vélocité de la monnaie au sens large (hors pétrole)

1,9 1,9 1,8 1,8 ... ...

Investissements et épargne

(pourcentage du PIB)

Épargne nationale brute

24,5 0,1 10,6 28,9 35,0 33,7

Publique

27,1 22,8 35,5 31,8 36,9 38,4

Privée

-2,5 -22,7 -24,9 -2,9 -1,9 -4,7

Investissement brut

22,9 26,2 20,8 27,7 24,1 25,0

Public

9,0 10,6 8,6 12,9 11,5 12,4

Privé

13,9 15,6 12,1 14,8 12,6 12,6

Solde des transactions courantes3

1,6 -26,1 0,6 1,2 10,9 8,7

Dette publique extérieure (fin de période)

81,5 72,9 51,9 54,7 43,3 44,6

Finances de l'administration centrale

(pourcentage du PIB hors pétrole)

Recettes et dons

141,5 113,5 155,5 121,1 142,4 132,6

Recettes pétrolières

120,6 92,3 133,2 97,0 116,4 103,9

Recettes non pétrolières et dons

20,9 21,2 22,3 24,1 26,0 28,7

Total dépenses

87,2 84,2 72,4 73,3 69,1 65,5

Courantes

58,5 56,3 45,1 39,1 34,4 31,5

Capital (et prêts nets)

28,7 27,9 27,4 34,2 34,7 34,0

Solde global (déficit -, base engagements)1

54,3 29,3 83,1 47,8 73,3 67,1

Solde primaire (déficit -)2

68,6 36,6 90,1 56,9 79,5 70,5

Solde primaire hors pétrole (% du PIB hors pétrole; - = déficit)

-51,3 -55,7 -43,2 -40,2 -36,9 -33,5
(en pourcentage des exportations de biens et de services)

Service de la dette publique extérieure (avant allégement)

13,7 10,7 4,5 4,2 3,0 1,9

Dette publique extérieure

99,1 88,8 64,8 63,1 46,6 49,7
(en pourcentage des recettes publiques totales hors dons)

(pourcentage
du total)

Service de la dette publique extérieure (avant allégement)

25,3 20,6 7,4 8,1 6,0 3,6

Dette publique extérieure

183,9 170,8 106,8 121,2 93,3 93,5
(milliards de FCFA, sauf indication contraire)

Réserves de change officielles brutes

920,4 983,1 2.078,3 2.801,6 4.231,9 5.755,5

(en mois d'importations, f.à.b.)

10,6 9,3 19,4 23,4 30,1 38,5

(en pourcentage du PIB)

22,8 26,8 42,0 59,6 70,8 96,2

PIB nominal

4.042,6 3.664,4 4.952,7 4.701,8 5.976,5 5.984,1

Cour mondial du pétrole (dollars É.U. le baril)

64,3 71,1 99,8 68,0 75,0 79,3

Production de pétrole (millions de barils)

98,7 81,7 89,0 109,6 133,2 119,6

Taux de change effectif nominal (fin de période, % variation)

-0,4 5,1 ,,, ,,, ,,, ,,,

Taux de change effectif réel (fin de période, % variation)

1,6 3,1 ,,, ,,, ,,, ,,,

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.

1 Dons compris.

2. Recettes primaires (à l'exclusion des dons) moins dépenses courantes hors intérêts, moins dépenses en capital financées sur ressources intérieures et prêts nets.

3 Y compris transferts publics.



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